La construction en 1966 d'un nouveau Collège à Getxo, au Pays basque, fait ressurgir l'histoire de Rogelio Ceron, cet homme solitaire arrimé à un terrain isolé et au seul figuier qui y pousse depuis la fin de la guerre civile. Rogelio Ceron est un ancien phalangiste, de ceux qui, à la nuit tombée, allaient de maison en maison débusquer les " rouges " pour les fusiller sans autre forme de procès. Au cours d'une de ces " expéditions " punitives, Ceron est marqué par le regard de haine que lui jette un enfant, Gabino, à qui il vient d'enlever son père et son frère. Le phalangiste se persuade aussitôt que cet enfant finira par le tuer. Le lendemain, Ceron s'aperçoit que les deux corps ont été enterrés sous un monticule de terre où a été plantée une pousse de figuier. Il se transforme alors, rompt avec les phalangistes, pour se consacrer à la mission tacitement ordonnée par l'enfant, de veiller le figuier. Il est persuadé que l'enfant et lui sont liés par le destin. Pourtant, pendant trois décennies, Rogelio et Gabino n'échangent pas un mot. Le silence est un personnage de plus dans cette tragédie. A l'image du silence des familles des victimes de la guerre civile qui ont enduré quarante ans d'un exil intérieur, sans pourvoir exprimer leur douleur. Rogelio et Gabino représentent les deux Espagne, mais au fil des années, ils sortent peu à peu du cadre initial de chacun de leurs camps. Le figuier incarne l'oubli impossible, le souvenir vivant et silencieux. Le figuier pousse et ses racines se nourrissent des morts de la guerre.
Date de parution
22/01/2016
Poids
342g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782370710611
Titre
LE FIGUIER
Auteur
PINILLA RAMIRO
Editeur
TEMPS CERISES
Largeur
140
Poids
342
Date de parution
20160122
Nombre de pages
0,00 €
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Le jeune Sancho Bordaberri, librairie à Getxo, au Pays basque, écrit des romans policiers. Il rêve d'égaler ses modèles (Hammet, Chandler, Cain...) mais tous ses textes sont refusés par les maisons d'édition. Il manque de renoncer mais se ravise et décide de remettre au jour une vieille affaire : un crime réel dont le coupable n'a jamais été découvert. Les jumeaux Altube, escrocs notoires, piliers du marché noir dans la région, ont été, dix ans auparavant, enchaînés à une roche pour que la mer les noie à marée montante. Un seul en a réchappé. Sancho mène l'enquête, le libraire se transforme en détective et vit son roman ; narrateur, protagoniste et écrivain se confondent. Tel don Quichotte, il se fond dans les lectures qu'il a idéalisées et adopte une nouvelle identité, celle du détective Samuel Esparta, clin d'oeil au personnage de Dashiell Hammett, Sam Spade. Rien qu'un mort de plus est un hommage malicieux au roman policier, qui renvoie aussi à l'histoire ténébreuse de l'après-guerre et du régime franquiste, où la toute-puissance et l'impunité des phalangistes contraste avec la misère des "rouges" vaincus, et des Basques accablés par les représailles.
On suit l'histoire d'un immigré espagnol, de sa famille, de sa communauté pour s'interroger sur le parcours d'immigration en général. A la manière d'une pièce en trois actes, on se penche sur la période dans l'Espagne franquiste, sur l'expérience d'immigration en Belgique ainsi que sur le retour en Andalousie. Trois périodes pour dérouler les fils de trois générations et donc un questionnement sur notre temps qui concerne l'immigration au sens large, y compris non-européenne.
A sa parution, en 1947, ce roman fit scandale. "Les uns ne voulaient y voir qu'un invraisemblable tissu d'histoires de haute fantaisie, d'autres n'y trouvaient que trop de vraisemblance Ce roman où j'essaie de dire la drôle de paix que nous vivions. Ce roman qui raconte la vie quotidienne de l'époque devrait me rappeler que rien n'est jamais gagné, ni tout à fait ni pour toujours". Anne-Marie est retournée aux îles, mais son mari et ses enfants lui sont devenus des étrangers. Son mari, collaborateur, la hait, sa fille a épousé les idées du père, son fils est un petit voyou qui l'aime toujours, mais son père ne le laissera pas partir. Anne-Marie n'a plus de famille, elle rentre donc à Paris. Elle se rend compte que la guerre, l'occupation, l'ont fait sortir des rails de sa vie de petite bourgeoise pour vivre une vie comme elle n'en avait jamais imaginé une.
Poète et essayiste, il est certainement l'une des figures majeures non seulement de Cuba mais de toute l'Amérique latine. Il a publié une trentaine de recueils qui forment comme le journal intime et public d'une vie à travers les événements du siècle. Retamar a côtoyé les grandes figures de la poésie et de la littérature cubaine (Lezama Lima, Alejo Carpentier, Nicolas Guillén). Influencé aussi par la poésie anglaise et notamment par TS Eliot, il a développé une écriture à la fois savante et accessible qui rapproche la langue poétique de la langue parlée. On peut rattacher son écriture à la "poésie conversationnelle" qui a eu une grande influence dans la poésie hispano-américaine. Cette tendance évoque les poètes de la Beat generation, mais aussi le grand poète nicaraguayen Ernesto Cardenal, voire le Salvadorien Roque Dalton. Poète de grande culture, Retamar se montre sensible et attentif à la vie dans sa précieuse simplicité, aux êtres humains réels, qu'il s'agisse de ses propres filles, d'amis écrivains, de révolutionnaires, ou d'inconnus.
Ce livre réunit les trois derniers recueils de Ritsos : Les négatifs du silence, L'arbre nu et Tard bien tard dans la nuit, qui donne son titre à l'ensemble. Yannis Ritsos a écrit ces poèmes entre juin 1987 et mai 1988. La période où ils ont été écrits leur confère une valeur testamentaire. Ritsos y dresse le bilan de sa vie, de ses engagements poétiques et politiques. Il se montre comme à son accoutumée toujours amoureux de la vie et lucide, sans complaisance pour lui-même. Mais il ne renie rien. Et au lieu que l'approche de la fin assombrisse le climat des poèmes, ceux-ci baignent dans une atmosphère sereine, teintée d'humour, avec toujours ce mélange de réalisme et de merveilleux qui caractérise la parole de celui qui fut, au-delà de la Grèce, l'un des plus grands poètes du XXe siècle.