Est-ce que tu me vois encore" est le dernier livre de poèmes d'Anton Pincas. Il y revisite son passé et dresse un bilan nostalgique de sa vie, au seuil de la vieillesse qui est pour lui une frontière entre deux temps, deux mondes, deux états de l'éternelle condition humaine... "Il est un temps pour tout", déclarait l'Ecclésiaste, roi de Jérusalem. Est-il un temps pour prendre congé du temps ? C'est la question qui affleure à l'esprit, ou plutôt à l'âme, car la poésie s'adresse plutôt à cette dernière, en refermant "Est-ce que tu me vois encore", mince volume qui contient 24 des derniers poèmes d'Anton Pincas. Ces textes ont été écrits dans différentes villes, et notamment à Londres, Paris et Tel Aviv. L'adieu au temps, sur le mode du consentement, sur le mode de ces deux puissants éléments, l'un extérieur, l'autre enfoui dans l'intimité, que sont l'irréversible et la nostalgie, analysés avec tant de feu et de finesse par Vladimir Jankélévitch dans son livre du même nom, est bien la basse dominante de cette brassée de textes, bouquet glané au cours d'une promenade sur les chemins de l'existence, promenade automnale, vers le brouillard d'un horizon à la fois présent et fuyant. Drôle de promenade, à y regarder de plus près. Car elle s'effectue une valise à la main. La valise de l'émigrant, le baluchon chaplinesque du vagabond, de celui qui au bout du voyage peut compter ses pauvres possessions sur les doigts d'une main. Emmanuel Moses.
Nombre de pages
64
Date de parution
22/11/2019
Poids
95g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782916447940
Titre
Est-ce que tu me vois encore
Auteur
Pincas Anton ; Moses Emmanuel
Editeur
OBSIDIANE
Largeur
136
Poids
95
Date de parution
20191122
Nombre de pages
64,00 €
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Résumé : " ...La voix si singulière d'Anton Pincas [...] qui pourrait s'apparenter au dessin à la craie - titre d'un de ses plus beaux poèmes - dont la nature fugace est peut-être seule à même de permettre le saisissement de ce qui se dérobe ".
Grâce aux progrès de la science (archéologie, ADN...), les fantasmes ne sont plus de mise pour traiter de la Préhistoire. La vie quotidienne, les croyances, le régime alimentaire, la sexualité, les rites funéraires... de nos ancêtres n'ont pratiquement plus de secrets. Notre regard sur nos lointains ancêtres change. Finie la bête hirsute grognant du fond d'une caverne. Les percées scientifiques ont mis un terme à cette caricature : elles révèlent au contraire une humanité plurielle, sensible, inventive et tournée vers les premières formes d'art, voire de spiritualité. Mais alors, à quoi pouvaient ressembler nos ancêtres ? Ont-ils toujours marché sur leurs deux jambes ? Etaient-ils cannibales ? L'Afrique a-t-elle été le berceau de l'Humanité ? Néandertal est-il notre ancêtre direct ? Cro-Magnon était-il blanc ? Les femmes étaient-elles cantonnées aux tâches domestiques ? Autant de questions auxquelles répond Eric Pincas invitant ce faisant à un voyage aux services de l'humanité.
? Claudine Helft expérimente dans L'Outrage au plaisir une nouvelle voie, laquelle glisse de la prose poétique au poème en prose.? Elle y ose des vérités dérangeantes : ses rendez-vous galants (et secrets), son plaisir de femme libre, sa jouissance.? D'amour en humour, dans « l'invention du vivre », Claudine Helft salue les gaîtés de la vieillesse en outrageant le plaisir.Extrait : ACQUIESCEMENTIl est une éternité des cendresdans l??il bleu de la liberté,une léthargie du tempsau large de vivre, l'acquiescementà l'excellence qui s'imposeet qui crève l'aloès de la nuit,Juste la marge entre l'arbreet la pelle qui bêche la terre.UN CONTINENTUne grande misère de vert et de blancoù rêve de s'endormir le temps.Un continent vaste, sorti de nulle part,où les sapins seuls parlent à la neigecomme un ancêtre à son enfant petit.L'homme se sent inutile au cheminmais il persévère dans son silence, par respect,heureux devant cette porte qu'il n'ouvrirajamais.Besoin physique de serrer dans mes bras des êtres de chair et de sang, de retrouver le simple goût d?être à la vie.Le Petit Prince, un peu moins Prince, à peine moins beau, mais Prince toujours m'a donné deux heures très belles à Bagatelle, « notre lieu » depuis seize ans.« Très belles » : expression qui ne signifie rien. Des heures où la beauté des fleurs et la simplicité des sentiments rendaient sous la pluie soudain tombée dans une tasse de thé, radieuses. Plutôt qu'une amitié amoureuse, je parlerais à son sujet d'un amour-amitié. Une sorte de fleur rare à cultiver ! De loin en loin, hors toute sphère.MAISOù est cette énorme joie de vivre qui venait du bonheur des corps satisfaits et de la paix de l'esprit ...La satisfaction, suffisante pour un temps. La paix n'est pas le bonheur, mais une certaine forme de sagesse. Je me sens de plus en plus proche de ceux qu'ennuie le quotidien ; mais ils sont voués à une errance perpétuelle de lieux et de sentiments !Les mots ne suffisent pas. Au contraire ! Au long cortège de pensées, manquent les sensations : le corps ne suit plus et l?âme ne suffit pas. Je suis comme assommée sous mes mots, par mes mots et les livres, je n'avance pas? et c'est mon corps, mon corps qui réclame le soleil de l?âme, la chaleur, la violence des vagues, l'erreur passagère et nécessaire des sens. À toi, corps et âme, mon impossible chemin : nos pensées sont toujours banales mais comptent la rédaction de celles-ci, la force de l'expression qui, elle, est unique.Il n'est pas de salut sur les grands matins clairs où les arbres encore verts chantaient l?éternité de la feuille : les amours ont disparu, porteuses d'avenir, dans la royauté de l'instant.Souvenirs de la femme encore trop jeune : parfois lui vient la pensée de ce film étrange et beau, sans désespoir, porteur de fatalité, mais plutôt signe de choix, de liberté : la tradition dans un pays lointain de neige et de froid était qu'une femme se juge à la qualité de ses dents ; les trop vieux mourant pour que la famille trop pauvre n'ait pas une bouche de plus à nourrir : mais voilà la vieille mère a des dents désespérément saines ; alors c'est elle qui, un jour, demande à son fils de l'aider à mourir (de faim !) là-haut dans la glace splendide des hauteurs enneigées.VU À L'HÔPITALune femme vieillie fripée dans sa dignitésoudain assise bien droite pour ne pas mouriraussi. Droite pour que les tuyaux qui l'enchaînentà la vie ne lui échappent pas, ne l'entraînent pashors de cette chambre étroite à l'odeur moitevers un espoir où s'entrouvrent rouges, des tulipes.
DONA (du latin Donum, don, présent, offrande) est une série de 46 poèmes dédiés principalement à des personnes, mais aussi à des lieux et des heures. Ce sont des envois, des hommages, à des vivants et des défunts, commémorés avec une certaine "piété" . Les destinataires peuvent être des amis chers, des parents, des poètes aimés (contemporains et classiques), des prophètes, des philosophes admirés ; mais aussi bien une nuit parisienne et un matin de février, un quartier de Lyon ou une station balnéaire normande ou un village breton... Tous et toutes m'ont parlé, inspiré, ouvert à une réalité autre qui est celle de la poésie, produit d'une interaction entre l'espace intérieur et le monde extérieur. Un va-et-vient incessant parcourt ce livre, entre la sphère de l'intime, du présent, et le murmure du passé, que nous transmettent la tradition et la mémoire". Gravures de Frédéric Couraillon
Un seul poème, trente-trois rebonds le long des rives du fleuve-frontière Amour (par exemple) où s'embusque le léopard des neiges. Trente-trois salutations aux forces sauvages qui donnent élan et s'arrachent aux méandres de la mélancolie. Une voix souple et prudente s'adresse au fauve aux aguets, salue à sa splendeur menacée de capture et de disparition, concentré dans sa chasse, loin de la solitude des dangereuses foules humaines... En contrepoint, le dessin espiègle de Sébastien Pignon, s'épèle comme on jette par-dessus l'épaule ce qui entravait la marche et le saut". Dessins de Sébastien Pignon
Cet ultime recueil de poèmes, achevé quelques mois avant sa mort, Petr Kral avait choisi de l'accompagner lui-même, avec trois dessins d'une extrême rigueur qui font écho à la fermeté qui caractérisa et sa vie et son oeuvre. Cette manière d'intransigeance, on la retrouve dans sa prosodie si particulière construite sur l'alliance d'un réalisme imparable (cru même) et d'un humour teinté parfois de nonsens qui explicite l'absurdité des situations, des relations, des échanges. Marqué par Hrabal, Hasek, le Surréalisme et le cinéma muet (il écrit la-dessus des livres qui ont fait date), Kral élabore des saynètes qui dessinent un univers mélancoliquement banal que seul l'humour grinçant rend habitable...