Kant et la fondation architectonique de la métaphysique
Pierobon Frank
MILLON
30,60 €
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EAN :9782905614445
La Critique de la raison pure d'Emmanuel Kant est incontestablement l'un des ouvrages-clefs de la tradition philosophique. Paradoxalement, la fascination qu'elle a durablement exercée sur des générations de philosophes est à la mesure du mystère de sa construction dont on a maintes fois constaté la rigueur et l'omniprésence, mais dont on a peu examiné, jusqu'à présent, les conditions de possibilité. Pourtant Kant ne se lasse pas de souligner la prépondérance de la systématicité, qu'il appelle " architectonique ", dans la fonction critique de sa pensée. Cette architectonique est souvent assimilée à une quelconque architecture de façade et qui serait à la philosophie ce que devrait être un bon système de rangement pour une bibliothèque : rien de plus qu'une commodité instrumentale qui ne peut rien ajouter à la valeur littéraire des livres qui y sont rangés. A l'opposé de cette conception naïve et réductrice, il faut prendre conscience de ce que l'architectonique régit jusqu'au détail l'essentiel de la pensée kantienne et, loin de constituer un système de juxtaposition rhétorique, guide d'une main sûre la pensée, là où celle-ci devient aveugle. Il s'agit non seulement de la très célèbre illusion transcendantale, mais encore de ce qui ne se laisse pas représenter adéquatement : l'idée. Or le système architectonique de la raison pure dépend lui-même d'une idée et de ce fait reste principalement inexponible en une seule représentation conceptuelle. Cet ouvrage livre non seulement la structure architectonique complète sous-jacente à la Critique mais encore retrouve le schème kantien de l'architectonique qui permet de penser cette description en tant que complète, à travers le jeu d'éclipses dont la logique transcendantale fait son propos. Les lecteurs de Kant seront en particulier intéressés par la reconstitution génétique de la table des catégories en tant que système et par l'explication de cette apparence propre à la table des catégories et, par là, à l'entendement pur (c'est-à-dire la logique formelle), d'être sans fondement, sans racine, comme la connaissance absolue d'un entendement intuitif. Jetant ainsi de nouvelles lumières sur cet ouvrage méconnu à force d'être commenté, Kant et la fondation architectonique de la métaphysique en propose une lecture dont l'originalité tient à ce qu'elle prend la Critique de la raison pure au pied de la lettre et qu'ainsi elle en retrouve l'esprit authentique et en révèle la vertigineuse modernité.
Nombre de pages
483
Date de parution
01/07/1993
Poids
658g
Largeur
135mm
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EAN
9782905614445
Titre
Kant et la fondation architectonique de la métaphysique
Auteur
Pierobon Frank
Editeur
MILLON
Largeur
135
Poids
658
Date de parution
19930701
Nombre de pages
483,00 €
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Avatar, le film de James Cameron (2009), aura été un succès commercial d'une ampleur exceptionnelle, à considérer davantage comme le symptôme d'une certaine société en crise spirituelle, que comme l'expression personnelle d'un créateur, fût-il exceptionnel. Sur cette base, Frank Pierobon, au terme d'une déconstruction très poussée, en extrait l'emblème de notre postmodernité finissante : un Deus ex Fantasma, soit une dérisoire rédemption par le rêve, faute de tout autre salut.
À son corps défendant, l'humain se découvre animal. Mais comment se dire « humain » ? Jadis, la question se posait avec une urgence et une acuité terribles parce que l'on se sentait toujours trop proche de cet animal que l'on devait tuer pour pouvoir s'en nourrir, et la réponse était celle qu'apportait le rituel du sacrifice sous l'horizon du divin. Avec le temps, cette organisation rituelle va considérablement évoluer, notamment à l'occasion de la diffusion des pratiques de l'écriture, entraînant une redéfinition radicale de l'humain. Aujourd'hui, cette redéfinition a pris une ampleur telle que l'expérience vécue de l'animalité a pratiquement disparu dans nos sociétés. Mais l'inquiétude demeure : l'homme se sait différent, mais il ne sait plus de quoi il diffère au juste. « L'Humanité tragique » explore la part que prend l'écriture dans cette redéfinition radicale de l'humain, en décrivant l'émergence conjointe de la démocratie athénienne et du théâtre tragique. En effet, c'est à travers des pratiques singulières d'écriture que la cité a forgé des moyens révolutionnaires pour évacuer l'« autre » en soi et « affirmer » l'humain en montrant l'inhumain : ainsi naît le théâtre tragique. Dans cette perspective, Frank Pierobon propose, dans la dernière partie de l'ouvrage, une discussion des principaux concepts de la « Poétique » d'Aristote.--In spite of himself, man discovers that he is an animal. So how can he call himself ?human'? In past times, the question was so urgent and critical because men felt too close to animals, which they had to kill for food in order to survive. The solution was provided by the ritual of sacrifice in the perspective of the divine. With time, that ritual organization evolved considerably, especially with the diffusion of the practice of writing, which provoked a radical redefinition of the human being. Today, that redefinition is so great that the experience of living animality has almost disappeared from our societies. But the doubt persists: man knows he is different but he is not very sure what that difference is. ?L'Humanité tragique' explores the part writing played in that radical redefinition of the human, by describing the joint emergence of Athenian democracy and the tragic theatre. It was through the unique practice of writing that the city forged the revolutionary means to evacuate the ?other' in the self and ?define' the human by demonstrating the inhuman: thus the tragic theatre was born. In that perspective, Frank Pierobon presents, in the first part of this book, a discussion of the principal concepts of the ?Poetic' of Aristotle.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.