Civitas confusionis. De la participation des fidèles aux controverses religieuses dans l'Antiquité t
Perrin Michel-Yves
LE CONDOTTIERE
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EAN :9782487468023
En 1776, dans le premier tome de son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, Edward Gibbon identifiait dans une homélie de Grégoire de Nysse, donnée à Constantinople en 383, un témoignage exemplaire de la passion des masses chrétiennes pour les disputes théologiques à la fin de l'antiquité, une passion que l'historien anglais jugeait, avec causticité et scepticisme, futile et dangereuse. Il citait le prédicateur : "Des hommes nés d'hier et d'avant-hier, des gens dédiés à de viles activités, des théologiens improvisés qui dogmatisent, peut-être des esclaves qui ont subi le fouet et qui ont fui le travail servile, se piquent de philosopher sur des choses incompréhensibles. Vous n'ignorez nullement de qui je veux parler. Partout, la ville est remplie de telles gens, les rues, les places, les avenues, les quartiers, les tailleurs, les changeurs, les épiciers. Demandez qu'on vous change de la monnaie, on vous entretiendra de l'engendré et de l'inengendré. Enquérez-vous du prix du pain, on vous répondra que le Père est le plus grand, et que le Fils est intérieur. Informez-vous si le bain est prêt, on vous montrera que le Fils a été créé de rien" . Cet ouvrage entend, tout en abandonnant résolument le terrain de la polémique idéologique ou confessionnelle, recapturer l'intuition historiographique de Gibbon pour explorer, avec toutes les ressources des sciences historiques d'aujourd'hui, les ressorts de cette capacité reconnue et revendiquée de mobilisation de tant d'énergies intellectuelles (autant que physiques) pour la défense de convictions dogmatiques. Il s'agit de réexaminer les controverses doctrinales entre chrétiens dans l'antiquité tardive comme un phénomène de masse, et non pas seulement, à l'instar de maintes histoires des dogmes, comme un affrontement de lettrés. Jamais sans doute dans le monde antique, en tout cas à une aussi large échelle, des débats que les contemporains pouvaient considérer comme relevant souvent de la sphère philosophique, quelle que soit l'appréciation portée sur leur niveau ou leur qualité, n'ont été autant popularisés. A ce titre les controverses doctrinales entre chrétiens tiennent une place d'importance dans ce que le grand historien italien Santo Mazzarino (1916-1987) a proposé de dénommer "la démocratisation de la culture" dans l'antiquité tardive.
Nombre de pages
410
Date de parution
20/02/2024
Poids
800g
Largeur
155mm
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EAN
9782487468023
Titre
Civitas confusionis. De la participation des fidèles aux controverses religieuses dans l'Antiquité t
Auteur
Perrin Michel-Yves
Editeur
LE CONDOTTIERE
Largeur
155
Poids
800
Date de parution
20240220
Nombre de pages
410,00 €
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En 1776, dans le premier tome de son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, EDWARD GIBBON identifiait dans une homélie de GREGOIRE DE NYSSE, donnée à Constantinople en 383, un témoignage exemplaire de la passion des masses chrétiennes pour les disputes théologiques à la fin de l'antiquité, une passion que l'historien anglais jugeait, avec causticité et scepticisme, futile et dangereuse. Il citait le prédicateur : "Des hommes nés d'hier et d'avant-hier, des gens dédiés à de viles activités, des théologiens improvisés qui dogmatisent, peut-être des esclaves qui ont subi le fouet et qui ont fui le travail servile, se piquent de philosopher sur des choses incompréhensibles. Vous n'ignorez nullement de qui je veux parler. Partout, la ville est remplie de telles gens, les rues, les places, les avenues, les quartiers, les tailleurs, les changeurs, les épiciers. Demandez qu'on vous change de la monnaie, on vous entretiendra de l'engendré et de l'inengendré. Enquérez-vous du prix du pain, on vous répondra que le Père est le plus grand, et que le Fils est inférieur. Informez-vous si le bain est prêt, on vous montrera que le Fils a été créé de rien" . Cet ouvrage entend, tout en abandonnant résolument le terrain de la polémique idéologique ou confessionnelle, recapturer l'intuition historiographique de GIBBON pour explorer, avec toutes les ressources des sciences historiques d'aujourd'hui, les ressorts de cette capacité reconnue et revendiquée de mobilisation de tant d'énergies intellectuelles (autant que physiques) pour la défense de convictions dogmatiques. Il s'agit de réexaminer les controverses doctrinales entre chrétiens dans l'antiquité tardive comme un phénomène de masse, et non pas seulement, à l'instar de maintes histoires des dogmes, comme un affrontement de lettrés. Jamais sans doute dans le monde antique, en tout cas à une aussi large échelle, des débats que les contemporains pouvaient considérer comme relevant souvent de la sphère philosophique, quelle que soit l'appréciation portée sur leur niveau ou leur qualité, n'ont été autant popularisés. A ce titre les controverses doctrinales entre chrétiens tiennent une place d'importance dans ce que le grand historien italien SANTO MAZZARINO (1916-1987) a proposé de dénommer "la démocratisation de la culture" dans l'antiquité tardive.
Biographie de l'auteur Yves Modéran (1955-2010) était professeur d'histoire romaine à l'Université de Caen. Spécialiste mondialement reconnu du Bas-Empire, il livre ici une synthèse posthume, fruit de vingt années de recherches.
La tolérance est une vertu cardinale dans les sociétés occidentales, et son histoire est souvent écrite comme un progrès linéaire jusqu'à son éclosion complète à l'époque moderne. Dans une telle perspective, des périodes antérieures comme l'Antiquité tardive apparaissent fortement comme des temps d'intolérance et de violence religieuse. Mais fait-on droit à des sociétés du passé en les étudiant à partir d'une conception moderne de la tolérance ? Ce livre montre comment, à partir de la pensée classique, l'Antiquité tardive développa des conceptions originales de la tolérance et de ses limites, qui étaient enracinées dans les idées antiques sur l'homme, la raison et la société. Il cherche ainsi à interroger notre propre conception de la tolérance qui, au lieu d'être l'aboutissement parfait d'une longue histoire, est aussi une conception spécifique et historique - avec ses propres limites. Professeur d'histoire ancienne à Gand (Belgique) depuis 2009, Peter Van Nuffelen enseigne l'histoire ancienne, tout en dirigeant des travaux portant sur le christianisme du Moyen Orient tardo-antique et médiéval. Historien et philosophe de formation, il combine des travaux d'érudition philologique et historique avec des interprétations de plus grande envergure, avec un intérêt particulier pour l'histoire des religions, la littérature et la philosophie, et l'histoire politique de l'Empire romain (ier-viie siècles).
Résumé : Célébrer est un acte complexe : acte physique, acte mental aussi, acte qui, s'il est réellement posé, engage toutes les dimensions de la personne. C'est justement de cette gamme, de cette amplitude, de cette profondeur que les Pères de l'Église nous aident à prendre conscience. Certes, et presque toujours en lien avec son exercice communautaire et liturgique, ils parlent des postures de la prière ; mais outre la posture de l'assemblée célébrante, ce que nous essaierons de traquer ici, c'est sa mentalité, son ethos et, le cas échéant (l'homme antique, oriental ou méditerranéen est un expressif), son pathos. La mosaïque des textes fait surgir devant celui qui la reconstitue toute une déontologie de la célébration ; elle laisse transparaître, de manière singulièrement concordante, ce qui pour les Pères est normatif en la matière et ce vers quoi ils entendent acheminer l'assemblée chrétienne. À partir de ces témoignages rassemblés et classés, François Cassingena-Trévedy établit un profil comportemental des " concélébrants ", clercs et laïcs, aux IVe et Ve siècles pour l'essentiel ; non pas seulement de l'homme extérieur, mais plus encore, pour user d'une terminologie augustinienne, de l'" homme intérieur ".
Résumé : ... Je suis inapte au dessin. N'ayant que les mots, j'ai vécu de papier imprimé et j'ai passé ma vie en compagnie de dessinateurs et d'artistes. De cette incapacité, j'avais conçu un récit de dérision, qu'un merveilleux artiste, Tignous, devait illustrer. Et l'impensable est survenu, le 7 janvier 2015, Tignous a été assassiné, avec la rédaction de Charlie Hebdo. Ce crime scellait la fin d'une fabuleuse aventure, celle de la dernière génération du papier, qui bousculait les dogmes et mêlait avec insolence le texte et le dessin, l'art et la politique. Le 7 janvier 2015, je suis devenu un survivant, mes amis sont tombés au combat, comme jadis ceux de mes parents. J'essaye d'écrire encore, de restituer l'histoire que j'ai vécue, avant qu'un tourbillon de mensonges l'emporte. Je n'ai que des mots, hélas, j'aimerais tant laisser quelques croquis...
Auteur du Voyage du Condottière, André Suarès se devait d?être édité aux Editions du Condottière. Quel meilleur saint patron que cet homme à la curiosité universelle, épris de toute beauté ?Admirée par les plus grands esprits de son temps, d'André Gide à Paul Claudel, de Stefan Zweig à James Joyce, d'André Malraux à Roger Nimier, mais aussi de Claude Debussy à Pablo Picasso, la figure de ce très grand écrivain ne cesse de grandir à la mesure de son v?u le plus cher : être simultanément sur tous les points du temps, ceux d'hier - de l'Antiquité à son époque -, et ceux à venir dont nous participons. Inédites en livre, ces pages qui portent aussi bien sur la guerre que la politique, la poésie que la morale, les paysages bretons que les fonds sous-marins, mais aussi sur Antigone que saint François, Shakespeare que Rimbaud, dormaient dans des journaux et des revues. Stéphane Barsacq les a retrouvées et préfacées. On surprend, dans sa nouveauté radicale, le style et la vision de l?écrivain, ses vues, ses prémonitions, ses dons divinatoires. Comme le fameux Cangrande della Scala loué par Dante ou le Colleone, dont la statue est visible à Venise, le Condottière de Suarès reprend sa marche et ses conquêtes - l??il ouvert sur l'horizon.
24 décembre 1944. Romain Rolland est seul chez lui à Vézelay. Son épouse Macha l'a laissé, le temps d'assister à la messe de Minuit. Agé et malade, il va s'éteindre quelques jours plus tard, le 30 décembre. Le prix Nobel de littérature, conscience morale de toute une génération, s'en doute : cette veillée de Noël est pour lui la dernière. Assis non loin de son piano, son esprit vagabonde. Il revient sur toutes les questions qui l'ont hanté depuis sa jeunesse : le pacifisme, l'attitude à adopter face aux totalitarismes, le rôle des intellectuels dans la politique, l'avenir de la France et de l'Europe, la religion. Et la musique bien sûr qui s'entremêle à ses réflexions. De temps à autre, il se rend à son piano. Au moment où il sent que la vie va lui échapper, le grand écrivain qui est aussi un pianiste émérite a une dernière aspiration : jouer l'ultime sonate, l'opus 111, de celui à qui il a consacré une grande partie de son oeuvre et fi ni par s'identifier : Beethoven. Une pièce inspirée d'un fait réel qui fait revivre un des plus grands écrivains français