Civitas confusionis. De la participation des fidèles aux controverses religieuses dans l'Antiquité t
Perrin Michel-Yves
NUVIS
27,00 €
Epuisé
EAN :9782363670328
En 1776, dans le premier tome de son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, EDWARD GIBBON identifiait dans une homélie de GREGOIRE DE NYSSE, donnée à Constantinople en 383, un témoignage exemplaire de la passion des masses chrétiennes pour les disputes théologiques à la fin de l'antiquité, une passion que l'historien anglais jugeait, avec causticité et scepticisme, futile et dangereuse. Il citait le prédicateur : « Des hommes nés d'hier et d'avant-hier, des gens dédiés à de viles activités, des théologiens improvisés qui dogmatisent, peut-être des esclaves qui ont subi le fouet et qui ont fui le travail servile, se piquent de philosopher sur des choses incompréhensibles. Vous n'ignorez nullement de qui je veux parler. Partout, la ville est remplie de telles gens, les rues, les places, les avenues, les quartiers, les tailleurs, les changeurs, les épiciers. Demandez qu'on vous change de la monnaie, on vous entretiendra de l'engendré et de l'inengendré. Enquérez-vous du prix du pain, on vous répondra que le Père est le plus grand, et que le Fils est inférieur. Informez-vous si le bain est prêt, on vous montrera que le Fils a été créé de rien ».Cet ouvrage entend, tout en abandonnant résolument le terrain de la polémique idéologique ou confessionnelle, recapturer l'intuition historiographique de GIBBON pour explorer, avec toutes les ressources des sciences historiques d'aujourd'hui, les ressorts de cette capacité reconnue et revendiquée de mobilisation de tant d'énergies intellectuelles (autant que physiques) pour la défense de convictions dogmatiques. Il s'agit de réexaminer les controverses doctrinales entre chrétiens dans l'antiquité tardive comme un phénomène de masse, et non pas seulement, à l'instar de maintes histoires des dogmes, comme un affrontement de lettrés. Jamais sans doute dans le monde antique, en tout cas à une aussi large échelle, des débats que les contemporains pouvaient considérer comme relevant souvent de la sphère philosophique, quelle que soit l'appréciation portée sur leur niveau ou leur qualité, n'ont été autant popularisés. À ce titre les controverses doctrinales entre chrétiens tiennent une place d'importance dans ce que le grand historien italien SANTO MAZZARINO (1916-1987) a proposé de dénommer « la démocratisation de la culture » dans l'antiquité tardive.
Nombre de pages
406
Date de parution
15/10/2017
Poids
450g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782363670328
Titre
Civitas confusionis. De la participation des fidèles aux controverses religieuses dans l'Antiquité t
Auteur
Perrin Michel-Yves
Editeur
NUVIS
Largeur
155
Poids
450
Date de parution
20171015
Nombre de pages
406,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En 1776, dans le premier tome de son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, Edward Gibbon identifiait dans une homélie de Grégoire de Nysse, donnée à Constantinople en 383, un témoignage exemplaire de la passion des masses chrétiennes pour les disputes théologiques à la fin de l'antiquité, une passion que l'historien anglais jugeait, avec causticité et scepticisme, futile et dangereuse. Il citait le prédicateur : "Des hommes nés d'hier et d'avant-hier, des gens dédiés à de viles activités, des théologiens improvisés qui dogmatisent, peut-être des esclaves qui ont subi le fouet et qui ont fui le travail servile, se piquent de philosopher sur des choses incompréhensibles. Vous n'ignorez nullement de qui je veux parler. Partout, la ville est remplie de telles gens, les rues, les places, les avenues, les quartiers, les tailleurs, les changeurs, les épiciers. Demandez qu'on vous change de la monnaie, on vous entretiendra de l'engendré et de l'inengendré. Enquérez-vous du prix du pain, on vous répondra que le Père est le plus grand, et que le Fils est intérieur. Informez-vous si le bain est prêt, on vous montrera que le Fils a été créé de rien" . Cet ouvrage entend, tout en abandonnant résolument le terrain de la polémique idéologique ou confessionnelle, recapturer l'intuition historiographique de Gibbon pour explorer, avec toutes les ressources des sciences historiques d'aujourd'hui, les ressorts de cette capacité reconnue et revendiquée de mobilisation de tant d'énergies intellectuelles (autant que physiques) pour la défense de convictions dogmatiques. Il s'agit de réexaminer les controverses doctrinales entre chrétiens dans l'antiquité tardive comme un phénomène de masse, et non pas seulement, à l'instar de maintes histoires des dogmes, comme un affrontement de lettrés. Jamais sans doute dans le monde antique, en tout cas à une aussi large échelle, des débats que les contemporains pouvaient considérer comme relevant souvent de la sphère philosophique, quelle que soit l'appréciation portée sur leur niveau ou leur qualité, n'ont été autant popularisés. A ce titre les controverses doctrinales entre chrétiens tiennent une place d'importance dans ce que le grand historien italien Santo Mazzarino (1916-1987) a proposé de dénommer "la démocratisation de la culture" dans l'antiquité tardive.
Biographie de l'auteur Yves Modéran (1955-2010) était professeur d'histoire romaine à l'Université de Caen. Spécialiste mondialement reconnu du Bas-Empire, il livre ici une synthèse posthume, fruit de vingt années de recherches.
La tolérance est une vertu cardinale dans les sociétés occidentales, et son histoire est souvent écrite comme un progrès linéaire jusqu'à son éclosion complète à l'époque moderne. Dans une telle perspective, des périodes antérieures comme l'Antiquité tardive apparaissent fortement comme des temps d'intolérance et de violence religieuse. Mais fait-on droit à des sociétés du passé en les étudiant à partir d'une conception moderne de la tolérance ? Ce livre montre comment, à partir de la pensée classique, l'Antiquité tardive développa des conceptions originales de la tolérance et de ses limites, qui étaient enracinées dans les idées antiques sur l'homme, la raison et la société. Il cherche ainsi à interroger notre propre conception de la tolérance qui, au lieud'être l'aboutissement parfait d'une longue histoire, est aussi une conception spécifique et historique - avec ses propres limites.Professeur d'histoire ancienne à Gand (Belgique) depuis 2009, Peter Van Nuffelen enseigne l'histoire ancienne, tout en dirigeant des travaux portant sur le christianisme du Moyen Orient tardo-antique et médiéval. Historien et philosophe de formation, il combine des travaux d'érudition philologique et historique avec des interprétations de plus grande envergure, avec un intérêt particulier pour l'histoire des religions, la littérature et la philosophie, et l'histoire politique de l'Empire romain (ier-viie siècles).
Célébrer est un acte complexe : acte physique, acte mental aussi, acte qui, s'il est réellement posé, engage toutes les dimensions de la personne. C'est justement de cette gamme, de cette amplitude, de cette profondeur que les Pères de l'Église nous aident à prendre conscience. Certes, et presque toujours en lien avec son exercice communautaire et liturgique, ils parlent des postures de la prière ; mais outre la posture de l'assemblée célébrante, ce que nous essaierons de traquer ici, c'est sa mentalité, son ethos et, le cas échéant (l'homme antique, oriental ou méditerranéen est un expressif), son pathos. La mosaïque des textes fait surgir devant celui qui la reconstitue toute une déontologie de la célébration ; elle laisse transparaître, de manière singulièrement concordante, ce qui pour les Pères est normatif en la matière et ce vers quoi ils entendent acheminer l'assemblée chrétienne. À partir de ces témoignages rassemblés et classés, François Cassingena-Trévedy établit un profil comportemental des " concélébrants ", clercs et laïcs, aux IVe et Ve siècles pour l'essentiel ; non pas seulement de l'homme extérieur, mais plus encore, pour user d'une terminologie augustinienne, de l'" homme intérieur ".
Certains êtres ont une destinée extraordinaire ; on s'aperçoit après leur mort que cette destinée aura été totalement improbable, que leur vie n'aurait jamais dû être ce qu'elle a été. Mozart est de ceux-là : de tous les grands compositeurs, il est sans doute celui qui aura eu la destinée la plus invraisemblable, et sa vie a fait de lui ce qu'il est devenu : un génie unique en son genre. D'autres êtres ont une vie tragique. Ils ont accumulé incompréhensions et désillusions ; ils ont traversé crise sur crise et cela les a marqués de plus en plus profondément. Mozart est aussi de ceux-là : il est mort ruiné, discrédité et vilipendé par la haute société viennoise. Pourtant, il a écrit pendant ses deux dernières années, pathétiques à plus d'un titre, quelques uns de ses plus beaux chefs d'oeuvre. Certains êtres enfin ont une mort rédemptrice. Ils ont quitté le monde pauvres, déchus, calomniés. Mais ils sont devenus immenses après leur mort. Mozart est encore de ceux-là : il est assurément l'un des compositeurs les plus universellement célébrés. Ce livre relate la vie de Mozart telle qu'elle fut, débarrassée des légendes, des parti-pris et des clichés qui encombrent souvent ses biographies. Il la resitue dans son contexte, ce non-dit du texte dans lequel se trouve, selon l'auteur, la clé de ce que certains commentateurs appellent encore "l'énigme" Mozart. Car sa destinée extraordinaire, sa vie dramatique, son apothéose ne peuvent être pleinement comprises et appréciées qu'en se situant historiquement au moment où il a vécu, et géographiquement là où il a vécu. On saisit alors pleinement combien sa musique, éminemment humaine, est tragi-comique comme il en a été de son existence. Mozart pleure et rit tout à la fois ; il se désespère et garde espoir en même temps. Cette humanité-là est omni-présente dans les oeuvres considérables qu'il nous a laissées et c'est la raison pour laquelle on ne peut pas ne pas les aimer : comme l'a écrit Stendhal, le nom de Mozart ne périra pas tant qu'il se trouvera des âmes sensibles. La recherche concernant Mozart et ses oeuvres continue d'être très active. Des documents de première importance ont été découverts au cours de ces dernières années, dont l'auteur a tenu le plus grand compte dans son travail. Ils rendent plus actuelle et plus nécessaire que jamais cette biographie novatrice et remarquablement documentée, qui montre à quel point Mozart, en dépit de toutes ses vicissitudes, était en avance sur son temps. Ce livre devrait être lu et médité par celles et ceux qui ne peuvent se passer de sa musique, soit parce qu'ils l'écoutent, soit parce qu'ils la jouent. Et il devrait leur permettre de mieux l'écouter, de mieux l'apprécier - et, sans doute aussi, de mieux l'interpréter.
Un fil conducteur relie Mozart à Beethoven et Beethoven à Chopin. Il ouvre le passage de la perfection classique à l'introspection romantique. Mozart incarne l'équilibre : sa musique, limpide et fluide, cache une grande complexité sous une élégance souveraine - car elle suggère plutôt qu'elle affirme. Chez lui, l'émotion reste toujours contenue par la raison, la clarté, la mesure, même dans ses moments les plus dissipés. Comme une lumière sereine qui voudrait structurer le monde à jamais, Mozart marque l'apogée du classicisme musical. Beethoven brise cet équilibre en reprenant l'héritage formel des musiciens classiques pour le reconstruire à sa guise, non sans violence ni coups d'éclat. Sa musique n'est plus un miroir de l'élégance mais le cri de l'homme face à son destin. Sa dialectique musicale répond aux bouleversements politiques traversés par l'Europe. Elle substitue à la grâce mozartienne une puissance rythmique et architecturale grandiose qui frise parfois la grandiloquence. Chopin, enfin, développe la pureté mélodique de Mozart en l'imprégnant de la subjectivité beethovénienne. Concentrant tout son génie sur le piano, il écrit une musique qui évoque davantage les confidences qu'on distille à ses intimes que l'héroïsme déployé sur les champs de bataille. Cette musique exprime ses passions et ses états d'âme, scandés par le rythme de ses sentiments. Elle n'est que poésie. En ce sens, après Chateaubriand, Byron et Lamartine, Chopin marque l'apogée du romantisme musical. En seulement quelques décennies, la scène musicale est ainsi métamorphosée, qui passe de la clarté universelle de Mozart à l'énergie monumentale de Beethoven puis à la poésie délicate et inspirante de Chopin.