Football, la défaite des intellectuels. Qatar, la Coupe immonde
Perelman Marc
BORD DE L EAU
12,00 €
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EAN :9782356878892
Fut un temps - pas si lointain - où les intellectuels au sens très large du terme (artistes, avocats, comédiens, écrivains, journalistes, médecins, philosophes, scientifiques, universitaires, voire politiques) avaient quelque retenue vis-à-vis du football. Si certains le regardaient plus ou moins en catimini à la télévision, pour beaucoup le football ne pouvait constituer une présence au monde originale et encore moins relever d'une forme artistique. mieux, il était une distraction du dimanche. Cette époque est révolue depuis 1998, le moment de la victoire de l'équipe de France sur celle du Brésil en fin e la Coupe du monde de football. Les intellectuels son désormais engagés dans la défense inconditionnelle du football paré de toutes les vertus. Dans le prolongement de ses travaux sur la critique du sport, l'auteur veut montrer dans ce dernier ouvrage comment la puissance du football a renversé toutes les barrières intellectuelles, esthétiques, politiques, sociales, idéologiques jadis élevées sur la base de la raison, de la faculté de jugement, de l'émancipation sociale et de la critique des idéologies. Autrement dit, comment le football a réussi à contaminer en profondeur - en quelques années - les professions intellectuelles a priori les moins enclines à se bercer d'illusions sur ce spectacle de mercenaires et à subir la magie des buts ou encore à intégrer la fantasmagorie de quelques gestes dits techniques de footballeurs aux dribbles inouïs, aux shoots si puissants. Que diront les intellectuels au moment de la Coupe du monde du Qatar ...
Nombre de pages
86
Date de parution
07/10/2022
Poids
128g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782356878892
Titre
Football, la défaite des intellectuels. Qatar, la Coupe immonde
Auteur
Perelman Marc
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
131
Poids
128
Date de parution
20221007
Nombre de pages
86,00 €
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Proliférant sur l'ensemble de la planète, le stade est devenu l'un des plus puissants symboles d'une société mondialisée en proie à la démence financière et à l'aberration technologique. Lieu par excellence d'un ordre sportif ?en apparence? immuable, son architecture est à la croisée d'une technologie esthétisée et d'une esthétique high-tech. Le stade contemporain a vite déployé et intégré les technologies numériques, faisant du sport un spectacle total et de lui-même un spectacle en tant que tel. Le spectateur y est absorbé par les écrans portables ou fixes, petits ou géants, contraint à une visualisation ininterrompue, à une attention soutenue et surtout à la dépendance totale vis-à-vis de la compétition sportive. Illustré de nombreux exemples, ce livre analyse le processus de numérisation intégrale du stade devenu une petite ville envahie d'objets et d'individus connectés, et rend compte des enjeux sécuritaires concomitants. Il montre comment le caractère asservissant du sport de compétition, décuplé par la numérisation du lieu même de sa pratique, pulvérise la conscience des individus.
Au coeur des villes, le stade apparaît comme le lieu historique de la compétition sportive et d'un spectacle planétaire. Né à Olympie, il s'est métamorphosé en une machine à voir grâce à la modernité technologique - acier et verre, béton et gigantesques porte-à-faux, systèmes télévisuels et vidéo-surveillance. Consacrant une architecture monumentale, le stade est devenu une puissance visuelle ostensible magnétisant les foules fascinées. La rigueur de sa géométrie en anneau participe du façonnement de la masse qui clame sa soumission à l'ordre de la compétition sportive au sein d'un espace clos et dans un temps rythmé par les prouesses des athlètes. Loin de la neutralité, de l'innocence, de la pureté où il puiserait une force originelle, le stade est le réceptacle dans lequel s'accumulent les ferments de la violence. Les rancoeurs politiques et sociales sont captées, orientées et amplifiées par la logique de la compétition sportive dont le stade est la matrice.
La France devrait accueillir les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. Ce sera un été de fête. Et pour qu'il soit réussi, des milliers de travaux seront engagés, des fonds énormes seront dépensés. Paris deviendra un parc olympique écoresponsable et les Français seront "tous citoyens du sport". Même la Covid-19 sera endiguée pour l'occasion. Pourtant nous ne voulons pas de ces Jeux. Pas seulement parce que cette débauche de moyens nous inquiète, pas seulement à cause de ses effets collatéraux de corruption, de dopage, de pollution, pas seulement à cause du risque pandémique, mais aussi parce que nous refusons la société olympisée qu'ils nous construisent. Marc Perelman décortique les documents liant le Comité international olympique à ses partenaires, ainsi que la Charte olympique, et les met à l'épreuve de l'organisation de "Paris 2024". Et non, l'olympisme n'est pas écologique, il ne fait pas oeuvre sociale, n'éduque pas, n'agit pas pour la santé publique, ne respecte pas les territoires qu'il occupe. Il n'a pour horizon que la "croissance" : plus de records, plus de spectateurs, plus d'argent. Nous ne sommes pas obligés de lui dérouler le tapis rouge.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...