Autobiography as collage, collage as autobiography "... Tout est dit. La tendance (post-)structuraliste, souvent salutaire, qui consistait à laisser un auteur s'effacer derrière ses textes, a-t-elle quelque valeur par rapport à quelqu'un comme Claude Pélieu ? [...] " 1998, Soupe de lézard ". Les textes présents dans ce recueil retracent une année entière de la vie et de l'écriture de Claude Pélieu, s'étendant du début de l'hiver 1998 à la fin de l'hiver 1999. Textes en prose pour la plupart, leur écriture est souvent d'essence pamphlétaire, donc d'une exagération profonde mais nécessaire, d'une lucidité dont j'écrivais ailleurs qu'elle est proche de l'hallucination. Tout y passe : la mort de Diana, le " clafoutis post-moderne ", l'édition, la merde française, les profs de fac gloseurs, le tout dans un esprit proche de Karl Kraus. Ceci n'est pas nouveau chez Pélieu, puisque dès Le Journal blanc du hasard, ou même Boomerang il s'agissait de mêler poésie et réalité, de court-circuiter l'écriture en quelque sorte afin d'y injecter une vision critique sur le monde et ses dérives violentes. D'où cette perméabilité des frontières génériques : poème, pamphlet, essai... le critique moyen ne sait plus où donner du bulbe, et invente tout un arsenal technique pour essayer de replacer le texte dans un enclos littéraire bien gardé. [...] Très proche des acteurs de la Beat Generation, Claude Pélieu excède pourtant toute limite : il est, à rapprocher aussi bien de la Beat Generation que de Dada et de Fluxus. Il est sans doute le prototype rêvé de l'artiste total, de par la multiplicité de ses talents. Il est également un immense découvreur, grâce à qui la France a pu connaître Burroughs, Ginsberg. B.D.
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Nombre de pages
101
Date de parution
31/05/2000
Poids
200g
Largeur
145mm
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EAN
9782903383640
Titre
Soupe de Lézard
Auteur
Pélieu Claude
Editeur
DIGITALE
Largeur
145
Poids
200
Date de parution
20000531
Nombre de pages
101,00 €
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Claude Pélieu (1934-2002) est aujourd'hui considéré comme "le Seul poète français d'expression beat". On lui doit plus d'une vingtaine de recueils de poèmes, du Journal blanc du hasard (1969) à Starquake (2001). Certains de ses recueils comme Jukeboxes et Tatouages mentholés et cartouches d'aube ont été publiés directement en livre de poche. Son écriture a marqué un grand nombre de poètes en France, et influencé de jeunes écrivains des années 1970 jusqu'à aujourd'hui. Par la suite, Claude Pélieu est devenu un collagiste reconnu. On lui doit enfin d'avoir présenté, traduit et fait traduire en France, pour les éditions Christian Bourgois, des auteurs majeurs du mouvement beat comme William Burroughs, Gary Snyder ou Bob Kaufman.
Bernard Lambert était agriculteur à Teillé (Loire-Atlantique). Il est mort accidentellement le 24 juin 1984, à l'âge de 53 ans. Peu d'hommes auront fait autant que lui pour l'évolution du monde agricole, au cours de ces trente dernières années. A travers sa biographie, c'est tout un monde finalement mal connu que quelques-uns de ses amis ont entrepris de dévoiler. De la J. A. C. des années 50 à la Confédération paysanne des années 80, du M. R. P. au P. S. U. , de la guerre d'Algérie à la dénonciation des veaux aux hormones en passant par les grandes heures de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de l'Ouest, la "Commune de Nantes" de 68, la marche des "paysans-travailleurs" sur le Larzac de 73, les grands et les petits conflits des fermiers avec leurs propriétaires ou avec le Crédit agricole, c'est toute la vie agricole, mais aussi sociale et politique d'un tiers de siècle qui est évoquée. Aujourd'hui, en France, les paysans sont devenus très minoritaires. Mais, à l'échelle du monde, ils représentent plus de la moitié de l'humanité. Leur combat et les questions qu'ils posent gardent donc toute leur importance.
Il y a 80 ans, en 1919, le peuple allemand épouvanté par les désastres de la guerre de 14-18, écrasé d'impôts, affamé, opta pour la voie révolutionnaire suivant en cela l'exemple russe, à l'inverse, la France préféra élire la Chambre bleue. Dans nombre de villes allemandes il y aura des conseils ouvriers et de soldats ou une commune comme à Berlin. Le peuple lassé par l'union sacrée (gouvernement impérial plus les socialistes) et après la déroute du militarisme inventa une nouvelle forme de gouvernement : les conseils. La société sera démocratique "horizontale" et directe plutôt que parlementaire et de délégation. Evidemment l'issue sera tragique : l'alliance des forces armées aux ordres des sociaux-démocrates (les aurochs) tue et jette en prison un grand nombre d'anarchistes, de spartakistes, de communistes et de socialistes... Mühsam, en prison écrit ce texte précis sur le déroulement politique de cette révolution unique : la république des conseils de Bavière. Vers une société libérée de l'Etat, interdit par le gouvernement allemand en 1932 sera l'un des derniers textes de Mühsam. Il réfléchit aux principes d'une société idéale anarchiste communiste, et émet des thèses pour se libérer de l'Etat bourgeois, du socialisme social-démocrate ou du communisme bureaucratique. Mühsam est l'archétype du militant anarchiste allemand. Journaliste et écrivain, il assure pratiquement seul la revue Kain, dénonce très tôt le militarisme, participe à la grève de janvier 1918, puis au Conseil de Bavière, condamné à quinze ans de forteresse, amnistié en 1924, membre actif du Secours Rouge, publie de 1926 à 1931 Fanal, organe de l'Anarchistische Vereinigung. Ami de Landauer mais aussi de Rudolf Rocker et de Nettlau, il fut un des dénonciateurs les plus virulents du nazisme. Il sera arrêté dans la nuit de l'incendie du Reichstag... Coédition avec les éditions Spartacus
Jamais révolution ne fut plus légitime : démocratie contre coup d'état militaire, pauvres contre riches, ouvriers contre patrons, athéisme contre catholicisme, milices ouvrières contre armées factieuses, autogestion contre capitalisme et révolution contre fascisme. En 1936, Abel Paz a 15 ans, adhérent des Jeunesses libertaires, il vit dans le quartier du Clot à Barcelone. On n'entre dans les milices qu'à l'âge de 18 ans. L'auteur nous décrit la révolution au quotidien. Il travaille dans une usine collectivisée, puis dans une commune paysanne. Pendant que les colonnes anarchistes organisées par la CNT se battent sur le front de Madrid et en Aragon, à l'arrière, les catalanistes, les conseillers de Staline et le gouvernement républicain veulent arrêter la révolution pour gagner la guerre. Le bref été de l'anarchie a vécu. C'est l'heure des liquidations : d'abord les militants du POUM, puis ceux de la CNT. Un dernier sursaut, ce sont les journées de mai 1937. Les quelques avions et blindés achetés chèrement aux Russes n'endigueront pas la déferlante fasciste soutenue par les régimes allemand et italien. L'abandon des démocraties occidentales va accroître le déséquilibre militaire au profit des putschistes. On connaît la suite : les défaites successives, l'exode et les camps de la honte dans le sud de la France pour un peuple si courageux. Ce sera une guerre perdue et oubliée. Il semble utile de rappeler en 2001 que la révolution espagnole fut la seule réponse à la crise du capitalisme commencée en 1929 et au fascisme. Abel Paz nous livre un récit passionné sur la dernière révolution sociale européenne.