Les processus de pensée ont conduit au cours des siècles à l'émergence de concepts sur lesquels s'est fondée la science. Or, ces processus sont aujourd'hui mis en cause par la production de big data (mégadonnées) : la conceptualisation fait progressivement place à une "intelligence artificielle" qui se substitue au processus de délibération. Ces transformations, accélérées par un haut niveau d'intégration des dispositifs de capteurs électroniques aux systèmes biologiques, touchent désormais à des domaines aussi primordiaux que la santé, le travail, l'environnement ou la sécurité. Les nouvelles technologies (internet, technologies numériques, objets connectés, robotique, biotechnologies...) en accélérant et en mondialisant les interactions, bouleversent en profondeur les relations entre individus. Se superposant aux structures sociétales existantes, les flux d'informations, qui bouleversent les modes de représentation, d'élaboration et de rapport à l'objet, conduisent à repenser les modes de représentation, de subjectivation et les imaginaires collectifs. Le juridique se trouve mis en cause en profondeur par l'espace numérique : créant une société de réseaux le cyberespace généralise une dématérialisation et donc une déterritorialisation inédite. En résulte une transformation radicale des critères et des catégories juridiques sur lesquels se fonde la règle de droit. De telles évolutions et mutations exigent une confrontation engageant des disciplines aussi différentes que l'anthropologie, la philosophie, le droit et les sciences dites "exactes" . En provoquant une accélération du rythme des innovations technologiques, la recherche scientifique contemporaine pose d'une manière plus urgente que jamais la question de l'incidence des technologies sur une société et sur les modes de représentation et de subjectivation des individus. L'évolution du rapport au sensible induit-elle une relation inédite qui tendrait à brouiller voire effacer la relation sujet- objet ? La mondialisation et l'accélération de l'information, l'horizontalité dans l'espace numérique, soulèvent des questions sur l'élaboration et l'intégration de nouvelles connaissances. Si elles permettent l'émergence de nouveaux possibles technologiques, les masses toujours croissantes de données et les processus algorithmiques laissent-ils encore une place-et laquelle- aux processus de pensée ?
Nombre de pages
355
Date de parution
05/01/2023
Poids
460g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782849346198
Titre
Penser, calculer, délibérer
Auteur
Pédrot Philippe ; Papaux Alain
Editeur
MARE MARTIN
Largeur
148
Poids
460
Date de parution
20230105
Nombre de pages
355,00 €
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Chacun sait que l'on a assisté dans le domaine des contentieux public et privé à une véritable prolifération des juges uniques. De quelque côté que le regard se porte, que ce soit en procédure civile, administrative ou pénale, force est de constater la montée en puissance du juge statuant seul au détriment de la collégialité. Souci de répondre à des situations d'urgence, de permettre une plus grande efficacité de la Justice, nécessité de faire face à l'explosion de la masse contentieuse par une plus grande spécialisation, apparaissent comme les principales causes de ce recours accru au juge unique. Mais, au-delà de ce constat, c'est un profond bouleversement du juge qui s'est opéré, celui-ci devenant le régulateur de situations juridiques individuelles ou collectives, souvent très complexes. L'objet du colloque a donc été d'approfondir cette mutation et d'examiner la portée de l'extension des juges uniques spécialisés. Plus généralement, il a eu pour finalité de rechercher en quoi cette évolution en faveur du juge unique a été un facteur de progrès ou de régression de l'Etat de droit. Par là même, il a pu mettre en évidence un certain nombre de risques ou de problèmes que suscitait l'unicité judiciaire.
Enfants nés de mères maintenues en vie artificiellement, commercialisation de cellules tirées du corps humain, rémunération de mères porteuses, demandes de suicide assisté: où en est aujourd'hui le droit français face à ces situations extrêmes, liées aux manipulations du vivant, qui défraient régulièrement la chronique? Les avancées de la technologie biomédicale ont bouleversé les seuils longtemps intangibles de l'existence humaine, modifiant de façon radicale notre regard sur la procréation, la gestation, la vie, la mort. La transgression inhérente à l'avancée de ces connaissances doit-elle comporter des limites quand elle touche à l'intégrité du corps humain et de la personne? Installée au coeur de nos sociétés contemporaines, la biomédecine fascine et inquiète. Pour certains, elle fait de l'homme un objet technique qui risque de se retourner contre lui-même en sabordant sa propre espèce. Pour d'autres, elle apporte progrès, qualité de vie, liberté individuelle, atténuation de la souffrance. Peut-on envisager que, dans quelques années, chacun dispose librement d'éléments de sa personne aussi essentiels que sa naissance et sa mort?
Destiné aux juristes, ainsi qu'à l'ensemble des professionnels intervenant dans les secteurs sanitaires et sociaux, ce dictionnaire s'adresse plus largement à toutes les personnes sensibilisées aux problématiques sans cesse renouvelées des rapports du droit de la santé et de la biomédecine. Issu d'un travail collectif d'une quarantaine d'auteurs spécialisés dans les différentes branches du droit de la santé, cet ouvrage a pour objet non seulement la définition des notions fondamentales qui structurent la matière, mais aussi leur mise en perspective éthique et philosophique. Les définitions proposées ont ainsi pour but d'éclairer le lecteur dans sa prise de décision ou dans sa réflexion, que celle-ci soit médicale, éthique, déontologique ou juridique.
La distinction de l'imperium et de la jurisdictio est une des plus anciennes distinctions de la science juridique européenne. Entre les mains du souverain, la jurisdictio est le pouvoir de rendre la justice et l'imperium celui d'user de la force. Cette souplesse notionnelle permet à la distinction de structurer l'intégralité du droit judiciaire privé. Dans ce cadre, la jurisdictio se présente alors comme le pouvoir de réalisation formelle du Droit - le Droit est dit - alors que l'imperium vise sa réalisation matérielle - le Droit est fait -. Cette perspective fonctionnelle permet de recouvrir les différents pouvoirs des organes judiciaires, le juge, bien sûr, mais aussi l'arbitre, l'huissier de justice, le greffier, le notaire ou le commissaire-priseur judiciaire. L'intérêt de la distinction ne s'arrête pas là. A l'échelle du jugement, d'abord, la jurisdictio se présente comme la source de l'autorité de la chose jugée ou de l'authenticité alors que l'imperium est à l'origine de sa force, obligatoire ou exécutoire. A l'échelle de l'office du juge, ensuite, le succès de la procédure de référé ou les transformations des contentieux familiaux et économiques se traduisent par un renforcement de l'imperium au détriment de la jurisdictio et par le glissement de la judicature vers la magistrature. A l'échelle de l'exécution forcée, enfin, le juge de l'exécution ou la procédure d'exequatur illustrent la nécessité d'un encadrement de l'imperium par la jurisdictio. Et c'est ainsi, par un jeu dialectique permanent entre intelligence et volonté, entre autorité et contrainte, bref, entre jurisdictio et imperium, que le droit processuel garantit au droit substantiel sa sanction et son triomphe.
Depuis les années 1990, le droit d'établissement des sociétés a connu une évolution sans précédent au sein du marché intérieur. En tant qu'opérateurs économiques, les sociétés devaient être les premières bénéficiaires de ce marché. Force est de constater qu'il n'existe toujours pas de véritable droit européen des sociétés. Cette carence a été comblée par l'action normative de la Cour de justice afin d'offrir aux sociétés les instruments juridiques nécessaires à leur mobilité. C'est ce qui ressort de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne qui est allée bien au-delà d'une simple coordination des droits nationaux. En effet, il ressort de sa jurisprudence que la Cour a profondément influencé la condition juridique des sociétés en bouleversant la notion même d'établissement. Partant, le droit d'établissement, le droit européen d'établissement des sociétés, apparaît alors comme un droit subjectif à la mobilité. Si le rattachement des sociétés au territoire d'un Etat constitue une condition inhérente à leur existence, l'exercice du droit d'établissement permet de faciliter la mobilité de celles-ci sans pour autant remettre en cause les compétences des Etats qui restent les seuls à déterminer les conditions de création et de fonctionnement des sociétés. Dès lors, le droit d'établissement apparaît comme un droit subjectif procédural.
En quelques années, depuis l'avènement du contrôle de la constitutionnalité des lois, le droit constitutionnel français a fait sa révolution, le constitutionnalisme gagné ses lettres de noblesse. Mais par quels tours et détours, une discipline et un mouvement, relativement confidentiels au début des années 70, sont-ils devenus à ce point incontournables aujourd'hui ? L'élucidation de ce phénomène passe par l'examen d'une évidence. Selon la doctrine majoritaire, ce processus était inéluctable, dès lors que l'on souhaite établir une démocratie constitutionnelle et un Etat de droit dignes de ce nom propres à "saisir la politique par le droit". Or, cette évidence est en vérité le produit d'une rhétorique savante élaborée par la doctrine afin de gagner à sa cause un auditoire de plus en plus large. C'est à l'examen de la recomposition du champ doctrinal français comme de ses prétentions à la scientificité qu'invite l'ouvrage de David Fonseca.
La connaissance est en soi un trésor" est une phrase de Jean Dausset (1916-2009) (prix Nobel de physiologie ou médecine) contenue dans son ouvrage consacré à l'aventure HLA. Le grand scientifique parle de la passion de la recherche. Il parle des trésors de la réflexion ayant permis la greffe d'organes. La médecine et le droit en sont les éléments nourriciers. Il importe aux deux disciplines d'apprendre pour mieux se comprendre. Une compréhension qui s'accompagne d'autres transplants juridiques dans l'espace et dans le temps. l'ouvrage constitue le tome 2 d'une histoire de la tolérance et de la transplantation entreprise avec le livre "L'homme s'affranchit du mystère" (tome 1).