CONTER LE CRIME. DROIT ET LITTERATURE SOUS LA CONTRE-REFORME: LES HISTOIRES TRAGIQUES (1559 - 1644)
PECH THIERRY
CHAMPION
86,00 €
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EAN :9782745301192
Pourquoi raconter le crime ? Faute de pouvoir se l'expliquer. Privée des ressources du surnaturel, la modernité en est réduite à mettre le mal en récit. Comme l'histoire, l'enquête criminelle combine la nécessité, le hasard et la liberté. Au rituel judiciaire ensuite d'en publier la preuve et d'en homologuer le récit. Mais quand la justice n'assume plus cette exigence de publicité, c'est à la littérature qu'il revient d'honorer la créance symbolique laissée vacante par l'institution. Au milieu du XVIe s. , alors que la Renaissance jette ses derniers feux, des conteurs, souvent juristes de formation, s'emparent du crime. Associant le "scandale", le châtiment et les passions contradictoires qu'ils suscitent, la formule fait recette et leurs "Histoires tragiques" connaîtront un succès sans précédent sous la Contre-Réforme. Jusqu'alors assigné au divertissement, le genre de la nouvelle reçoit avec elles les honneurs du récit grave et sérieux. Mais, si elles accompagnent en apparence le durcissement du climat théologique et moral, elles -masquent parfois mal leurs résistances aux normes séculières. Souvent surestimé par la critique, l'ordre judiciaire est mis à rude épreuve par la fiction. Le débat qui n'est plus possible dans le prétoire se transporte peu à peu dans les livres, fécondant un nouvel espace public. Droit et -littérature entament ici un duel qui se tranchera un jour devant l'opinion.
Date de parution
01/01/2000
Poids
900g
Largeur
160mm
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EAN
9782745301192
Titre
CONTER LE CRIME. DROIT ET LITTERATURE SOUS LA CONTRE-REFORME: LES HISTOIRES TRAGIQUES (1559 - 1644)
ISBN
2745301195
Auteur
PECH THIERRY
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
900
Date de parution
20000101
Disponibilité
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Où est le droit dans une oeuvre dont l'imaginaire utopique a pour devise : "Fais ce que tu voudras" Partout: il est peu d'univers aussi normés que celui de Thélème, la célèbre abbaye du Gargantua. Mais le triomphe de l'esprit sur la lettre, de la volonté bonne sur les chaînes de la discipline y a consommé jusqu'à la nécessité de publier les lois. Depuis longtemps déjà, la satire d'un droit encombré de gloses et de procédures paperassières avait placé les personnages de Rabelais sur le chemin d'une loi plus maigre. Plus de nerf et moins de chair, pourraient dire ces nostalgiques de l'âge d'or, dont l'économie normative semble faire écho à notre libéralisme politique. Loin d'une magistrature corrompue et des vaines subtilités de l'Université se dessinent les contours d'une pensée qui ne mérite pas sa réputation d'anti-juridisme joyeux. Les bombances légendaires des géants y sont moins l'expression d'une culture carnavalesque qui suspendrait l'exercice des normes, qu'une scène éminemment politique. La convivialité de la table assigne les hommes à un exercice de reconnaissance réciproque qui libère l'échange, la confrontation pacifique et le dialogue, sans nier les passions : le pantagruélisme est une philosophie à visage humain. Mais l'histoire est là, qui rôde comme une menace autour des utopies rabelaisiennes. Panurge lui-même, l'auxiliaire bouffon de ces histoires, connaît la tristesse et la peur, les accès de violence, l'irrésolution. "Vivez joyeux", répètent à l'envi les bons pantagruélistes. Mais l'adage ne peut faire illusion : il n'est pas simple de vivre ici-bas. Il faut donc bien faire la guerre, il faut donc bien guérir, il faut donc bien juger. À la croisée de l'optimisme humaniste et du réalisme politique, d'un pacifisme évangélique et d'une philosophie de l'action, Thierry Pech montre que la Cité rabelaisienne s'érige entre deux hautes figures du XVIe siècle : Erasme et Machiavel.
Les riches ont largué les amarres: ils ont fait sécession du reste de la société. Leurs gains sontdésormais sans commune mesure avec ceux de leurs contemporains et ils échappent toujoursdavantage aux filets de la solidarité. Cette situation n'est pas seulement moralement discutable etpolitiquement dangereuse. Elle est aussi économiquement absurde: aucune des théorieséchafaudées pour la justifier ne résiste à l'examen. Mais les raisons qui nous y ont conduits nepeuvent être cantonnées à la cupidité des individus, ni même aux décisions de telle ou tellemajorité politique. Elles plongent leurs racines beaucoup plus profondément dans un compromissocial et idéologique auquel nos sociétés ont collectivement consenti. Ont ainsi été réunies lesconditions historiques pour que des élites désamarrées ressuscitent les clivages d'une société derentiers et d'héritiers comparable à celle de la fin du XIXe siècle. C'est ce paradoxe que ce livretente de percer: comment des sociétés envahies par un individualisme vidé de toute consistancemorale ont organisé et finalement justifié la sécession de ceux qu'elles regardent à la fois commel'accomplissement ultime de leur idéal et comme un symbole d'injustice majeur.
Forgé dans la seconde moitié du XXe siècle, notre contrat social articulait subordination salariale, consommation de masse et docilité politique. Faute d'honorer ses promesses de sécurité, de croissance et de progrès, ce modèle a peu à peu cessé de fonctionner. Nous entrons sans le dire dans l'ère de sa contestation. Désireux d'en briser les cadres, un nombre croissant de travailleurs, de consommateurs et de citoyens passent à l'action. Las des disciplines du salariat, certains prennent le chemin de la multi-activité, de l'indépendance ou de l'entrepreneuriat. Réfractaires à la société de consommation, d'autres refusent la publicité, créent des circuits courts et privilégient l'usage des choses sur leur possession. Fâchés avec le "système", d'autres encore fustigent les oligarchies politiques et prêtent l'oreille aux populismes. De ces mouvements naissent à la fois des dissidences riches de nouveaux idéaux et des colères porteuses de nombreux périls. Enquête au coeur des insoumissions contemporaines, là où se fabrique la France de demain.
Pendant plus d'un an, la Convention citoyenne pour le climat a réuni 150 citoyens tirés au sort et représentatifs de notre société. L'enjeu était le suivant : comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 %, dans un esprit de justice sociale ? Rares sont les livres à nous plonger au coeur d'une telle expérience. Or la compréhension de l'ingénierie démocratique est décisive, si l'on veut associer les citoyens à la décision publique et rénover la vie de la cité. Un grand livre de science politique, qui ouvre des voies radicalement nouvelles. Thierry Pech est directeur général de Terra Nova. De 2019 à 2021, il a présidé le comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat, aux côtés de Laurence Tubiana. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont Le Temps des riches (Seuil, 2011) et Insoumissions (Seuil, 2017).