Christine Payeux est musicienne (viole de gambe) et a beaucoup enregistré pour la musique baroque, contemporaine et rock. Elle signe ici son deuxième roman, bref et percutant, où se révèle une voix qui a la beauté insistante d'un archet. Autour de la blessure toujours vive de la mort de sa mère, la narratrice tâte la chair du souvenir. Et de ce soin attentif naît un superbe portrait de femme, avec une précision sur ce qui fait qu'un être s'incarne, les objets, les gestes quotidiens, les petites manies et les grâces inconscientes, et une acuité du regard qu'ont seuls ceux qui haïssent ou ceux qui adorent. Chez elle, il s'agit à l'évidence d'un amour fou. Le lecteur s'approprie étrangement la figure de cette femme, comme s'il retrouvait dans la forêt bruissante de ses gestes le propre visage de sa mère.
Nombre de pages
96
Date de parution
09/02/2018
Poids
125g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782356080950
Titre
Elle hurle, nous jouons
Auteur
Payeux Christine
Editeur
ESCAMPETTE
Largeur
140
Poids
125
Date de parution
20180209
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
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Après "Elle hurle, nous jouons", où elle dessinait en creux un superbe portrait de sa mère, Christine Payeux poursuit ici son aventure à travers la forêt énigmatique des siens, soumettant cette fois le père à son regard aigu d'enfant. D'une écriture à la fois lyrique et cruelle, familière et intemporelle, elle s'attache à cerner, par progression concentrique, les ambiguïtés de la relation père-fille, ce mélange de vénération muette et d'indifférence, d'élans et d'amour déçu. On reconnaît, comme dans le précédent ouvrage, son art d'observation des menus gestes, des expressions (il y a du Sarraute dans cette approche) et des postures qui tissent la trame d'une famille. C'est aussi le portrait paradoxal d'un mari dominateur, apparemment sûr de lui mais jaloux jusqu'à la folie, miné dans le fond par la solitude.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
« Treize personnages féminins du cinéma. Sans doute ai-je pris les films pour des livres comme les autres, avec ce qu'ils portent en eux d'un monde inconnu et les portraits de nous-mêmes qu'ils retiennent, depuis notre première vision, dans les plis de leurs chapitres. Je me suis appliqué à travailler ce chiné que tissent ensemble les ?uvres aimées et notre propre vie. J'ai aussi tenté de préserver l'état d'enchantement dans lequel m'a laissé, à l'origine, le déroulé de la pellicule. »
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.