Histoire de la papesse Jeanne. Une enquête au coeur des textes
Paravicini Bagliani Agostino
PU LYON
18,00 €
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EAN :9782729714314
Depuis le XIIIe siècle et pendant très longtemps, l'Eglise catholique a fait croire - et cru - qu'une femme déguisée en homme aurait réussi à devenir pape vers l'an 855, aurait accouché lors d'une procession à Rome et aurait dès lors provoqué la mise en place d'un rite de vérification de la virilité du pape pour éviter qu'un tel écart se reproduise. Pourquoi avoir inventé cette légende au XIIIe siècle ? Pourquoi l'avoir diffusée pendant des siècles ? Pour répondre à ces questions, Agostino Paravicini Bagliani s'est lancé dans une grande enquête au coeur des textes et des images qui les accompagnent parfois. Il revient aux trois écrits fondateurs de cette légende pour s'attarder sur celui de Martin le Polonais, qui a connu la plus grande postérité. Son récit a essaimé de l'Italie à l'Ecosse, du royaume de France au monde germanophone, produisant un nombre incalculable de variantes sur l'origine de la papesse, son nom, sa biographie. S'appuyant sur une sélection de textes commentés, présentés à la fois en latin et en français, Agostino Paravicini Bagliani démontre avec brio comment ces efforts pour rentrer dans les détails n'ont qu'un objectif. Il s'agit de rendre ce récit crédible par le clergé comme par les fidèles pour l'ériger en exemple à ne pas suivre et interdire une bonne fois pour toutes l'accès des femmes au sacerdoce à une époque, le XIIIe siècle, où la question fait encore débat. Ce livre est la traduction (par son auteur) de "La Papessa Giovanna et le sue leggende. Un percorso di ricerca tra codici e testi", paru aux éditions Sismel Edizioni del Galluzzo en mai 2023.
Nombre de pages
243
Date de parution
18/01/2024
Poids
368g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782729714314
Titre
Histoire de la papesse Jeanne. Une enquête au coeur des textes
Auteur
Paravicini Bagliani Agostino
Editeur
PU LYON
Largeur
140
Poids
368
Date de parution
20240118
Nombre de pages
243,00 €
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Résumé : Vers 1200, la papauté est au c?ur des grandes affaires de la Chrétienté ; la vie à la cour se transforme et se met au diapason des autres cours souveraines de l'époque. Pour la première fois dans l'histoire de la papauté médiévale, les sources permettent d'en reconstituer les principaux aspects : les résidences et les voyages des papes, le système assez complexe de dons et cadeaux qui s'ajoutent aux revenus traditionnels, les soins du corps et les attitudes face à la mort... Le pape est cependant, avant tout, un seigneur spirituel et la vie à la cour reste marquée par un rythme liturgique intense. Arrivée à l'apogée de sa puissance au XIIIe siècle, la cour des papes s'avère être également l'un des grands centres culturels de la chrétienté médiévale, notamment pour ce qui touche aux sciences de la nature et à la médecine.
Qualifié souvent de «dernier pape du Moyen Age», Boniface VIII (1295-1303) est surtout resté dans les annales de l'Histoire comme l'infortuné pontife que les tribunaux du roi de France, Philippe le Bel, décrétèrent hérétique avant de chercher à porter atteinte à sa vie. Cette inconcevable offense devait bouleverser l'équilibre de la Chrétienté et précipiter l'exil de la papauté en Avignon. Issu d'une famille de petite noblesse du Latium, Benedetto Caetani est un clerc ambitieux qui, formé au droit et à la carrière diplomatique, se taille une place de cardinal de premier plan. Exploitant les faiblesses de son prédécesseur, Célestin V, il lui conseille habilement d'abdiquer, un acte encore extraordinaire, favorisant ainsi sa propre élection en 1295. Dès lors, Boniface va se faire le principal artisan de l'absolutisme pontifical, imposant avec beaucoup de fermeté la médiation de l'Église dans les conflits politiques qui déchirent alors la Chrétienté. Après les deux succès majeurs que sont la canonisation de saint Louis en 1297 et le jubilé de 1300, premier de l'histoire chrétienne, le pape se heurte de plein fouet à l'hostilité du roi de France, Philippe le Bel, qui cherche à affirmer sa propre autonomie en tant que chef d'État. La promulgation de l'intransigeante bulle Unam sanctam entraîne la condamnation de Boniface, accusé en outre de péchés graves tels que la sodomie. Capturé lors du fameux «attentat d'Anagni» par les troupes de Guillaume de Nogaret et des Colonna, une aristocratique famille romaine menacée par l'autoritarisme et le népotisme du pape, ce dernier s'enfuit de justesse et meurt un mois plus tard. Ses successeurs, otages du roi de France, n'auront d'autre choix que de s'exiler en Avignon pendant presque sept décennies (1309-1377). La fin tragique de ce pontificat et ses conséquences désastreuses mettent en évidence de façon particulièrement aiguë le débat fondamental qui devait agiter la Chrétienté pendant des siècles autour du pouvoir temporel de la papauté. Homme d'une intelligence supérieure, alliant une haute idée du pouvoir pontifical à une évidente volonté de puissance, Boniface VIII fit preuve d'une inventivité fertile, sur le plan de la symbolique, au service de son autorité. En témoignent son tombeau dans la basilique Saint-Pierre de Rome ou les nombreuses statues le représentant, vivants exemples d'auto-célébration. Sa cour fut aussi le foyer où de grands penseurs discutèrent de l'intégrité de la personne physique du pape et où des armées de médecins versés dans l'alchimie cherchèrent à prolonger sa vie terrestre en lui faisant ingurgiter de l'or. Dans une enquête digne du Nom de la Rose, Agostino Paravicini Bagliani traque, avec le souci du détail et la passion de l'archive qui le caractérisent, les moindres faits de la vie du pontife pour mieux en souligner la portée exceptionnelle, sans jamais se départir d'un sens du récit digne d'un romancier. Dans cette première biographie jamais consacrée à Boniface VIII, il n'a pas craint de se mesurer à la légende noire du pape, aujourd'hui encore mis à l'index de l'Église, allant jusqu'à conclure que son vif intérêt pour la dispute intellectuelle le poussa sans doute à se laisser séduire par des courants de pensée trop audacieux.
Sous la forme médiévale du bestiaire, cet ouvrage narre l'histoire de plus d'une centaine d'animaux réels ou imaginaires - comme la colombe ou le basilic, le cheval et le perroquet, l'âne et le chameau, l'éléphant et le dragon, le phénix et le paon, le céraste et l'unicorne. Ils ont continument accompagné, par leur fonction symbolique, l'affirmation de l'autorité pontificale, mais ont parfois été convoqués par ceux qui entendaient critiquer, réformer ou délégitimer la papauté comme institution. Le cheval, prestigieux élément symbolique de pouvoir et de vie de cour, a cavalé pendant quinze siècles auprès des papes. La cour la plus ancienne du palais du Vatican s'appelle encore aujourd'hui Cour du Perroquet en souvenir du fait que pendant des siècles les perroquets ont eu la fonction d'annoncer vocalement le pape en tant que souverain. Comme les rois de France, les papes ont possédé des ménageries ; celle du pape Médicis, Léon X, avait accueilli le magnifique éléphant blanc indien offert par le roi Manuel Ier du Portugal et dont Raphaël nous a laissé le portrait. Au revers de cette médaille, l'animal devint aussi un instrument de satire antipontificale, dans les drôleries de superbes manuscrits enluminés, avec des singes et des serpents portant la couronne du pape (la tiare), bien avant que Luther et ses collaborateurs à Wittenberg (Lucas Cranach et Philippe Melanchthon) ne se servent de l'image du pape-âne (Papstesel) pour nourrir leur polémique anti-papale.
La tension qui existe entre le corps physique du pape et sa très haute fonction religieuse fait l'objet, dès le milieu du XIe siècle, d'attentions neuves et multiples, dont témoignent le discours, le rituel, l'iconographie. A Paravicini Bagliani a étudié dans ce livre les dispositifs complexes qui se mettent en place durant tout le Moyen Age pour souligner cette opposition entre le corps mortel et l'institution immortelle. Une partie de ces dispositifs reste en place jusqu'à nos jours. Lors de la mort du pape, en particulier, les thèmes du caduc et du transitoire sont élaborés de manière plus radicale. Avec la nudité marquée du pape défunt, on souligne que " même le pape meurt ", alors que l'Eglise est éternelle. Pour arrêter les saccages habituels des Romains dans la maison pontificale, on fut amené à distinguer plus nettement entre le domaine privé du pape et l'institution papale. Pour marquer à l'inverse le pouvoir spirituel, le rituel incorpore toutes sortes d'éléments nouveaux de purification symbolique. Simultanément, l'intérêt croît pour le corps physique vivant du pape : papes et cardinaux montrent un vif intérêt pour la médecine et les sciences de la nature, avec l'espoir d'une possible prolongation de la vie, qui limiterait le caractère caduc et transitoire de la vie terrestre du pontife.
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