C'en est fait, mon enfant, je ne puis plus te sauver. Le sort en a voulu ainsi. C'était écrit. Qui peut lutter contre le Destin ? (...) Il était écrit que ton martyre prendrait fin ici. Si je te sauve, je détruis la foi, si je te protège, je trahis le serment. J'ai employé tous les moyens." L'homme monologuant alors que s'ouvre l'action sur cette scène dramatique, c'est Pléthon, le philosophe néoplatonicien dont le destin ? tout le long de ce roman aux multiples rebondissements ? est confronté à celui d'Aïma, l'enfant miraculeusement sauvée, la Fille de Bohême au coeur simple, à la vie tragique, dont la beauté est celle de l'humilité et de l'innocence. Paru initialement sous forme de feuilleton, ce roman d'aventures et d'actions, souvent truculent, ? chef-d'oeuvre de la littérature néohellénique ? est aussi un roman métaphysique et historique : Papadiamantis y met en scène la chute de Constantinople qui menace tout à la fois la grécité et l'orthodoxie, condamnant à jamais un passé antique glorieux. C'est enfin, et surtout, une oeuvre de virtuose : jouant sur toutes ses harmoniques, l'écrivain a magnifiquement exploité les multiples registres de la langue grecque, et le texte est ici magistralement servi par cette première traduction française.
Nombre de pages
410
Date de parution
04/06/1999
Poids
445g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782742705368
Titre
La fille de Bohême
Auteur
Papadiamantis Alexandre ; Coressis Karine
Editeur
ACTES SUD
Largeur
115
Poids
445
Date de parution
19990604
Nombre de pages
410,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Aux premières lueurs de l'aube, alors que les rivages de Skiathos prennent la couleur du ciel, un homme monte dans une barque et se laisse aller au gré des vagues. Rendu amer par une déception amoureuse, ivre de solitude, il est résolu à disparaître dans les flots. Mais il atteint finalement un autre rivage, où il retrouve Stamatis le Dépareillé, ami de longue date et vieillard aux mille vies. Celui-ci compte bien ne pas le laisser partir seul, et l'incite à se méfier de l'amour en lui contant de longues histoires de fantômes et autres fables aux morales équivoques, dont les personnages les rejoignent un à un pour livrer leur version des faits - et rendre plus douce encore la suite de la traversée.
Alexandre Papadiamantis (1851-1911), auteur de romans historiques et d'environ cent quatre-vingts nouvelles qui ont pour cadre Athènes ou son fief natale de Skiathos, est considéré dans son pays comme le plus grand prosateur des lettres grecques. Le présent recueil permet de découvrir le meilleur de son talent dans une traduction inédite, sous la plume élégante et précise de René Bouchet. Ce spécialiste de Papadiamantis a déjà rendu accessibles aux lecteurs français plusieurs nouvelles de cet écrivain, des romans contemporains, comme le Dikôlon de Yannis Kiourtsakis, et des textes médiévaux, dont la Chronique de Morée. La première nouvelle de ce volume, "Gardien au lazaret", n'a jamais été traduite en français. Elle se constitue autour du motif de l'attente. La vieille Skévo Gialis se languit de son fils, Stavros, parti en mer. Une lettre lui annonce son retour. Mais une épidémie de choléra empeche les retrouvailles : Stavros et l'équipage de son bateau, comme ceux des autres navires, sont placés en quarantaine dans la solitude d'un îlot. Skévo intrigue pour rejoindre son fils, mort ou vivant, au péril de tous les dangers... Dans la seconde nouvelle - remarquée par Octave Merlier dès 1965 - "Les Rivages couleur de rose", se trouvent rassemblés plusieurs grands thèmes de l'oeuvre de Papadiamantis : la mort volontaire, l'amour impossible, l'exil, le retrait du monde. Le narrateur, désespéré par une passion malheureuse, part en mer sur une barque. La tentation du suicide est grande, ou à tout le moins celle de quitter les siens. Stamatis, cet ami sans illusion sur l'amour qui le sauve de la noyade, n'a-t-il pas déjà pris ce chemin ? Tous deux sont rejoints par Diamandis Agallos, poursuivi par le fantôme de sa fiancée délaissée, et par le berger Stathis, marié de force par le maître de son village. C'est toute la Grèce, celles des paysages maritimes et des passions tragiques, qui surgit en mille éclats. Une prose poétique à la beauté saisissante.
Cette sélection de treize nouvelles inédites en français (à l'exception de Autour de la lagune) offre une vision complète de l'univers imaginaire d'Alexandre Papadiamantis. Ces récits tour à tour autobiographiques, satiriques ou mystiques, traitent de la mort, de la mémoire, de la nature ou de la tradition autour d'un motif central : l'île. Skiathos devient un résumé du monde, l'incubateur des passions humaines, le lieu où déceler ce qu'il y a d'universel dans un espace clos. C'est aussi une métaphore de la rupture qui scande la vie de tout être humain ; amours déçues, deuil de l'enfance, perte de l'être aimé, mort d'un enfant sont les principaux noeuds dramatiques de ces nouvelles où le destin est accepté sans révolte. Elles sont en cela comparables aux nouvelles d'Ivo Andric.
Ce deuxième recueil à paraître aux Editions Cambourakis compte six nouvelles (de six à quarante pages chacune environ, dont deux inédites) caractéristiques de l'art de Papadiamandis. On y retrouve ses thèmes de prédilection : une profonde conscience de la fragilité humaine, de la cruauté de l'existence, de la tentation du mal... Une noirceur atténuée tantôt par une douce ironie, tantôt par un élan compassionnel embrassant cette communauté essentiellement démunie. La présence du paysage grec, de la mer, d'une nature à la beauté éternelle illuminent cependant ces récits et figurent la possibilité d'une transcendance. La nouvelle "athénienne", Nuit de Carnaval, largement autobiographique, sera pour la première fois lisible en français - l'une des meilleures de l'écrivain selon René Bouchet, son traducteur, et auteur d'une thèse sur le regard dans l'oeuvre du maître grec.
Les douze dernières pièces composées par Ibsen forment un cycle qui a son mouvement et sa cohérente propres. Ibsen l'a conçu tel pour raconter un monde dont les certitudes abusives sont ébranlées et où peuvent s'exprimer les blessures secrètes d'individus révoltés contre l'oppression des apparences.Dans ce monde - qui fait toujours écho au nôtre - la vérité est une catastrophe; elle naît dans la souffrance individuelle ou le trouble social. Souffrance et trouble qui sont le bien et la matière de l'artiste au travail, figure qui domine les quatre dernières pièces du cycle.Les pièces sont proposées dame leur intégralité et dans une nouvelle traduction pour rendre à Ibsen se place parmi les grands génie dramatiques.
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Menteuse invétérée, voleuse pathologique, arnaqueuse de génie : Marsha Sprinkle ne compte plus ses ennemis. Certains sont bien déterminés à lui faire ravaler ses bobards une bonne fois pour toutes. À commencer par sa mère et sa fille, son ex-complice lubrique Daryl et une sautillante bande d'hurluberlus, fétichistes du trampoline, tous lancés à ses trousses. Mais Marsha est intelligente, incroyablement fourbe, et celui qui l'attrapera n'est pas encore né. À priori... Sexe, crime et règlement de comptes familial : tels sont les ingrédients de cette course-poursuite rocambolesque et décadente tout droit sortie de l'esprit brillamment tordu de John Waters. Le cinéaste légendaire signe un premier roman à son image : hilarant, outrancier, déjanté et délicieusement pervers.
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