Eduquer c'est humaniser. Dignité, intégrité, laïcité et violence
Ouattara Fatié
L'HARMATTAN
25,50 €
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EAN :9782343194158
L'homme est la maison de l'humain, mais l'humain n'y est pas toujours présent. Le même qui vit et qui donne la vie est à même de l'ôter à l'autre et à soi-même. C'est ce même qui, voulant l'ordre et la paix, crée aussi le désordre par la violence. D'où, conscient de ces paradoxes, s'affirme l'exigence morale et de raison de reconquérir l'humain de l'homme en tout homme, nonobstant les diverses péripéties de la vie, les atteintes violentes à l'intégrité, à la dignité et à la liberté. C'est pourquoi, par-delà sa finalité d'apprendre à lire, à écrire et à compter à l'enfant, l'éducation vise fondamentalement à développer son potentiel humain, pour en faire plus tard un être engagé, agissant : l'éducateur aide l'enfant à devenir un être humain, à savoir être humain, à se rendre plus humain. Cet ouvrage vise à saisir au mieux les sens possibles de la relation qu'entretiennent avec l'éducation les concepts de dignité, d'intégrité, de politique, de laïcité, de violence, d'intégrisme et d'insurrection. Ces concepts donnent sens les uns aux autres. Quoique différents par leur signification théorique pour la vie collective, ils sont indissociables dans l'appréhension de l'action publique.
Nombre de pages
234
Date de parution
05/02/2020
Poids
287g
Largeur
135mm
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EAN
9782343194158
Titre
Eduquer c'est humaniser. Dignité, intégrité, laïcité et violence
Auteur
Ouattara Fatié
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
287
Date de parution
20200205
Nombre de pages
234,00 €
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Comment éduquer à la liberté et à la paix dans la contrainte ? L'éducation a-t-elle toujours été la pomme de la discorde sociale ? Que signifie la crise de la transmission, de la parentalité, de l'autorité éducative ? La crise de l'éducation est-elle un problème philosophique majeur ? Si oui, quelles sont la nature et la valeur de la contribution de la philosophie à sa compréhension, à son explication et à sa résolution ? Ces questions sont au cur de cet ouvrage, dont la quête de réponse suggère de réaffirmer que, à la différence de l'animal qui naît achevé, l'homme n'est rien sans l'éducation. Aussi, toute société humaine se construit, se transforme et progresse grâce à des hommes libres, éduqués, instruits et formés en famille, à l'école, dans la société et par l'Etat qui a le monopole de l'éducation. Cependant, la qualité et les conditions de l'éducation, qui font l'objet de critiques, alimentent l'idée d'une crise de l'éducation aux conséquences désastreuses pour la paix et le développement économique et sociopolitique d'une nation.
La pandémie de la COVID-19 a révélé l'état grabataire du monde ainsi que les limites de la conscience et des capacités humaines, associatives et institutionnelles. Le lourd manteau d'angoisse et le chapeau noir de la psychose et de l'ignorance qu'elle a, en effet, fait porter à l'humanité invitent à s'interroger sur ses causes et les raisons de son advenue, y compris sur l'efficacité des plateaux techniques, sur l'éthique de l'intelligence soignante et sur la puissance de la gouvernance sanitaire. La pandémie contribue ainsi à la consolidation des relations interhumaines et publiques par la reconsidération de la culture de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de l'hospitalité et de la solidarité qui sont les principaux fondements éthiques, politiques et moraux de l'humanisme. La COVID-19 a éduqué l'homme en l'élevant au sens de la co-responsabilité et de la co-appartenance.
Le Burkina Faso a mal à sa gouvernance, à son éducation et à sa citoyenneté. En effet, la réflexion, à travers ces textes rédigés entre 2013 et 2016, montre que le citoyen a droit à l'éducation de qualité afin de pouvoir mieux participer à la reproduction et à la perpétuation de la société, surtout dans un contexte politique africain en reconstruction-recomposition. Il devient alors important de repenser la contribution de la famille, de l'école et de l'université au développement sociopolitique, en leur qualité respective de lieux d'expression de l'affection, la sensibilisation, la formation et de l'instruction de l'individu à la vie politique de l'Etat. D'où, la connaissance et le respect de normes, de règles de vie commune censées affiner la liberté et l'égalité, préserver la dignité et donner sens à l'agir éthique et moral de l'humain. Telle est esquissée l'idée d'une philosophie politique de l'éducation du citoyen de la République.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...