C'est ce paradoxe cartographique que le présent ouvrage entend interroger, à travers le prisme de la littérature et du cinéma. Aux cartes proprement invisibles ? restées dans les coulisses de la création ? répond l'invisibilité caractérisant l'image qu'est la carte en tant que telle : ses zones d'ombre, ses points aveugles, parfois sciemment orchestrés à des fins politiques. Mais à tout pouvoir, son contre-pouvoir, comme le montre l'émergence récente d'une cartographie alternative et engagée visant à rendre justice à des acteurs ou à des phénomènes invisibilisés par le corps social. Les quatorze contributions composant ce volume explorent ainsi les différentes facettes (géographiques, esthétiques, politiques) de l'énigme posée au regard par ce qui, dans l'image censée capturer le réel, se dérobe à elle. Aurélien d'Avout est ancien élève de l'ENS (Paris), agrégé de Lettres modernes et docteur en Littérature française. Actuellement chargé de recherches du F.R.S.-FNRS à l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, ses travaux portent principalement sur la prose du XXe siècle, sur les rapports entre littérature et géographie, ainsi que sur la poétique du récit de guerre. Cécile Chatelet est ancienne élève de l'ENS de Lyon et agrégée de lettres modernes. Enseignante, elle a soutenu une thèse sur les formes du pouvoir et le motif de la révolte dans le roman contemporain français. Elle s'intéresse aux modes d'inscription du politique dans la littérature actuelle. Isabelle Ost est professeur ordinaire en littérature et en philosophie à l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Elle co-dirige le Centre Prospéro. Langage, image et connaissance. Elle a dirigé l'ouvrage Cartographier. Regards croisés sur des pratiques littéraires et philosophiques contemporaines (2018) et codirigé avec A. d'Avout le dernier numéro de la revue Phantasia "Décrire la carte, écrire le monde" (2023).
Nombre de pages
300
Date de parution
24/10/2024
Poids
409g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9788869764318
Titre
Cartes invisibles
Auteur
Ost Isabelle ; Avout Aurélien d'
Editeur
MIMESIS
Largeur
140
Poids
409
Date de parution
20241024
Nombre de pages
300,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Comment regardons-nous le mondeâ??? Comment le représentons-nousâ??? Ces questions, vieilles comme le monde lui-même, sont ici abordées au croisement de la cartographie et de la littérature. La carte sert de modèle. Un modèle de représentation qui joue avec la mimésis, exacerbe nos fantasmes de domination et nos désirs d'immensitéâ??, la littérature, de l'époque romantique à la contemporaine, imite ce regard fondateur, explore différentes modulations de la description de l'espace et leurs effets esthétiques. De leur rencontre est née l'idée d'un «â??regard cartographiqueâ??» des oeuvres, ce regard qui s'approprie le réel en variant les angles de vue et les jeux d'échelle : représenté en miniature ou agrandi à la loupe, d'en haut ou d'en bas, à l'horizontale, à la verticale ou surélevée, le monde ne produit pas les mêmes images, ni les mêmes interprétations, ni les mêmes émotions. Isabelle Ost a soutenu en 2005 une thèse de doctorat parue sous le titre Samuel Beckett et Gilles Deleuze : cartographie de deux parcours d'écriture (2008, PUSL). Elle est actuellement Professeur ordinaire à l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, où elle enseigne la littérature et la philosophie.
Géo-graphie, carto-graphie : écritures de la terre et de la carte. De même qu'il y a une dimension scripturale dans le geste de tracer des cartes, y aurait-il une dimension cartographique dans le geste d'écrire — et, partant, une parenté entre poétique et cartographie La cartographie interpelle en effet tout autant l'imaginaire que la science : cartographier est une opération de schématisation dont la portée épistémique ne peut que poser question à la philosophie ; de même, cartographier est une opération de réécriture du monde par les signes, qui interroge la mimésis dont fait oeuvre la littérature. Car la carte. artifice, artéfact, loin de se contenter de répéter le réel, est toujours construction et invention de l'espace qu'elle (re)dessine. Dans ce volume, il s'agira dès lors d'interroger de manière interdisciplinaire — à l'aide de la philosophie et de la littérature essentiellement —, les significations de l'acte de cartographier à l'époque contemporaine. en montrant ce que cet acte peut nous enseigner sur la représentation, qui sous-tend aussi bien la faculté d'imagination que celle du langage.
Poétique du savoir : étude de l'ensemble des procédures littéraires par lesquelles un discours se soustrait à la littérature, se donne un statut de science et le signifie" . C'est de cette façon, en apparence modeste, que Jacques Rancière débute Les noms de l'histoire (1992). Mais comment comprendre cette affirmation a priori paradoxale selon laquelle une telle poétique utiliserait des "procédures littéraires" pour mieux se soustraire à la littérature ? Que penser, en outre, de cette idée selon laquelle l'historiographie telle qu'elle s'est pratiquée jusqu'ici aurait systématiquement occulté les conditions même de toute historicité ? L'essai s'avère rapidement être une critique lucide et radicale des fondements mêmes du savoir historique, prenant appui sur certaines hypothèses majeures que le philosophe n'aura de cesse de développer durant tout son parcours : le nouage entre politique et esthétique, l'alliance entre littérature et démocratie caractérisée par un désordre salutaire de la parole. Pourtant, malgré le caractère familier de ces termes pour le lecteur de Jacques Rancière, l'essai conserve toute sa densité, et même une certaine part d'équivocité : c'est parfois entre les lignes qu'il convient de traquer la position de l'auteur, et surtout de cerner les contours de cette "histoire hérétique" vers laquelle il nous entraîne et qui conserve toute son actualité. Fruit d'un travail collectif consacré à cet essai, le présent ouvrage a pour ambition de rassembler des contributions dissensuelles : à l'image de la philosophie qui les inspire, celles-ci, en confrontant Rancière à ceux avec qui il entre en dialogue (Michelet, Benjamin, Althusser, Thompson et d'autres), visent à leur tour à éclairer la force, et parfois les zones d'ombre, de la poétique de cette pensée qui se veut elle-même "hérétique" .
Dans les dernières années de sa vie, le philosophe Michel Foucault explore dans ses cours au Collège de France comme dans ses ouvrages et entretiens une idée qui va progressivement s'imposer dans sa pensée : la possibilité de façonner sa propre vie comme on ferait une oeuvre d'art. Cette formation autonome et singulière de soi se résume par la formule de « l'esthétique de l'existence », qui revient de façon récurrente sous la plume de Foucault. Elle constitue l'un des héritages les plus féconds de sa pensée, bien qu'elle demeure peu développée et donc fortement énigmatique.Cet ouvrage collectif se saisit du voeu formulé par Foucault, jusqu'à présent resté sans suite, d'écrire la longue histoire de « l'esthétique de l'existence ». Sont ainsi esquissées les généalogies possibles de cette notion, tant en philosophie que dans la littérature, de l'Antiquité au XIXe siècle, puis en poursuivant ses devenirs dans le monde contemporain.Au regard de notre actualité traversée par des phénomènes de mise en scène de soi, par des injonctions au développement personnel, par des pratiques artistiques qui entendent visibiliser certaines existences, la réflexion autour de ce concept semble n'avoir jamais été aussi urgente et essentielle qu'aujourd'hui.Martin Mees est Maître de conférences en philosophie et littérature à l'Université de Lille. Il est l'auteur de Nerval ou la pensée du poétique. Essai de philosophie à l??uvre (2021) et de La Forme du sublime (2025).Isabelle Ost est professeur en philosophie et en littérature à l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Elle y codirige le Centre Prospéro et a fondé avec Martin Mees et Philippe Sabot le réseau de recherche «Philature ». Son dernier essai : Regarder le monde. Littérature et cartographie (2026).Philippe Sabot est Professeur de philosophie contemporaine à l'Université de Lille et Président du Centre Michel Foucault. Il a contribué à l'édition des ?uvres de Michel Foucault dans la Bibliothèque de la Pléiade (2015) et également à l'édition de cours et travaux consacrés à la phénoménologie et à l'archéologie du savoir.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Cet ouvrage retrace le parcours de Michèle Firk (Paris, 1937- Guatemala City, 1968) figure libre et engagée, à la croisée du cinéma et des luttes révolutionnaires. Critique, journaliste et militante, elle participe aux réseaux d'aide au FLN, puis aux combats internationalistes en Amérique latine. Son histoire s'inscrit dans une période de tensions qui s'ouvre sur les affrontements de la Seconde Guerre mondiale, se poursuit dans les déchirements de la Guerre froide et voit émerger le tiers-monde sur la scène internationale. A travers quatre essais et des documents inédits, les auteurs reconstituent une trajectoire marquée par la cohérence entre pensée, écriture et action, jusqu'à son engagement dans la guérilla guatémaltèque. L'ouvrage interroge aussi le rôle politique du cinéma dans les années 1950-1960 et éclaire une figure méconnue, emblématique des engagements transnationaux du XXe siècle. Sébastien LAYERLE Historien du cinéma, maître de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles à l'université Sorbonne Nouvelle. Diplômé de science politique, il consacre l'essentiel de ses recherches aux liens entre le cinéma et l'histoire. Dernier ouvrage publié : "Cinéma, marxisme, matérialisme. Pour une critique du cinéma" (Mimésis, 2023). Caroline MOINE Professeure en histoire culturelle et politique (XXe-XXIe siècles.) à l'Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines/Université Paris-Saclay, directrice du Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines. Spécialiste de l'histoire des relations culturelles internationales après 1945, elle s'intéresse aux domaines des médias et du cinéma et des mobilisations politiques de solidarité internationale.
Alors qu'elle s'apparente à un symbole de fixité et d'immuabilité, la montagne pourrait être considérée comme un motif anti-cinématographique. Elle traverse pourtant toute l'histoire du cinéma. Dans une première partie consacrée aux expériences minérales, cet ouvrage revient sur l'attraction exercée par la montagne sur les cinéastes et les personnages de films, ainsi que sur les forces de transformation qu'elle opère par sa puissance d'agir. Une seconde partie interroge les esthétiques telluriques qui en découlent, lorsque la montagne passe du statut de toile de fond au premier plan pour devenir le sujet principal, selon une logique de décentrement de nos regards anthropocentrés qui pourrait nous reconnecter à l'histoire sédimentée de notre planète. Une troisième partie observe comment la matière même des films est emportée dans une tectonique des images qui nous donne à voir matériellement les réalités de l'extractivisme et des effondrements en cours à l'ère de la crise environnementale. Vincent DEVILLE est Maître de conférences (HDR) en Histoire et esthétique du cinéma à L'Université de Montpellier Paul-Valéry. Ses travaux portent sur le cinéma expérimental et d'avant-garde, sur la contribution des formes du montage à l'écriture de l'Histoire, ainsi que sur les représentations de la nature et du vivant au cinéma en lien avec des préoccupations environnementales.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.