On se mit à danser. Moi je ne sais pas, aussi refusai-je toutes les invitations ; mais El Quinto, ayant passé un manteau de velours bleu de Mme Burton, que Roy avait mis en premier, et hors duquel sa si belle figure émergeait comme celle d'un gentilhomme anglais du XIVe siècle, et ayant coiffé un grand chapeau à plumes blanches, lui aussi à Mme Dora, il m'entraîna dans le couloir, et durant quelques minutes, silencieusement, il dansa avec moi serrée contre son c'ur. La timidité, l'excitation, la joie, me firent plusieurs fois trébucher sur son manteau. " Bettina est une jeune fille italienne qui vit à Milan dans les années 50. Elle se destine à l'écriture. Gilliat est un jeune journaliste communiste qui travaille au journal du Parti. Ils se rencontrent et s'éprennent l'un de l'autre. Bettina est un être tout d'émotions, qui a pour Gilliat une véritable vénération, car en lui se conjuguent la beauté physique et le romantisme révolutionnaire. Avec lucidité et un peu d'autodérision, Bettina tient la chronique des sursauts du sentiment jusqu'à la rupture, longtemps retardée mais inéluctable. Roman d'un certain désarroi de la jeunesse devant un monde privé d'espoir, Le Chapeau à plumes d'Anna Maria Ortese ne peut manquer d'avoir des résonances actuelles.
Nombre de pages
206
Date de parution
01/03/1997
Poids
285g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782909906805
Titre
LE CHAPEAU A PLUMES
Auteur
Ortese Anna-Maria
Editeur
JOELLE LOSFELD
Largeur
148
Poids
285
Date de parution
19970301
Nombre de pages
206,00 €
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Ecrire, c'est chercher le calme, et parfois le trouver. C'est revenir à la maison. La même chose que lire. Celui qui écrit ou lit réellement, c'est-à-dire rien que pour soi, celui-là revient à la maison ; il va bien. Celui qui n'écrit ou ne lit jamais, ou seulement à la commande - pour des raisons pratiques -, est toujours hors de chez lui, même s'il a plusieurs chez-soi. C'est un pauvre, qui rend la vie encore plus pauvre. A. M. O.
Leur anxiété, leur regard fixe, leurs lèvres serrées, cette immobilité intérieure et cet étonnement de qui croit courir, mais qui est seulement entraîné par quelque chose qui est en dehors de lui, et qui est la seule chose à courir, sur un rythme démesuré, et cependant sans bruit ni souffle qui en trahiraient la présence, vous donneront pendant un instant l'exacte perception de ce qu'est la réalité de notre temps : rétrécissement progressif de la personnalité, automatisme, fin de la parole.
Sur la fin du siècle des Lumières, un prince, un sculpteur, un riche négociant, jeunes tous trois, quittent Liège pour le royaume ensoleillé de Naples. Ils vont à Naples voir certain fameux gantier, dont les trois filles... et nous voilà partis dans un labyrinthe où la fiction est si insolemment fictive qu'elle transforme le lecteur lui-même en trompe-l'oeil. Dans ce jeu de miroirs, force nous est de suivre, en guise de fil d'Ariane, le chant à la fois douloureux, moqueur, vengeur et dérisoire d'un chardonneret apparemment victime de fillettes cruelles ou reflet de notre conscience malheureuse. On retrouve ici les thèmes chers à l'auteur de L'iguane : la pitié pour les êtres dépourvus de parole ; la présence permanente du mystère, du temps, de l'enfance oubliée. Un roman insolite, grave sous une apparence de sourire.
Le néoréalisme italien traduisait les anachronismes et les paradoxes d'un pays en gestation, chloroformé par vingt années de dictature, et soudain réveillé par les horreurs de la guerre. Telle est l'optique dans laquelle se situe La mer ne baigne pas Naples. Paru en 1953, ce livre révélait la personnalité marquante d'un nouvel auteur. Or, à près de quarante années de distance, et aussi bien comme document sur Naples que comme témoignage littéraire, il n'a rien perdu de sa force et de son originalité. Deux nouvelles et trois "reportages" composent le recueil. Le naturalisme des deux nouvelles prélude, tel le trompe-l'oeil d'un rideau de scène, aux descriptions goyesques de L'or de Forcella et de La ville involontaire, ainsi qu'à la visite du royaume des morts que constitue Le silence de la raison. Dans ce dernier texte, l'évocation des intellectuels napolitains, dont l'auteur partagea la jeunesse et les enthousiasmes à la fin de la guerre, se mêle au déchirement des illusions perdues et à la lucidité implacable du jugement. Et peu importe si le lecteur français ne connaît guère les écrivains en cause : ici, c'est le regard d'Anna Maria Ortese qui compte et qui envoûte, c'est la ferveur d'une intelligence et l'authenticité d'une vision.
Dans une Floride appartenant à un futur proche, un "meilleur des mondes" à la fois sombre et extrêmement vivant - finalement assez peu différent du nôtre -, quelques personnes âgées habitent dans les caravanes d'un village pour retraités. Parmi eux Vincent Margiotta et son épouse Lillian, un couple de septuagénaires qui ne cessent de se quereller depuis que cette dernière a décrété vouloir vivre seule. Ils reçoivent la visite de Denise, leur petite-fille, et de son ami Tink qui vont emmener Vince et l'une de ses amantes, Vola Byrd, dans un voyage vers Key West, pour tenter d'escroquer des trafiquants de drogue... Joe Ashby Porter invite le lecteur dans un feu d'artifice où l'on croise les figures d'Hemingway et de Gertrude Stein, de Fidel Castro, ou encore de Winnie Mandela. Dans ce roman plein d'humour, la vie, l'amour et la mort sont étroitement mêlés.
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