Le Moléson est dans le titre d'une de mes nouvelles, une espèce de souvenir. C'est une montagne du canton de Fribourg. Mes parents avaient décidé que je n'aurais pas à être paysan, qu'il fallait que je continue à étudier et que j'apprenne un peu de français. Pour cette raison, ils m'ont envoyé dans un collège de prêtres au pied du Moléson. " Giovanni Orelli Dans ces nouvelles qui passent du récit au conte ou à la fable, on retrouve les thèmes chers à l'auteur : l'école, le monde paysan, les animaux (domestiques et sauvages), l'inquiétude des mères dont les fils ont émigré, les amours de jeunesse (rêvées plus que consommées), la vieillisse, la vie et la mort. Si Giovanni Orelli les a publiées à 86 ans, sa verve insoumise n'en est pas moins accentuée. Une imagination débordante, soutenue par une ironie pleine de vie et jamais résignée, ne fait de concessions à rien ni à personne. Corollaire presque rabelaisien de cette veine, un enchevêtrement des langues et des langages ? italien standard, dialecte tessinois, citations latines, citations grecques, etc. ? qui est à son apogée dans la septième nouvelle, où l'instituteur d'un village isolé des Alpes d'adonne à des expérimentations poétiques dignes de l'Oulipo. Ces jeux côtoient une culture catholique omniprésente au même titre que les références à la culture classique, païenne. Un mélange irrésistible, porté par un regard critique et érudit qui ne fait jamais défaut.
Nombre de pages
200
Date de parution
21/02/2020
Poids
1 704g
Largeur
205mm
Plus d'informations
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EAN
9782889600175
Titre
Les myrtilles du Moléson
Auteur
Orelli Giovanni ; Weber Renato
Editeur
LA BACONNIERE
Largeur
205
Poids
1704
Date de parution
20200221
Nombre de pages
200,00 €
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Résumé : Quelques lettres de l'alphabet tracées sur une page de journal, la National Zeitung de Bâle, composent un tableau de Klee (Alphabet I). Partiellement effacé, sous la peinture de Klee, on lit le compte-rendu de la finale de la Coupe suisse de football de 1938. Le O de Klee mutile, ou cache à demi un nom, celui de Walacek, joueur suisse d'origine russe qui, cette année-là, prit une part décisive à la victoire de l'équipe nationale suisse sur l'équipe austro-allemande de Hitler, à Paris. A partir de ce rapprochement, une mémoire inventive tisse la trame d'événements historiques et fictifs, décisifs et anodins. Le lecteur est invité à un voyage narratif placé sous le signe du jeu et de la fantaisie, mais aussi d'une méditation plus dense. Des personnages imaginaires dialoguent avec des figures historiques, de Bertrand Russell à Klee lui-même, de l'avant-centre autrichien Sindelar à Hitler ; de même, les diverses langues s'associent-elles, quand l'Arioste donne la réplique à un paysan, quand des citations, des échos de Homère, de Pindare ou de Dante transforment la vie d'un homme en exemple de mémoire. Le goût pour les thèmes apparemment frivoles qui se resserrent soudains pour se développer en réflexions profondes apparaît aussi comme un hommage à Schopenhauer, sorte de miroir au pessimisme cosmique (et microcosmique) de l'auteur ; l'ombre du mal de l'histoire (le nazisme, 1938, veille de la guerre) s'étend sur les destins individuels. Seuls demeurent, non contaminés, le geste d'un artiste, l'?uvre d'un poète, le jeu inspiré d'un champion du ballon rond. Et les rêves aussi, les rêves de l'oublié Walacek qui peut-être, et par-dessus tout, recueillent par éclairs le rythme étrange et mystérieux de la vie.
Orelli Giovanni ; Viredaz Christian ; Giottonini M
Un village enneigé dans une vallée tessinoise isolée : tout près d'ici, et en même temps en dehors du temps. La nature maternelle est troublée par un crépitement à peine audible, qui pourrait tourner à l'effondrement, devenir apocalypse : c'est l'avalanche, suspendue à la montagne comme une malédiction. Il faudra quitter ces maisons, évacuer les lieux, partir ailleurs. Les habitants s'en vont, après avoir résisté le plus longtemps possible ; ils abandonnent le "bois sacré" , les vieux dans les cimetières, le superbe paysage alpestre rendu plus parfait encore par cette neige pourtant menaçante. Le narrateur aussi change d'horizon : il goûte à la ville et à ses saveurs, tout en cherchant à épancher la secrète obsession amoureuse née dans le silence du village, et à s'ouvrir à une nouvelle vie. Poète et romancier, Giovanni Orelli (1928-2016) est l'auteur d'une oeuvre majeure en langue italienne et en dialecte tessinois, consacrée en 2012 par le Grand Prix Schiller. L'année de l'avalanche (1965, prix Charles-Veillon) est considéré comme un des textes qui a fait entrer la production littéraire du Tessin dans la modernité.
Lorsqu'il émigre à New York en 1978, Sergueï Dovlatov cofonde un journal russophone, Le Nouvel Américain, dans l'idée de représenter "la troisième vague d'émigration soviétique", une génération plus lucide sur l'URSS et nourrie de culture américaine. La marche des solitaires recueille une grande partie de ses éditoriaux. Ces textes, sur fond de climat politique tendu entre l'URSS de Brejnev et les Etats-Unis de Reagan, nous plongent dans les débats qui agitent les cercles de l'immigration soviétique new-yorkaise, constituée de dissidents, d'intellectuels et d'artistes. Dovlatov et ses amis naviguent à vue dans ce nouveau pays, tentant de réaliser leurs rêves de succès sans (trop) compromettre leurs idéaux. Le recueil, inédit en français, rend compte de l'étonnant talent de Dovlatov pour explorer les complexités de l'existence humaine par le prisme du rire. "J'ai déjà écrit que nous avons de la peine à travailler. Le marché est exigu, le public inerte. Le saucisson se vend mieux que Nabokov."
Un groupe d'artistes, d'intellectuels et d'anarchistes se rassemble en 1900 en Suisse italienne, à la recherche d'un mode de vie "plus sain et plus naturel" . Au cours des premières décennies du XXe siècle, la colline où ils s'installent, rebaptisée Monte Verità, devient emblématique des nouvelles utopies ; en cherchant des alternatives aux conventions sociales, la colonie se tourne vers le végétarisme, la frugalité, le féminisme, et un nouveau rapport à la nature, au corps et à la nudité. De nombreux artistes y séjournent et elle devient, à partir de 1913, le berceau de la danse moderne en accueillant, entre autres, Isadora Duncan, Emile Jaques-Dalcroze et Rudolf Laban. Ida Hofmann, cofondatrice de cette colonie avec son compagnon Henri Oedenkoven, témoigne dans ce récit des conditions de sa création et de la tension permanente entre idéalisme et réalité qui a caractérisé cette expérience. Elle passe en revue les principaux acteurs et actrices qui l'ont animée sans cacher les conflits internes et les désillusions, offrant ainsi une vision complexe de leur recherche de vérité et de beauté. Dans une prose incisive, non dénuée d'ironie, Ida Hofmann invite le lecteur à considérer le Monte Verità comme une illustration des défis auxquels nous sommes confrontés dans notre quête d'authenticité et de sens. Ce témoignage précieux est inédit en français.
Adolf, qui préfère qu'on l'appelle Adi, grandit dans les années 1940 au nord de la France. Son père, employé agricole, traîne derrière lui de ferme en ferme une famille nombreuse et avare en affection. Sombre tableau. Alors, quand Adi est envoyé en Suisse alémanique pour travailler dans un hôtel, la séparation sonne comme une promesse pour le jeune homme avide de revanche sociale et tourmenté par une ambition douloureuse. Adi rêve d'autre chose, mais il a du mal à concilier les échappées que la vie lui offre avec ce qu'on lui a inculqué pour "être un homme" . Ce roman de la colère sonde les chemins tracés en quête du dépassement de ce qui nous construit. Par sa forme littéraire "caméra à l'épaule" , écrit à la deuxième personne et empruntant à l'argot et aux parlers régionaux, il nous encourage à une vision empathique du personnage.