Le seuil de l'ombre. Littérature, philosophie et peinture chez Giordano Bruno
Ordine Nuccio
BELLES LETTRES
35,00 €
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EAN :9782251420226
Du Chandelier (1582) aux Fureurs héroïques (1585), Giordano Bruno a étroitement noué philosophie, littérature et peinture. La série des sept ?uvres qu'il a rédigées en italien s'ouvre par une comédie dont le protagoniste est un peintre-philosophe ; elle se clôt avec un dialogue où un philosophe-peintre dessine et commente des. images. Philosopher et peindre, c'est d'abord partir de l'ombre, pour tenter désespérément d'en franchir le seuil : en témoignent tant le mythe platonicien et néoplatonicien de la Caverne que le mythe des origines de la peinture, cher à Pline et à Quintilien, à Alberti et à Vasari. Essentiel à la Renaissance, le thème de l'ombre sert ici de fil conducteur à une analyse claire et rigoureuse - complétée par un riche dossier iconographique - des textes italiens de Bruno. En retraçant ; leur genèse et leur développement, Nuccio Ordine fait apparaître la profonde unité qui relie la pièce parisienne aux six dialogues londoniens. Autant d'?uvres régies par un programme précis et organique : dans le Chandelier, qui joue à cet égard le rôle d'une véritable ouverture, se font déjà entendre les thèmes qu'orchestreront les six mouvements suivants de la " nouvelle philosophie ". Bruno écrit, à la lumière de l'infini, les rapports que l'homme entretient avec l'univers, avec la connaissance, avec la société ; et sur le plan littéraire, il montre que l'infinitude de l'univers abolit la hiérarchie des genres et des styles. Comédie et dialogue fusionnent, tandis que le comique se mêle au sérieux et le rire aux larmes. En osant tirer toutes les conséquences de sa cosmologie, en conférant aussi des sens imprévus aux images et aux mythes (tels ceux d'Actéon et de Narcisse), Bruno s'est montré profondément novateur ; ses audaces devaient lui coûter la vie.
Nombre de pages
379
Date de parution
04/04/2003
Poids
604g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782251420226
Titre
Le seuil de l'ombre. Littérature, philosophie et peinture chez Giordano Bruno
Auteur
Ordine Nuccio
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
150
Poids
604
Date de parution
20030404
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379,00 €
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Autour d'un lieu, d'un genre littraire, d'un symbole et d'un thme se donnent ici rendez-vous divers savoirs la Renaissance. L'ambassade de France Venise, au temps de Franois Ier, n'est pas seulement un centre d'espionnage et d'intrigues, mais aussi un atelier de philologie et un point de ralliement pour les crivains et les artistes. Le dialogue n'est pas exclusivement un modle narratif au service de la Cour ; il permet aussi d'exprimer avec audace une nouvelle vision du monde. Quant l'ne, cible traditionnelle de la satire, il participe aussi du Silne, en qui le srieux prime le comique. Le rire, enfin, ne parcourt pas moins la philosophie et la mdecine que la littrature et la potique. Dans les huit essais qui composent cet ouvrage, les distinctions s'effacent entres hommes de lettres, philosophes, mdecins, diplomates et artistes.
Il n?est pas vrai, pas même en temps de crise, que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés " inutiles " qui se révèlent en réalité d?une extraordinaire utilité. Nuccio Ordine, universitaire italien spécialiste de la Renaissance, met sa culture au service de la défense des humanités. Dans cet ardent pamphlet, il attire notre attention sur l?utilité de l?inutile et sur l?inutilité de l?utile. A travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-Tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L?Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, Garcia Marquez, Ionesco, Calvino), il montre comment l?obsession de posséder et le culte de l?utilité finissent par dessécher l?esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l?art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l?amour et la vérité.
Biographie de l'auteur Nuccio Ordine, professeur de théorie de la littérature à, l'Université de Calabre, est un spécialiste de la Renaissance et de Bruno, à qui il a précédemment consacré deux ouvrages : Le Seuil de l'ombre (2003) et Le Mystère de l'âne (1993).
Giordano BRUNO a posé comme théorie fondamentale les principes de la pluralité des mondes et de l'infinité de l'univers. Cela le conduit, sur le plan de la pensée, à une violente critique de la culture traditionnelle, de la philosophie, de la religion et de l'Eglise catholique, ainsi le de la société et de la conception figée et hiérarchisée du monde, tel que se le représentaient les penseurs et les autorités depuis l'Antiquité. Parallèlement, sur le plan de l'expression, son style, à l'égal de Rabelais , mêle sans cesse le haut et le bas, le trivial et le sublime. Pas de genre dogmatique ou déclamatoire : la vie même coule dans ce style où tout est dicible dans une liberté totale. Il s'agit d'une véritable création littéraire. L'essai de Nuccio Ordine repère, à partir d'une approche minutieuse de l'oeuvre, l'omniprésence de la figure de l'âne qui sert de clé de lecture. Figure emblématique, l'âne représente tantôt la sottise ordinaire, BRUNO prenant pour cible les cuistres et les faux maîtres universitaires et les ecclésiastiques, tantôt il symbolise les qualités de l'homme, simple et courageux, qui avance sur des voies difficiles. Ce livre concis et très documenté est un jalon important pour la connaissance une oeuvre majeure, longtemps occultée bien que très proche des grandes interrogations modernes.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Depuis sept ans, Le Bulletin des Belles Lettres est le compagnon idéal de vos bibliothèques, arpentant les livres et les époques avec pour seule boussole un thème annuel. Ce numéro part à la rencontre des langues imaginaires, nées par frictions étincelantes avec notre réalité commune. Il rend hommage à l'intraduisible, à ce qui se joue à la lisière des langues et des mondes connus. Certains tissent des mots comme un flot, de conscience ou de rimes. Chez Simine Dânechvar, Virginia Woolf et James Joyce, la langue romanesque prend des formes intimes qui subjuguent la conscience ; les poètes Yahya Kemal et Ahmet Hâsim réinventent l'art poétique turc ; avec Rilke la poésie passe d'une rive à l'autre ; Lewis Carroll fait du langage sa créature. D'autres parlent des langues nouvelles. Déchiffrez l'elfique de Tolkien et conversez en na?vi ; adonnez-vous à la glossolalie jubilatoire d'Antonin Artaud ; inventez des hiéroglyphes avec Athanasius Kircher ; écoutez la confession d'un interprète extra-terrestre mise en récit par Alexander Dickow et animée par Laurent Gapaillard. Cryptogrammes pirates, alphabets sorciers, runes merveilleuses et faux japonais d'un mythomane génial vous initieront au mystère des signes.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Émilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce « grand coeur catholique », qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot « prophétie ». Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un « théâtre dont la scène est le monde », épouse en une langue sublime les contours de l'Écriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l?Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.