La seconde nature du politique. Essai d'anthropologie négative
Ogilvie Bertrand ; Macherey Pierre
L'HARMATTAN
19,00 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782296569454
Que s'est-il passé au XXe siècle pour que les sciences humaines, qui semblaient devoir oeuvrer à l'émancipation des masses, en soient venues à figurer en bonne place parmi les instruments de leur servitude ? Que l'homme ne soit que coutume, que ses cultures lui tiennent lieu de nature, que ce registre oscille sans cesse entre l'ouverture et la fermeture, voila ce que l'expression de seconde nature permet d'entrevoir. C'est dans cet espace que se joue l'émergence du politique comme rapport de forces et comme exigence de justice. Le paradoxe contemporain consiste en ce que la reconnaissance de la dimension historique, c'est-à-dire l'indétermination fondamentale de l'humain, qui fonctionnait depuis deux siècles comme argument pour l'émancipation politique contre la pseudo-naturalité de l'ordre établi, est devenue le ressort de l'argumentaire néolibéral qui, se passant désormais de toute tentative de légitimation théologico-politique, entreprend d'investir sur le mode instrumental le champ de la mutabilité indéfinie des structures individuelles et collectives. A l'inverse, la résistance à cette formidable révolution marchande globalisatrice et démondialisante ne trouve plus à se dire que dans les termes d'une naturalité passéiste. Pour dépasser ce repli, il faut reconquérir l'idée qu'il n'y a d'humain qu'institué : il ne s'agit pas de trouver et de protéger une définition de la nature humaine donnée pour toujours, mais, au contraire, en admettant qu'il n'est de nature que seconde, de proposer de nouvelles institutionnalisations prioritairement orientées vers la recherche de nouvelles conditions de possibilité de l'existence collective, au lieu de céder aux conditions d'impossibilités qui nous sont faites.
Nombre de pages
173
Date de parution
16/02/2012
Poids
225g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296569454
Titre
La seconde nature du politique. Essai d'anthropologie négative
Auteur
Ogilvie Bertrand ; Macherey Pierre
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
225
Date de parution
20120216
Nombre de pages
173,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Pourquoi auraient-ils besoin de ces Ecrits qui sont, paraît-il, incompréhensibles? Ils ont peut-être besoin d'avoir un endroit où ils s'aperçoivent qu'on parle de ce qu'ils ne comprennent pas" (Lacan). Au-delà de la boutade, une idée simple: réputés difficiles, les textes de Lacan intriguent ou agacent, constituent en tout cas un pôle d'attraction; cet intérêt est lié à l'objet de ces textes et au style de l'?uvre. Lacan parle de l'inconscient et du désir dans des termes qui rebutent la conscience ordinaire, et en cela il ne fait rien d'autre que de tenir à chacun le discours de son inconscient. Ce petit livre montre que ces textes n'en restent pas moins lisibles, surtout quand on étudie leur histoire. Lacan s'est posé un problème, celui du sujet, et c'est l'élaboration de ce problème qui est d'abord racontée ici. Les positions qu'il adopte alors, bien avant d'être aussi connues qu'elles le sont aujourd'hui, anticipent les débats actuels sur la spécificité de la causalité psychique.
Ce livre témoigne d'une réflexion menée pendant une dizaine d'années sur le travail. Il porte la trace d'un déplacement d'accent qui ne doit pas être effacé : l'hésitation qu'il recèle est en elle-même un enjeu. En effet, passer d'une reconnaissance de la dimension émancipatrice du travail comme lieu de désobéissance possible à l'accentuation de son lien à la mort, au négatif, présent dès le départ mais qui l'emporte de plus en plus dans le contexte néolibéral, ce n'est pas changer d'avis sur la signification de la dimension laborieuse de l'existence sociale, mais accepter qu'elle soit le lieu d'une contradiction pour l'instant insoluble. Au lieu d'opposer les deux libérations du travail, celle où le travail se libère et celle où l'on s'en libère, il faut sans doute essayer de penser comment on ne peut se libérer du travail qu'en le libérant. La question cruciale est de savoir laquelle des deux libérations domine l'autre, ou laquelle s'effectue sous domination de l'autre. Disons que l'orientation de ces réflexions penche plutôt vers l'idée que, dans le contexte d'une lutte politique, la libération du travail, sa réorganisation, ne devrait se faire que dans la perspective de son abolition, mais que cette abolition ne peut s'amorcer que sur la base de sa réorganisation, ou de sa désorganisation... Par ailleurs, les destructions à l'oeuvre dans le monde du travail ne peuvent aucunement être confondues avec l'abolition du travail, elles en constituent plutôt une métamorphose qui déploie au maximum sa négativité, et qui renforce le travail tout en le dépassant. Souligner cette perspective, c'est faire apparaître du même coup d'autres orientations, dans lesquelles son dépassement pourrait oeuvrer au contraire à son abolition.
C'est un secret de Polichinelle : on n'apprend rien à l'Ecole. Rien sinon qu'au départ, soi-disant, on ne sait rien. Pour l'enfant, disqualifié, l'important à l'Ecole, c'est d'apprendre à obéir, peu importe à quoi. Certes on ne parle pas ici de ces moments enchantés où grâce à la parole d'un maître on s'est engagé sur la voie de l'émancipation intellectuelle. Ces récits, légendaires, bien d'entre nous en ont plein leur besace. Mais "bien d'entre nous" , c'est combien ? Ce n'est pas de ce nous là qu'il s'agit dans ce livre mais de l'Ecole comme système : lieu d'échec, d'ennui et de dévalorisation pour le plus grand nombre. Or une appropriation joyeuse des pratiques et des savoirs est chose aisée, peu coûteuse et libératrice. Mais c'est avant tout une volonté politique et une autre idée d'enfance.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...