Ce livre, œuvre d'un groupe de professionnels et d'universitaires, est une épreuve de lucidité. Entre le ronron des gestionnaires de " dispositifs " - Même si bien " managés " - et les utopies salvatrices des penseurs du social, il incite à une expertise rigoureuse d'une grande innovation née en fin 1988 devenue au fil du temps un des piliers d'une politique dite globale de lutte contre les exclusions. En effet, le RMI a été considéré et a fonctionné dans les premières années comme un outil permettant de transformer radicalement le regard et les pratiques de la société et des institutions sur ce quo l'on appelait à l'époque les " nouveaux pauvres ". Là, il est devenu, peu à peu, un segment des politiques d'assistance, un outil bâtard d'une insertion mal définie. bref un secteur du social parmi d'autres. Les incantations globalisatrices sur l'impôt négatif ou le revenu minimum d'existence ne changeront rien à cela. La lutte contre l'exclusion ne se décrète pas, elle s'organise concrètement et au quotidien de ses formes locales. C'est à cet objectif que se sont attelés les auteurs de ce livre, convaincus qu'ils sont que point n'est besoin de grandes politiques nouvelles pour peu qu'on s'attache en permanence à usiner les outils que nous proposent celles qui existent. La pauvreté et la précarité sont un processus et une dynamique, nous dit-on, les politiques publiques le sont aussi. Alors apprenons à gérer ensemble ces processus pour qu'enfin une prospective de la cohésion sociale soit un projet tenable et non pas incantatoire.
Nombre de pages
235
Date de parution
01/11/2003
Poids
336g
Plus d'informations
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EAN
9782747510967
Titre
Le RMI et après ?
ISBN
2747510964
Auteur
Offredi Claudine ; Martin Gérard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
336
Date de parution
20031101
Nombre de pages
235,00 €
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La question de l'évaluation appliquée au développement durable requiert une certaine exigence car elle suppose d'effectuer le choix des "bons" supports scientifique, méthodologique, et technique afin d'être utile à la réflexion et inspirer l'action. Exigence et défi importants auxquels s'est livrée la Société Française d'évaluation dans son Ve Colloque annuel organisé à Limoges en octobre 2003. La thématique du développement durable ne laisse pas indifférent car elle croise plusieurs questions qui sont au cœur de ce que chacun, à des degrés divers, peut ressentir comme faisant partie de son intimité : la question des inégalités, des solidarités inter-générationnelles, de la qualité de l'environnement et de la nécessité de sa préservation. Et pourtant, les démarches entreprises au nom du développement durable n'offrent pas de lisibilité immédiate. Sans doute parce qu'il n'existe pas de passerelle rationnelle et mécanique entre les trois dimensions sociale, économique et environnementale - loin s'en faut- et que l'articulation de ces dimensions renvoie fondamentalement à la question plus philosophique de la finalité des activités humaines. Peut-on continuer à se développer et durer ou, autrement dit, comment faire passer l'idée que la,"durabilité" de nos sociétés s'inscrit dans une réponse humaine à la croissance ? Cette question des finalités est consubstantielle à l'activité d'évaluation. En effet, les pratiques d'évaluation en France -et particulièrement celles qui fondent l'objet de la SFE c'est-à-dire, les pratiques d'évaluation des actions publiques définies comme activités institutionnelles parties prenantes du management public et du fonctionnement du système politique- s'inscrivent sur trois registres non dissociables : celui de la connaissance et de la mesure, celui du jugement et celui de l'action ou de l'aide à la décision. Ces trois registres, situés au confluent des sciences sociales et du management public, supposent que soient traitées ensemble d'une part les questions relatives au sens et à la finalité des programmes, actions et politiques envisagés et d'autre part, les questions relatives à l'efficacité et à la réussite de ces derniers. Les contributions d'auteurs réunies dans ce livre ont été choisies quant à leur aptitude à couvrir ces deux dimensions.
La démonstration du bienfondé d'une activité ou d'un dispositif ne se satisfait pas de la seule comptabilisation des activités en termes d'efficacité, d'efficience et de cohérence. La preuve doit être faite que les actions conduites rendent compte d'une "plus-value sociale". L'utilité sociale est ici qualifiée de différents points de vue ; elle renvoie à un champ de valeurs telles que la solidarité, le bien-être individuel et social, le lien social, les biens publics, la cohésion sociale et la reconnaissance.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...