Un homme parle d'un camp, situé quelque part en Europe, l'époque est un avenir figé. L'homme a grandi dans le camp comme petit-enfant de celui qui l'a fondé. Dès le début, c'était une sorte de colonie pour jeunes puis l'horizon s'est assombri et l'idéalisme a pris de plus en plus des traits fascistes. Puis le camp est tombé dans l'oubli, seul le gamin et sa famille sont restés. Les baraquements se sont effondrés. Mais soudain une nouvelle époque trouve de nouvelles tâches pour ce camp. Un grand groupe de fugitifs s'y réfugient, une maladie mystérieuse se répand, la menace grandit, tout comme la violence. " Ainsi Per Odensten parle-t-il d'Une lampe à ténèbres, roman saisissant et déroutant, véritable expérience littéraire d'une grande richesse thématique et philosophique qui n'hésite pas à jouer avec les règles du langage. Le narrateur, un homme sans pouce. témoigne d'événements qui se sont déroulés dans ce camp, des manipulations qui font écho à la fois aux régimes totalitaires du vingtième siècle et à des crimes de guerre contemporains tels que l'Europe croyait sans doute ne plus jamais en connaître. Une méditation brillante et sensible sur la liberté et son prix, sur la responsabilité collective et la manière dont le pouvoir déforme les hommes.
Une journaliste déterminée et un agent du FBI récalcitrant affrontent des éléments fascistes dans ce thriller historique qui se déroule à Boston durant la Seconde Guerre mondiale. Une nouvelle saga de Thomas Mullen dans la veine de la trilogie d'Atlanta, qui aborde cette fois-ci l'antisémitisme et les fake news.
Au coeur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s'y rencontrent au hasard de leurs pérégrinations, parfois d'un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d'elle-même, Flavio, l'érudit solitaire, Lénine qui s'invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d'une existence commune, oscillant entre le désir de s'ancrer et la peur de l'avenir. Portée par une écriture magnétique, Emilie Desvaux explore un Japon hors des sentiers battus.
Girlfriend on Mars est un récit à la fois pop, sarcastique et doux-amer qui nous fait suivre deux personnes qui luttent à leur manière face à leur éco-anxiété. Cynique, drôle et terriblement touchante, l’histoire de ces deux protagonistes abîmés par la vie et désespérés est une petite pépite de tendresse. Dénonçant la société consumériste et du paraître avec un humour piquant, le roman est aussi le récit intime d’un amour tragique et se fait porte-parole d’une génération qui aurait grand besoin d’espoir.
L'inspecteur principal Claude Schneider, héros du Carré des indigents vient d'être appelé sur un incendie : une ancienne ébénisterie a été réduite en cendres. Les premières constatations révèlent la présence de trois corps calcinés dans le sous-sol. Très vite l'origine criminelle est confirmée et la police ne tarde pas à recevoir le témoignage d'un maçon, qui aurait été contacté pour allumer l'incendie contre une rétribution substantielle. Schneider et le Groupe Criminel se lancent sur la piste du commanditaire...
Logn est biochimiste, spécialisée dans les cellules, les plus petits éléments du corps humain. Elle a 61 ans, s'est toujours sentie femme mais est née dans un corps d'homme. Longtemps elle a tenté de s'en accommoder, s'est parfois habillée en femme, a parfois couché avec des hommes, a été DJ dans un bar gay. Puis elle s'est mariée avec Sonja, a eu un fils, qui lui-même est devenu adulte. Et soudain c'est devenu intolérable, à se jeter dans l'océan pour ne plus jamais reparaître : elle ne veut pas, quand la mort la rattrapera, que son cercueil se referme sur un corps qui ne lui correspond pas. Divorce, traitement hormonal, et bientôt, elle l'espère, l'opération du bas. A son âge ? Sa famille l'a rejetée, ses soeurs refusent qu'elle porte le prénom de leur grand-mère Guðriður. Son seul soutien est son frère jumeau, Trausti, qui passe la voir tous les jours et l'appelle pour lui souhaiter bonne nuit. Il veille sur elle. Face au désarroi d'avoir perdu un frère, il ne peut prendre le risque de perdre aussi sa soeur. Avec délicatesse, une pudeur salvatrice et une poésie de chaque instant, DJ Bambi s'attache aux questions d'identité, aux marginalités et au temps qui passe, en une merveilleuse ode au genre féminin.
L'Islandais était ce qui subsistait de l'Européen lorsque les tempêtes l'avaient débarrassé des oripeaux de la civilisation et de l'élégance. La culture islandaise était l'humanité crue". En cette année 1906, l'Islande se libère de mille ans de misère et commence à entrer dans le monde moderne. Gestur Eilífsson a dix-huit ans et subvient aux besoins de sa famille adoptive dans sa petite maison près de Segulfjörður. Pendant les six semaines que dure la saison de la pêche au hareng, le fjord et la ville se transforment en véritable eldorado, où des milliers de marins norvégiens ivres envahissent les bars illégaux, dansent sur les quais jusqu'au petit matin, se battent et fréquentent les prostituées de la petite ville, surnommée la Gomorrhe islandaise. Gestur voit là une occasion de gagner de l'argent et de sortir sa famille de l'âge de pierre, de quitter la cabane en tourbe pour une vraie maison en bois - le rêve de tout Islandais. Ce faisant, il perd sa vertu, tombe plusieurs fois amoureux et trace son chemin parsemé de nombreux coups du sort. Dans Soixante kilos de coups durs, l'auteur décrit ce petit monde islandais qui change avec une verve truculente et un humour mordant, tout en reprenant la veine du roman réaliste. Avec ce deuxième volume consacré à Segulfjörður, Hallgrímur Helgason s'inscrit dans la tradition des grands conteurs d'histoires scandinaves.
En Islande, la lumière fait défaut en hiver. Donc quand elle se montre, on sait l’apprécier. La vie s’articule autour d’elle. On la guette, on la célèbre, on s’émerveille. La narratrice fait partie d’une lignée de sage-femmes, ljosmodir en islandais, littéralement « mère de la lumière ». L’enfant à naître représente la lumière, et à travers lui la vie – les idées de vie et de lumière se confondent dans ce doux ballet poétique que nous propose la très talentueuse Audur Ava Olafsdottir.
Résumé : Alba voyage aux quatre coins du monde pour des colloques sur les langues en voie d'extinction. De retour à Reykjavík, elle fait le compte : pour compenser son empreinte carbone, il lui faudrait planter 5 600 arbres. Ni une ni deux, elle repère un terrain de roche, de lave et de sable avec une petite maison. Rien n'est censé pousser là mais Alba y projette déjà une colonie de bouleaux. Peu à peu, Alba apprivoise son jardin d'Eden. Elle s'équipe au rayon bricolage de la boulangerie, prête l'oreille à son voisin qui lutte contre un projet d'usine à glaçons, et s'attache à un jeune réfugié prêt à absorber tout le dictionnaire... Ode au pouvoir infini des mots, Eden explore notre faculté à déjouer les paradoxes de l'existence, à nous réinventer. Un régal d'humour et d'humanité.