La gloire des vrais poètes est lente, discrète et chaleureuse comme une braise inextinguible, qui habite d'abord le coeur de quelques-uns, puis se propage de proche en proche et de génération en génération pour toujours plus enrichir et réchauffer les meilleurs. Plus intime que toutes, celle de Novalis aura mis un siècle à s'épanouir, deux pour quitter sa langue et arriver jusqu'à nous, beaucoup plus proche et plus vivante dans sa magie, plus efficace et plus utile à l'âme que tant de voix contemporaines déracinées de leur éternité par la rage de l'actualité. L'audiovisuel tambourine, pétarade, multipliant ses agressions et ses violences ; mais entre le lecteur et ce qui est écrit, même si l'on feint de l'ignorer, il y a un pacte de silence qui est le chemin le plus sûr, la voie de toutes les reconquêtes ; car "le chemin mystérieux va vers l'intérieur" , mène vers le dedans. L'univers est en nous, et dehors, il n'y a que l'orage des apparences. "Là où il n'y a plus de dieux, règnent les spectres". Esprit de haute précision, d'une curiosité intellectuelle extraordinaire, Novalis, de 1772 à 1802, n'aura eu que vingt-neuf ans pour disposer de son génie, inaugurer et fonder le romantisme, s'initier à l'invisible et opérer cette prodigieuse conversion à la mort (quand il perdit sa bien-aimée) qui lui ouvrit les portes des grands mystères, et lui permit de nous laisser le pur diamant de son OEuvre, réunie ici en français pour la première fois : une oeuvre où bien souvent les mots, réconciliés soudain avec leur vrai destin spirituel, prennent un accent et acquièrent un pouvoir unique dans l'histoire des littératures, ont une force de pénétration et un retentissement auxquels il suffit de se prêter pour découvrir soi-même, tout simplement, des perspectives nouvelles, immenses et géniales, à son tour.
Nombre de pages
458
Date de parution
06/02/1975
Poids
456g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782070284290
Titre
Oeuvres complètes. Tome 1
Auteur
NOVALIS
Editeur
GALLIMARD
Largeur
152
Poids
456
Date de parution
19750206
Nombre de pages
458,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Texte de référence du premier romantisme allemand, les Hymnes à la nuit de Novalis sont un chef-d'oeuvre incontestable de la poésie allemande. Novalis y célèbre les puissances de la Nuit. Par leur association du vers et de la prose, leurs renvois habilement entremêlés au christianisme, à Young, Schiller, Böhme et Shakespeare, les Hymnes n'ont cessé d'influencer les écrivains allemands jusqu'à l'époque moderne. Les Chants spirituels, publiés après la mort de l'écrivain, ont pour certains été adoptés par les Eglises protestantes. Par leur utilisation raffinée et ciselée des images, ils expriment toute la complexité du rapport de Novalis au religieux. Les Disciples à Saïs constituent le premier roman de Novalis. Non publié de son vivant et demeuré inachevé, ce texte fut composé à partir de 1798. Il se présente comme un "roman de la nature" en deux parties et participe d'une Naturphilosophie dont la moindre énigme n'est pas son caractère supérieurement poétique. A côté de ses relevés, de ses calculs, de ses analyses organiques du sol, l'assesseur des Salines de Weissenfels tente de penser la nature qui, dans ce récit, s'offre comme un langage chiffré, opaque, tissé de signes énigmatiques qui convoquent le pouvoir interprétatif du lecteur.
Foncièrement et par nature, Henri était né pour être poète. Tous les hasards semblaient converger et s'unir pour sa formation, et rien encore n'était venu contrarier le vif éveil de sa vie intérieure. Tout ce qu'il voyait, tout ce qu'il entendait n'était que pour, semblait-il, lui ôter un nouveau verrou au-dedans de lui-même, lui ouvrir une fenêtre nouvelle. Il voyait devant lui s'étaler le monde dans toute l'étendue et la diversité de ses modalités entremêlées et sans cesse changeantes. Mais c'était un monde encore muet, et son âme, la parole, n'y était toujours pas éveillée. Or, déjà s'approchait un poète qui tenait par la main une adorable jeune fille, afin que, par les sons de la langue maternelle et la caresse exquise et douce d'une tendre bouche, s'ouvrissent les lèvres stupides et qu'en mélodies infinies se développât le simple accord".
La gloire des vrais poètes est lente, discrète et chaleureuse comme une braise inextinguible, qui habite d'abord le coeur de quelques-uns, puis se propage de proche en proche et de génération en génération pour toujours plus enrichir et réchauffer les meilleurs. Plus intime que toutes, celle de Novalis aura mis un siècle à s'épanouir, deux pour quitter sa langue et arriver jusqu'à nous, beaucoup plus proche et plus vivante dans sa magie, plus efficace et plus utile à l'âme que tant de voix contemporaines déracinées de leur éternité par la rage de l'actualité. L'audiovisuel tambourine, pétarade, multipliant ses agressions et ses violences ; mais entre le lecteur et ce qui est écrit, même si l'on feint de l'ignorer, il y a un pacte de silence qui est le chemin le plus sûr, la voie de toutes les reconquêtes ; car "le chemin mystérieux va vers l'intérieur", mène vers le dedans. L'univers est en nous, et dehors, il n'y a que l'orage des apparences. "Là où il n'y a plus de dieux, règnent les spectres." Esprit de haute précision, d'une curiosité intellectuelle extraordinaire, Novalis, de 1772 à 1802, n'aura eu que vingt-neuf ans pour disposer de son génie, inaugurer et fonder le romantisme, s'initier à l'invisible et opérer cette prodigieuse conversion à la mort (quand il perdit sa bien-aimée) qui lui ouvrit les portes des grands mystères, et lui permit de nous laisser le pur diamant de son ?uvre, réunie ici en français pour la première fois : une oeuvre où bien souvent les mots, réconciliés soudain avec leur vrai destin spirituel, prennent un accent et acquièrent un pouvoir unique dans l'histoire des littératures, ont une force de pénétration et un retentissement auxquels il suffit de se prêter pour découvrir soi-même, tout simplement, des perspectives nouvelles, immenses et géniales, à son tour. Lire Novalis ne peut rien apporter à sa gloire : c'est se faire honneur à soi-même et c'est se rendre un bienfait. Quiconque le mérite, en effet, est devenu un autre en quittant sa lecture, et cet " autre " ressemble beaucoup plus à celui que chacun se doit d'être.
Plus qu'un patriote, plus qu'un esprit (et quel esprit ! ? il a côtoyé Fichte, Hölderlin et Schlegel), Novalis est, selon l'expression d'Armel Guerne, un "famélique du ciel". Sa poésie est tension absolue vers l'infini. Totalement débarrassé de toute considération matérialiste et terrestre, Novalis n'a de cesse d'expérimenter, par l'écriture poétique, la potentialité puis l'effectivité de l'Éternité. Dans les Hymnes à la nuit parus en 1800 dans la revue Athenaeum dirigée par Schlegel, Novalis compose une grande ode à la déesse Nuit et aux dieux afin de conjurer le sort fatal qui emporta sa jeune fiancée, Sophie von Kühn. Écrits en vers, parfois aussi sous une forme plus libre qui s'abandonne à la poésie en prose, les Hymnes à la nuit avancent implacablement sur les sentiers d'un chemin de croix poétique. Novalis cherche l'espérance et la rédemption en s'adressant à la nuit et aux dieux. Sans crainte et sans orgueil, Novalis dévisage les dieux : "Là où il n'y a plus de dieux, règnent les spectres", proclame-t-il à la nuit. Les Hymnes à la nuit sont les derniers écrits poétiques de Novalis. À peine sont-ils achevés que le jeune poète meurt. Il n'est alors âgé que de 28 ans, mais il sait qu'il est à jamais entré glorieux dans "l'éternité de la nuit nuptiale". Délivré du doute et réconcilié avec la mort, Novalis parvient à la fin de ses hymnes à apprivoiser ses peurs et à domestiquer la nuit, ils sont devenus sources de joie, ils sont ses "béatitudes infinies". --Denis Gombert
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.