A question du rôle et des places (genrées) est incontournable pour avoir une approche féministe de la famille. C'est, parmi les rôles les plus ancrés dans la culture haïtienne, l'archétype de la fanm potomitan [la femme soutien de la famille], le potomitan étant le poteau central du temple vaudou - ce serait une récompense que d'être une fanm potomitan - que Doris Lapommeray nous invite à refuser. L'autre place dans la famille, est celle de l'enfant. Darline Alexis nous propose de questionner son absence/présence/prétexte dans la littérature haïtienne. Il sera aussi question de la famille que l'on choisit, avec les textes de Michèle Lemoine sur la famille artistique et de Jeanne-Elsa Chery sur les femmes en politique. Qu'en est-il de la famille dont on hérite ? : Sharma Aurelien nous présente un état des lieux des luttes féministes autour de la question des familles monoparentales que les femmes tiennent à bout de bras. La famille et le couple restent pour les femmes l'espace de prédilection des violences patriarcales sous toutes leurs formes ; Stéphanie François et Dorvensca M. Isaac nous offrent deux textes de fictions sur le sujet. Il sera aussi question de la famille à laquelle les femmes incarcérées sont arrachées et des liens impossibles à retisser avec leurs enfants et proches à la sortie. Parfois, plus que d'autres, c'est une famille qui nous choisit ? : c'est le cas de Sergina Trenti et Jessica Lundi-Léandre, toutes les deux nées en Haïti et adoptées par des familles blanches françaises.
Nombre de pages
164
Date de parution
24/11/2022
Poids
194g
Largeur
148mm
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EAN
9791039901055
Titre
Alaso. Fanmi
Auteur
Noël Fania
Editeur
SYLLEPSE
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148
Poids
194
Date de parution
20221124
Nombre de pages
164,00 €
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Membre du collectif Mwasi, cofondatrice de la revue AssiégéEs, Fania Noël est une des militantes qui ont lancé le mouvement afroféministe en France dans les années 2010. Dans Et maintenant le pouvoir, elle déploie le corpus théorique des féminismes Noirs et aborde des thématiques telles que la famille, la misogynoir, l'intersectionnalité, le néolibéralisme ou encore l'écologie. Puisant parfois ses exemples dans la pop culture ou analysant le traitement médiatique de certains faits divers, cet essai au style offensif dont les femmes Noires sont le sujet politique est une proposition afroféministe radicale pour toutes les conditions subalternes. Une réflexion qui ne vient ni demander ni réclamer, mais qui veut notifier un projet dont l'objectif est de faire advenir un monde nouveau, débarrassé des systèmes de domination.
Afroféminisme, Féminismes Noirs (avec des majuscules), femmes Noires qui sont féministes, femmes Noires engagées politiquement, féminisme décolonial, féminismes intersectionnels, féminisme africain. Autant de dénominations et de catégories identitaires utilisées de manière interchangeable qui entretiennent souvent des malentendus. Ce livre présente une histoire des Féminismes Noirs et les grands concepts qui sous-tendent leurs luttes. L'autrice aborde plusieurs thématiques dans lesquelles ces féminismes s'engagent et produisent une pensée qui fournit un bagage théorique et militant incontournable pour la justice sociale, antipatriarcale et anticapitaliste - l'espace à soi, l'abolitionnisme carcéral, la mémoire de l'esclavage, le rapport au corps, sans faire l'économie des sujets qui divisent encore.
Dous, le plaisir et le désir, est abordé dans ce numéro au niveaux personnel, intime et politique, parfois entremêlés. Il s'ouvre avec trois textes: Melissa Paultre et son poème sur le plaisir que procure le consentement; Ruth Dharwina Valmyr qui analyse l'archétype et le stéréotype qui se cache derrière le «fanm Okap dous» («douce femme capitaine»)?; et la dramaturge Andrise Pierre qui revisite À travers une voix de femme tous les moments manqués qui ont bâti les rapports problématiques et non apaisés avec le corps et la sexualité. L'autrice féministe lesbienne Thara Layna Marucheka Saint Hilaire nous offre un moment de vulnérabilité et d'intimité politique avec sa lettre, adressée à ses soeurs, qui aborde comment la lesbophobie en Haïti emprisonne, violente et bride. Une transition parfaite avant la reproduction d'un extrait du livre de l'universitaire et autrice Myrian J. A Chancy, Subversive Sexualities qui analyse comment les femmes queer dans la Caraïbe transgressent, subvertissent et résistent à la domination patriarcale et au-delà. Il n'était pas possible de parler de plaisir sans parler de l'internet, qui met à disposition, formate, et organise le désir, le plaisir et sa marchandisation. Micaëlle Charles s'est entretenue avec la fondatrice de la très populaire et très suivie page Instagram Sèt Zèl. Cette discussion permet de comprendre comment un espace ouvert et public peut aussi être un espace safe pour parler de sexualités, centré sur les femmes. Et parce que le plaisir ne recouvre pas seulement la sexualité, mais d'autres sens, la musique est un thème central de la culture haïtienne où les femmes sont marginalisées. On retrouvera une interview croisée entre Tafa Mi-Soleil et Nathalie Joachim, facilité par Gaëlle Bien-Aimé?; un moment de douceur, d'intimité et de joie. Si le thème de ce numéro est un choix qui illustre la volonté de maintenir un cap, il contient aussi un retour sur ce qui est fait en dehors de ces pages.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.