Thomas Nipperley, professeur à Munich, est hautement représentatif de cette génération des historiens allemands qui n'ont connu le nazisme qu'à l'adolescence et qui, par-delà l'épisode hitlérien, cherchent à retrouver le sens profond et les fils conducteurs de leur propre histoire. Parallèlement donc à une volumineuse Histoire de l'Allemagne, cet ensemble d'essais et de réflexions compose comme le chapelet de la mémoire historique allemande, ses stations, les moments forts de sa formation. Le poids du Moyen Age, Luther et le monde moderne, la tendance au fédéralisme, le nationalisme romantique, la Prusse et l'Université, le rôle historique et social de Guillaume II, 1933 et la continuité de l'histoire allemande : autant d'entrées et de clés, autant de problèmes auxquels une réflexion générale sur l'esprit actuel de l'histoire, l'utilité de la ressaisie du passé et le sens de l'année 1990 donne leur véritable portée. On trouvera même ici une remarquable analyse de la cathédrale de Cologne comme monument à la nation qui est exactement ce que nous appellerions, nous, désormais, un "lieu de mémoire".
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Qu'est-ce qui nous amène à vouloir repousser nos limites humaines ? Que nous apprennent la connaissance et l'exploration de l'espace comme de l'Univers ? Pourquoi faut-il continuer à imaginer et à financer de grands projets scientifiques ? Pourquoi regarder vers les étoiles, c'est s'intéresser à notre planète ? Comment la science peut-elle résister aux conflits internationaux ? Dans un dialogue vif et engagé, Thomas Pesquet, astronaute, et Etienne Klein, physicien, répondent à toutes ces questions et à bien d'autres, et partagent avec nous leur passion pour les découvertes, la science, les infinis. Toujours avides de nouvelles expériences et défendant un optimisme raisonné, ils nous invitent à travers ce livre à continuer à rêver, mais lucidement.
Programmes surchargés, obsession de l'évaluation et de la compétition, manque de temps et de moyens : l'enseignement et la recherche souffrent de nombreux maux. En plus de produire des élèves, étudiants et chercheurs malheureux, dont le désir de comprendre est malmené, tout cela menace la survie de sociétés humaines qui, depuis leurs lointaines origines, dépendent de la création continue de connaissances pour s'adapter à des environnements changeants. A l'heure où les sciences sont attaquées de toutes parts, il devient vital de rompre avec ces logiques destructrices et de mettre en oeuvre une politique révolutionnaire de l'enseignement et de la création scientifique.
De l'IA à la conquête spatiale : la nouvelle géopolitique du salut technologique. Cet essai plonge au coeur de la philosophie de la Silicon Valley : le technofuturisme. Adossé à trois piliers - transhumanisme, maîtrise des risques existentiels et expansion spatiale -, il révèle l'ambition d'une république technologique où l'intelligence artificielle assoit la suprématie des puissances. Mais sous la promesse d'émancipation se profile une inquiétude, celle d'un avenir que la technologie pourrait écrire sans nous, reléguant l'humain aux marges de son propre récit. Jean-Noël Missa, docteur en médecine et en philosophie, est directeur de recherches au FNRS et professeur à l'ULB.