Molotov n'a pas eu de chance avec ses biographes", estime son petit-fils, Vyatcheslav Nikonov. En aura-t-il plus cette fois ? L'auteur nous avertit dès les premières lignes : il s'agit de la biographie de son grand-père, qu'il admire. Pourquoi le lire ? Parce qu'il traite par le détail d'un des personnages- clés du vingtième siècle. Parce qu'il raconte la genèse et les exploits d'un système dont on n'a souvent retenu que les échecs, le déclin, puis la soudaine disparition. Parce que ce livre bouscule la culture historique par un éclairage neuf de faits, de dates et de vérités que les livres d'histoire occultent généralement. Ce travail d'historien est la plaidoirie indispensable à l'instruction d'un procès équitable du socialisme soviétique. On peut d'ailleurs s'étonner de ce que Molotov, qui bénéficia finalement d'une longue et relativement paisible retraite, n'a pas écrit d'autobiographie. Son petit-fils nous livre la raison qu'il lui en donna dans l'intimité familiale : "Lénine et Staline n'ont pas écrit de mémoires". Comprendre : ce n'est pas là le travail d'un véritable révolutionnaire, qui doit projeter son regard en avant et non en arrière. Voici pour ceux d'entre nous qui ne sont pas des révolutionnaires une lacune comblée : nous pouvons regarder en arrière et nous instruire. Ce livre est un "cocktail Molotov" lancé sur nos certitudes. Les lieux communs de l'historiographie reçoivent un éclairage nouveau et passionnant. Pas neutre ni exhaustif, il constitue pourtant un indispensable complément d'enquête. Christophe Trontin
L'auteur nous emmène dans un court voyage historique, géographique, politique et anthropologique en Russie, du Xe siècle à nos jours, de Kiev à la Moscovie et de la Moscovie à Moscou. La démarche n'est pas gratuite, elle vise à nous faire comprendre comment la formation du pays, sa taille, son climat ont façonné le caractère russe. Nous sommes appelés à réfléchir à l'impact que les nombreuses invasions ont pu avoir sur les réflexes géopolitiques russes d'aujourd'hui. La façon dont le pays s'est édifié par une sorte de "colonisation intérieure" est également soumise à l'analyse de cet agrégé d'histoire perspicace. La culture russe s'est formée dans ces périodes de construction nationale. Des expériences récentes ont aussi marqué l'inconscient collectif du pays comme la chute de l'URSS et la période de chaos économique, social, financier et politique qui s'en est suivi de 1991 à 2000. Un chaos affublé à l'époque du nom de "démocratie". Rien n'est inutile dans le livre et le fil rouge de cette analyse large est résumé dans son titre. Chaque chapitre a pour but unique d'aider le lecteur à "Comprendre la Russie". On ne peut apprécier un partenaire que si on le comprend. Souhaitons que ce livre nous y aide.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...