La pensée tragique. "Le Prométhée enchaîné" d'Eschyle - Essai de philosophie et de dialogue entre cu
Nguyên Dang Truc
L'HARMATTAN
32,50 €
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EAN :9782343167787
Plus d'un des penseurs des Temps Modernes tels Goethe, Nietzsche ainsi que leurs héritiers se sont réclamés de l'autorité d'Eschyle, surtout de son oeuvre Le Prométhée enchaîné, pour justifier le bien-fondé de leur pensée. Or, en analysant le texte et le contexte de cette oeuvre emblématique, cet essai démontre que les maîtres du "prométhéisme" des Temps Modernes ont ignoré complètement l'essentiel de son message et que, pis encore, ils l'ont contredit. Ce faisant, il fait découvrir les intuitions fondamentales relatives à une humanité cachée ou transcendante, laquelle se présente comme l'unique message, non seulement du Prométhée enchaîné d'Eschyle mais aussi de la sagesse de l'Antiquité grecque.
Nombre de pages
287
Date de parution
23/05/2019
Poids
450g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343167787
Titre
La pensée tragique. "Le Prométhée enchaîné" d'Eschyle - Essai de philosophie et de dialogue entre cu
Auteur
Nguyên Dang Truc
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
450
Date de parution
20190523
Nombre de pages
287,00 €
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Evoquer le Bouddha comme un contemporain des Anciens Grecs, ce n'est pas faire un rapprochement historique, mais c'est essentiellement constater leur appréhension commune du Temps qui donne sens à l'humanité de l'homme. Pour le Temps bouddhique de l'autre rive comme pour le Cronos Antique de la Tragédie Grecque, la souffrance est nostalgie d'une humanité cachée et transcendante, soif de l'Autre venant de l'Autre pour une autre Relation. Cette souffrance arrache l'homme au sol du Soi en lui accordant la grâce d'accéder au mystère de son identité cachée. C'est elle qui donne souffle ou esprit, sens ou vie... à l'humanité authentique de l'homme, en éveillant en celui-ci la nostalgie de l'autre rive où il était, en suscitant la conscience de son identité au-delà des choses de l'univers soumises aux mesures humaines, en l'engageant enfin au combat contradictoire contre le Soi auquel il est enchaîné.
De nos jours, alors que la promotion de l'humanité est saluée comme la valeur essentielle de la philosophie, la tragédie grecque, donc L'OEdipe-Roi de Sophocle, est souvent invoquée comme une source privilégiée. Mais, ne serait-ce pas un déni de vérité ? Le texte et le contexte de cette tragédie ne disent-ils pas explicitement que ce qui intronise ce roi-connaissant suffisant au trône de son père, et ce qui le pousse à nouer une relation incestueuse avec sa mère, est dénoncé comme le crime originel contre l'humanité ? Ainsi, relire L'OEdipe-Roi de l'Ancien Sophocle en pensant le rejet du message de cette tragédie au cours de la tradition de notre culture occidentale, c'est repenser le défi de la pensée tragique dont le message touche à l'essence et à la dignité de tout être humain.
Heidegger considère que "le nihilisme est, pensé en son essence, le mouvement fondamental de l'Histoire de l'Occident". Et pour libérer l'Occident de ce déclin qui l'étouffe, il préconise le retour à un penser authentique et originel inspiré par l'antiquité grecque, dont l'Oedipe roi de Sophocle est censé être l'expression la plus haute et la plus pure. En rappelant brièvement les fondamentaux de l'être du Dasein que Heidegger identifie au personnage d'Oedipe, cet essai propose une lecture libérée de l'a priori qui dicte que le soi suffisant est l'être de l'homme. Il s'applique alors à découvrir une autre antiquité grecque et un autre message, que non seulement l'interprétation ontologique heideggérienne a mis de côté, mais qu'elle a même contredits.
En se mettant à l'écoute de "la vérité que le prophète Tirésias porte en son sein" , cet essai propose une approche du sens de l'être de l'homme que transmet L'Odipe-Roi de Sophocle, mais qui est inaccessible à la compréhension et au dire du "roi connaissant" Odipe. A la lumière de ladite vérité, cette approche ontologique s'applique, certes, à décrypter le sens de l'être de l'homme. Mais elle est loin d'être une nouvelle analyse ontologique à côté des analyses fondées sur les a priori philosophiques qui dictent que l'être est la quiddité de toutes choses et que l'être de l'homme est le soi seul et suffisant, c'est-à-dire. sur les mêmes a priori qui se cachent derrière la perfidie de la question de la Sphinx et de la réponse complice d'un Odipe connaissant. A l'inverse, à l'appui du texte en son intégralité et de la cohérence du contexte de la tragédie, cette approche tient à nous inviter à oser sauter hors du sol profané par le trop qui nous égare, et à marcher humblement, à tâtons vers le "pas encore pensé" .