Temps, récit et transmission chez W. Benjamin et P.P. Pasolini. Walter Benjamin et l'histoire des va
Naze Alain
L'HARMATTAN
35,00 €
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EAN :9782296137295
Cherchant à mettre en place de véritables passages entre Walter Benjamin et Pier Paolo Pasolini, cet ouvrage fait entrer les deux oeuvres dans un profond rapport de résonance, tout en respectant la singularité de chacune. Si le dispositif emporte par conséquent les deux pôles vers un devenir-autre, il évite cependant tout processus d'amalgame, en recourant à la mise en place de problématiques communes, qui permettent le déploiement d'un plan au sein duquel jouent les écarts comme les affinités entre Benjamin et Pasolini - plan dessinant ainsi les linéaments d'une "grande identité" à venir. C'est essentiellement à partir de la question du langage que s'est révélé le nouage le plus profond entre les deux oeuvres, les résonances les plus marquantes qui se feront ensuite jour, en dérivant d'une façon ou d'une autre - qu'il s'agisse de la question du cinéma, de celle de l'origine, ou encore de l'histoire elle-même. Consacré à Walter Benjamin, ce volume propose un parcours au sein de son oeuvre, qui soit susceptible de mettre en place les problématiques au moyen desquelles les deux pôles du dispositif pourront en effet consoner. Le caractère non nostalgique de la philosophie de l'histoire, chez Benjamin, s'énonce dès les réflexions relatives au langage, puisque la "langue pure" des origines serait à appréhender à travers ses échos au sein des traductions, c'est-à-dire dans les langues post-babéliennes - le motif messianique ainsi introduit annonce donc déjà que l'origine est toujours à venir, aucunement à restaurer (seul le temps serait ici à restaurer). La possibilité d'écrire une histoire des vaincus ne sera dès lors susceptible d'être pensée qu'à la lumière d'une reviviscence du passé, et non de sa simple évocation, la remémoration visant en effet à faire revenir ce que jamais on n'a vécu. Par conséquent, ce n'est pas une simple question de contenu qui est ici en jeu, puisqu'une telle histoire ne peut qu'être tributaire d'une certaine forme de transmission: il y a des manières de transmettre qui, en elles-mêmes, sont catastrophe, monumentalisant le passé, quand il s'agirait de s'ouvrir au passé en sa faiblesse.
Nombre de pages
343
Date de parution
26/01/2011
Poids
530g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296137295
Titre
Temps, récit et transmission chez W. Benjamin et P.P. Pasolini. Walter Benjamin et l'histoire des va
Auteur
Naze Alain
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
530
Date de parution
20110126
Nombre de pages
343,00 €
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On pourrait, à priori, s'étonner du parallèle effectué ici entre Jacques Demy et Jonas Mekas, autour du thème de la couleur. Ils ne pratiquent pas le même type de cinéma : plus populaire pour l'un, plus expérimental pour l'autre. Si une association est possible, c est peut-être parce que la couleur les place dans une même direction, celle du temps perdu de l'enfance pour Jacques Demy ou de la nostalgie pour Jonas Mekas, qui, pour échapper au soviétisme, a fait de l'Amérique sa seconde patrie. C'est au fond cette couleur du temps, fruit de l imagination comme puissance de déformation, comme le voulait W. Benjamin, qui en fait des âmes-s'urs.
Poursuivant la démarche initiée dans le premier volume (Temps, récit et transmission chez W Benjamin et P P Pasolini. Walter Benjamin et l'histoire des vaincus, février 2011), le présent ouvrage s'attache à dégager les voies par lesquelles les deux pôles du dispositif Benjamin/Pasolini peuvent en venir à véritablement consoner. Consacrée à Pier Paolo Pasolini, la réflexion vise ici à établir que s'il n'est sans doute pas possible de parler d'une " philosophie de l'histoire " pasolinienne, en revanche, par bien des dimensions, l'oeuvre du poète/cinéaste/théoricien italien se donne comme une histoire en acte. Des peuples de vaincus lèvent en effet dans les créations pasoliniennes, silhouettes tellement semblables à celles de leurs pères qu'elles dessinent l'image d'une continuité, mais entendue alors comme catastrophe- c'est le silence et l'invisibilité auxquels ils sont condamnés qui sont ininterrompus. L'usage récurrent de l'anachronisme chez Pasolini, cinématographique et littéraire, désigne une arme contre la destruction sans fin du passé : l'intrusion d'une survivance dans notre époque ouvre un espace pour le scandale, interrompant la continuité temporelle, à l'instar de " l'image dialectique " benjaminienne. Ce sont les laissés-pour-compte de l'histoire officielle qui retiennent Pasolini, son amour allant vers ce passé, sous toutes ses formes, corporelles, linguistiques, architecturales, pour autant qu'elles ont été oubliées, broyées par la marche de l'histoire entendue comme progrès. En cela, Pasolini se révèle bien chiffonnier de l'histoire, tout occupé à recueillir le rebut, mais c'est aussi par le biais de cette critique du progrès qu'il se verra accoler l'étiquette de " réactionnaire " - c'est qu'il y a aussi une histoire des luttes d'émancipation et/ou de libération qui est toujours susceptible de sécréter un reste, autrement dit de rejouer, sur le mode mineur, une histoire des vainqueurs. Attentif aux formes des luttes et à leurs effets d'exclusion, Pasolini s'avère en cela aussi fort utile pour notre temps, indiquant la tendance propre aux mouvements d'émancipation consistant à identifier des formes et des pratiques sociales révolues (au moins sous certaines latitudes) à des attitudes en soi rétrogrades, voire obscurantistes.
À lorigine de ce livre, il y a dabord ce bonheur têtu du spectateur face aux films de Jacques Demy. Selon quels mécanismes singuliers son oeuvre parvient-elle à produire ses effets? On parlerait de lunivers « en chanté » du cinéaste nantais, bien sûr, on évoquerait aussi cette part denfance présente dans louverture aux contes, ou encore les couleurs éclatantes des décors nous arrachant à la grisaille quotidienne. Le cinéma de Jacques Demy détient la capacité de rendre heureux avant tout parce quil na pas oublié la leçon de Max Ophüls, selon laquelle «Le bonheur nest pas gai ».
Alors qu'elle obtenait des droits formels et une reconnaissance étatique, la "communauté gay" aurait peu à peu glissé vers la droite, jusqu'à céder aux sirènes du nationalisme et du racisme. C'est ce paradoxe qu'interroge Alain Naze, non pour le réfuter mais pour en préciser les causes et les conditions. Il revient sur les débats autour du pacs et du "mariage pour tous", le combat contre le sida, l'essoufflement des mouvements LGBT, et met à jour la puissante lame de fond de la normalisation gay. En acceptant le modèle hétérocentré, pour des bénéfices limités et très inégalement répartis en son sein, la soi-disant communauté gay a abandonné ce qui précisément la constituait en communauté politique : ses luttes émancipatrices - et s'est rendue perméable aux idées réactionnaires. Pour Alain Naze, il est urgent de renouer avec l'élan révolutionnaire des premiers mouvements de libération homosexuelle et de "rendre à l'homosexualité son devenir-plébéien, c'est-à-dire de faire en sorte que nous réapprenions à entendre et à désirer les appels au dévoiement, les incitations au détournement, à la dérive".