Il y a deux théâtres de Victor Hugo. Le premier est créé dans sa jeunesse, quand le romantisme gagne sa légitimité sur les scènes. Le second est écrit en exil, loin des feux de la rampe ; les metteurs en scène brechtiens, un siècle plus tard, s'en empareront. Cet ouvrage montre Hugo à l'oeuvre dans son milieu. On le voit composer avec un public qu'il cherche aussi à former, lui qui fut un maillon important dans l'invention d'un " théâtre national populaire ". La fameuse " révolution " romantique est ici examinée avec recul. On relativise, précisément pour lui rendre justice, la place de l'auteur de Cromwell et de sa préface dans l'histoire du romantisme qui n'a pas débuté, au théâtre, par la bataille d'Hernani, et ne s'est pas achevé avec Les Burgraves. Le théâtre de Victor Hugo dépasse les attentes de ses publics. Telle est la raison de son actualité : par le rire et l'émotion, il continue de délivrer un savoir sur l'âme humaine et engage des questions fondamentales de philosophie politique. D'où la richesse de cet objet dramatique à la fois littéraire et scénique, poétique et visuel, conceptuel et émotif. Un théâtre satirique, pensif, et poignant, que le seul terme de " romantique " suffit bien peu à caractériser.
Nombre de pages
112
Date de parution
10/03/2016
Poids
122g
Largeur
120mm
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EAN
9782825802687
Titre
Victor Hugo
Auteur
Naugrette Florence
Editeur
IDES CALENDES
Largeur
120
Poids
122
Date de parution
20160310
Nombre de pages
112,00 €
Disponibilité
Epuisé
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C'est l'histoire d'une orpheline indigente devenue courtisane, d'une actrice en vue qui abandonne sa carrière pour se consacrer au plus célèbre écrivain de son temps, Victor Hugo, et connaît avec lui, pendant un demi-siècle, une passion faite de gloire et de deuils, de confiance et de trahisons, d'amertume et d'exaltation, d'exil et de voyages. C'est l'histoire d'un couple illégitime qui invente l'amour libre. C'est l'histoire du romantisme, du siècle des révolutions et de la marche vers la République, vécue, faite et observée par une femme. Ame soeur, collaboratrice, première lectrice, copiste, soutien moral, éternel recours, Juliette Drouet fut, par son humour et son esprit, une des rares à tenir à "l'homme-siècle" un discours de vérité. Parce qu'elle sut se faire aimer d'un des plus grands génies de son temps, transformer sa servitude volontaire en liberté, sensibiliser Hugo à la cause des femmes et lire à livre ouvert dans son époque chahutée, elle fut, à sa manière naïve et inspirée, ardente et sage, la compagne du siècle. Cette biographie, qui revient aux sources premières, adopte une démarche historienne, loin des légendes et des clichés. Elle plonge au coeur de la vie d'une femme d'exception en entrant dans ses pensées. Elle raconte aussi la vie d'un couple et d'une double famille dont les "idées larges" , comme disait Mme Hugo, faisaient scandale, à Paris comme en exil. Ce livre aura atteint son but si, en le refermant, on considère aussi l'auteur des Misérables comme l'homme qui eut l'intelligence, la chance et le bonheur d'aimer cette femme. Et qui le savait.
Depuis le romantisme, le mélange des genres s'est imposé dans le théâtre contemporain. Conséquence des nouvelles données de la société post-révolutionnaire, cette rupture ne s'est pas effectuée facilement. Un combat historique s'engage alors pour qu'émerge un public uni, qui passe par le rapprochement des salles officielles et des boulevards. Inventant l'ambition d'un théâtre "élitaire pour tous", le romantisme traverse l'histoire du spectacle jusqu'à nos jours. Florence Naugrette montre d'abord ce que le programme et l'esthétique du théâtre romantique doivent aux Lumières et aux genres qui fleurissent après la Révolution, comme la mélodrame. Les grandes pièces de Hugo, Musset, Dumas et Vigny sont replacées dans le contexte de leur création : dans quelles salles, avec quels acteurs, pour quel public furent-elles créées ? Questions utiles à la compréhension des enjeux idéologiques du drame historique ou moderne, comme à l'appréciation de sa poétique.
L'Occident a défriché son espace au coeur des forêts, et fondé contre elles ses institutions dominantes - la religion, le droit, la famille, la cité. De part et d'autre de leur ténébreuse lisière, tenus à distance, deux espaces s'épient, se menacent, s'interrogent. Forêts, monde écarté, opaque, qui dépayse, enchante et terrifie. Robert Harrison raconte ici l'histoire des forêts dans l'imaginaire occidental. Avec Vico pour compagnon de voyage, il nous mène de l'épopée de Gilgamesh à la poésie contemporaine de Zanzotto. Dans les forêts, nous rencontrons Artémis, Dionysos, Roland furieux, les fées des contes, Rousseau, John Clare, une petite clairière de Constable, les symboles de Baudelaire... Les forêts tapissent les profondeurs de notre mémoire culturelle. Elles sont les frontières qui nous définissent : sans ces contrées où la civilisation projette ses fantasmes et ses peurs, nous n'habiterions pas notre monde de la même manière.
Ce livre, l'un des rares en français consacrés à cet auteur majeur, aborde les grandeurs et les secrets d'une ?uvre qui ne cesse de résonner dans le monde d'aujourd'hui, abandonnant derrière elle la petite musique d'une fascinante mélancolie.Le 1er juin 1938, une tempête s'abat sur Paris, faisant une victime : Ödön von Horváth, né 37 ans plus tôt, tué par une branche que le vent arrache alors qu'il sort d'un cinéma. La fin tragique de cet écrivain fauché en plein élan est à l'image de textes qui ne cessent de nous interroger et dont les titres semblent à eux seuls une profession de foi poétique : Casimir et Caroline, Légendes de la forêt viennoise, Foi amour espérance, Don Juan revient de la guerre, Nuit italienne... Enfant de la Mitteleuropa, attaché à sa langue comme à une patrie, Horváth assiste avec stupeur à la montée des nationalismes et des extrémismes, lui pour qui le dialogue est sans doute l'essence de l'humanité. C'est par l'écriture en général, par le théâtre surtout qu'il témoigne des injustices, des scandales, des lâchetés, mais aussi des beautés qu'il découvre. Son ?uvre, à nulle autre comparable, est faite de fulgurances poétiques, d'ambiances et de mouvements, de lumières et de couleurs. Développant un art du fragment et de la fresque dramatique, il dessine le destin d'êtres, de femmes en particulier, saisis dans les convulsions d'une société déboussolée : celle de l'Europe qui vacille au bord de toutes les abîmes.
L'?uvre dramatique de Max Frisch constitue un solide remède pour notre époque, éprise de certitudes. Le théâtre de Max Frisch développe sous forme ludique et métaphysique la pensée d'un moraliste convaincu que la dignité de l'homme réside dans la liberté : la culpabilité, la bien-pensance, le narcissisme, l'infidélité, l'ennui, l'affabulation, la conscience qui fractionne la réalité, le rêve qui l'unifie et la fait disparaître, la fatalité des stéréotypes. Il est difficile de situer une telle ?uvre qui doit autant à la dramaturgie brechtienne qu'au théâtre de l'absurde. Dans ces vertigineux huis-clos se rencontrent le baroquisme d'un Pirandello et la fable existentialiste. Théâtre du doute absolu et de la dérision, théâtre de la conscience politique plus que théâtre politique, l'?uvre dramatique de Max Frisch constitue un solide remède pour notre époque, éprise de certitudes.