Les bouleaux blancs grandissent toujours les fleuves nous emportent d'un monde à l'autre sentiers et feuilles mortes aurores boréales café pages frontières perlage blanc et rouge ishinakuan pakushenitamun la loi avec les Indiens Marcher le territoire des Innus. Le parler. Son immensité, sa beauté à pleurer, sa dureté aussi. Y retrouver ses origines. Avec force et fierté, les confronter au monde hostile des forêts citadines. Accepter encore les souffrances, les hurler même. Pardonner, mais ne pas oublier ; offrir aux gens de bonne volonté un chant de paix. Faire nôtres les luttes de la poète. Et, tremblants comme elle, accueillir l'exilée. La vie est un cercle.
Nombre de pages
96
Date de parution
07/06/2024
Poids
87g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782902039586
Titre
J'achève mon exil pour un retour tremblant
Auteur
Kanapé Fontaine Natasha
Editeur
DEPAYSAGE
Largeur
130
Poids
87
Date de parution
20240607
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
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Prix d'excellence de la Société des Écrivains francophones d'Amérique 2013. "N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures" est d'abord une plongée à l'intérieur de soi, dits d'amour, le corps en route vers l'attente et l'extase ; quête soutenue par une écriture vive, éclatée qui peut passer d'une impression de la nature à l'évocation de la peinture de Dali. La vitesse de l'image surprend ici, on est ébahi devant la force de cette langue lumineuse et concise. "N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures" est un recueil d'une grande tendresse. Surtout un immense cri. Comme si la tendresse et la poésie se trouvaient médusées devant l'éruption d'un volcan. Natasha Kanapé Fontaine dévoile son visage de poète et de femme innue. Elle aime. Pleure. Crie? pour venir au monde, une nouvelle fois. " Je lance un cri, avec dedans toute ma peine et toute ma peur. Toute mon angoisse de femme innue. J'écris pour le respect de ma personne. J'écris pour le respect de toutes les personnes de toutes les nations. Pour le respect de toutes les langues et de tous les paysages. Grâce à Joséphine Bacon, j'ai appris que je pouvais écrire, que j'avais une voix. Moi, je crie. Je hurle. Si les gens ne comprennent pas ma langue innue, au moins, ils retiendront l'intensité du cri. "
Assi en innu veut dire "Terre". Poésie d'utilité publique que ce Manifeste qui crie d'une même voix révolution et amour. Si la parole était donnée aux peuples des Premières Nations , elle ressemblerait à Assi, terre rêvée de ces femmes et de ces hommes qui guettent dans leur chant les mots dignité, espoir et liberté.
Un cri s'élève en moi qui me transfigure. Le monde attend que la femme revienne au monde comme elle est née telle qu'elle est : femme naissance, femme droite, femme debout, femme puissante. Femme résurgence. Renaissance. Un appel s'élève en moi et j'ai décidé de lui dire oui. Dire oui à ma naissance. Assumer en mon esprit les mémoires qui émergent en même temps que la voix des femmes autochtones se dressent au-dessus de la noirceur ambiante. Les mémoires des blessures, les mémoires de la terre, les mémoires du peuple et de ses générations précédentes. Le choc de la dépossession. Prendre la parole chacune notre tour et soulager peu à peu le fardeau de l'oppression. Le poids de la douleur. Le poids du colonialisme. J'écris pour dire oui à mon être. Dire oui à moi femme. Forcer les portes du silence. Se nommer résilience. Pour la postérité. Pour assurer notre trace. Déraciner une fois pour toutes la Colonisation." Natasha Kanapé Fontaine.
Voix de femmes coulées debout dans les fleuves. La grand-mère, la mère et la fille reconquièrent leur corps, leur pouvoir et leur destin. Elles se racontent, se confient aux ancêtres. Elles naissent et renaissent, convoquent le soleil de la justice pour que commence une ère nouvelle. Le poème, souverain, refait l'Histoire, remplit les vides, frappe aux portes de la vérité.
Au soir de sa vie, grand-mère (kukum, en langue innue) depuis longtemps déjà, Almanda Siméon se retourne sur son passé et nous livre son histoire, celle d'une orpheline québécoise qui tombe amoureuse d'un jeune Amérindien puis partage la vie des Innus de Pekuakami (l'immense lac Saint-Jean), apprenant l'existence nomade et brisant les barrières imposées aux femmes autochtones. Centré sur le destin singulier d'une femme éprise de liberté, ce roman relate, sur un ton intimiste, la fin du mode de vie traditionnel des peuples nomades du nord-est de l'Amérique et les conséquences, encore actuelles, de la sédentarisation forcée. Son auteur Michel Jean, descendant direct d'Almanda Siméon, est un journaliste reconnu au Québec.