On ne regarde jamais assez en arrière dans la longue marche de la pensée. Ainsi, les débats sur l'école ont leurs doubles, leurs alias, à peine différents à trente ans près. Vous lirez, surpris, ce livre " actuel ". Il fait partie du patrimoine intellectuel de l'école. En effet, ce sont les meilleurs critiques intérieurs de l'école, ceux qui en tiennent, qui en sont, qui ont depuis toujours soutenu que cette école commençait à peine, qu'elle avait tout à faire, ce qui somme toute ouvre un chantier d'excellence réellement prometteur et porteur de maturation, voire de maturité. C'est en pensant les métiers de l'enseignement par les sciences humaines et la pédagogie que l'école réussira le pari d'une mondialisation démocratique. Enseigner, affirmait Fernand Oury, c'est plus que jamais un grand métier, un grand métier " sensible ".
Biographie de l'auteur Jacques Natanson, philosophe, a enseigné aux universités de Rouen et de Paris X Nanterre. Madeleine Natanson, psychanalyste, anime des groupes de réflexion pour des enseignants et des travailleurs sociaux.
La psychanalyse, qui a maintenant cent ans, s'est donné comme méthode d'accès à l'inconscient l'association libre et l'interprétation des rêves nocturnes. Mais Freud avait déjà perçu l'importance des rêves diurnes, eux aussi réalisation du désir. L'utilisation du rêve éveillé au cours de la séance est devenue pour un certain nombre de psychanalystes aujourd'hui une possibilité complémentaire d'accès à l'inconscient qui ouvre des voies nouvelles, aussi bien dans les cures d'enfants que dans celles d'adultes. Cet ouvrage expose le fonctionnement de l'imaginaire impliqué dans cette pratique analytique. A partir d'exemples cliniques, il décrit l'écoute des images et sa place originale dans la cure. Des thèmes comme la pulsion, la souffrance, le transfert, l'origine, le traumatisme sont particulièrement éclairés. Sous la forme d'un dialogue entre une psychanalyste et un philosophe, la revalorisation de l'image dans l'histoire culturelle de l'Occident se trouve située, à travers notamment la littérature et le cinéma. Écouter l'image, au plus près de la parole vraie : un programme d'actualité pour notre temps.
Le présent livre est de ceux à la lecture desquels on se dit : "Comme c'est juste ! Comme c'est vrai ! Comme c'est écrit ! " A l'allure et l'humour du récit, à la précision des faits, à l'attendrissement mélancolique et surtout au refus d'embellir ou de salir, le lecteur pressent, dès les premières lignes, une entreprise étrangère à la pression des circonstances et des logiques éditoriales. Au soir d'une existence unique, Thadée Natanson, critique d'art, collectionneur, mais surtout cofondateur de La Revue blanche, s'est surpassé. Fouillant le trésor de sa mémoire, il ressuscite Lautrec, un inclassable comme lui, croquant l'homme et l'artiste à égalité, persuadé qu'un grand peintre ne peut se réaliser qu'en accord avec un comportement exemplaire dans la vie même... ? Stéphane Guégan
Toute jeune maman, Agathe Natanson a un jour entendu un monsieur très goujat dire : "Je vais être grand-père ! Ca, ça va ! Mais alors coucher avec une grand-mère." Horrible phrase qu'elle a ressentie comme une humiliation pour toutes les femmes et vécu comme une petite douleur secrète. Les années ont passé, elle est à son tour devenue cette femme dont on gomme l'identité acquise (parfois avec difficulté) en la nommant "mamie", "nana", "bambou" ou "moût", bref une grand-mère. Comment accepter ce statut ? Comment jouer le rôle avec sincérité alors qu'on ne l'a pas choisi ? Notre narratrice qui n'a pas eu de référence familiale, elle qui n'aime que l'enfance, la légèreté, comment allait-elle vivre ce tardif passage à l'âge adulte ? Le remède miracle ? Cette correspondance hétéroclite et baroque à la reine d'Angleterre, au livreur de pizza ou à la grand-mère qu'elle n'a jamais eue, pleine d'humour et de dérision. Autant de lettres qui lui ont permis de vaincre ses réticences et d'apprivoiser ses angoisses d'identification à la Mère Denis et Mamie Nova. Aujourd'hui, cette comédienne de métier ne rendrait ce très joli rôle pour rien au monde et même en redemande !
Mazereau Philippe ; Leboiteux Dominique ; Rose Pie
Il est intéressant de se décentrer de la phobie comme entité clinique pathologique pour l'aborder sous l'angle des capacités empathiques de l'environnement, c'est-à-dire des réponses à des besoins. La phobie scolaire est un processus plus complexe que les autres phobies (de situation) par la diversité de ses manifestations. La question de la non adhésion de certains enfants aux normes sociales, celle d'une inadaptation à la règle ou à la loi ou encore celle du refus de l'école, lié ou non à des faits de harcèlement, méritent d'être posées, au-delà de la définition psychopathologique classique. C'est pourquoi il est intéressant de se décentrer de la phobie comme entité clinique pathologique pour l'aborder sous l'angle des capacités empathiques de l'environnement, c'est-à-dire des réponses à des besoins singuliers, qui peuvent, par exemple, prendre la forme de l'aménagement des modalités d'accueil à l'école, au collège, au lycée. Si l'enfant ou l'adolescent éprouve des difficultés à construire le lien avec l'autre, la mise en œuvre d'adaptations, dans le cadre scolaire, permettant une meilleure adéquation entre la demande de l'école et lui-même peut contribuer à résoudre le problème et à surmonter la crise.