Dans sa confortable maison aux environs d'Oxford, Harriet, épouse exemplaire et qui le sait, s'avise un jour fortuitement que son mari mène une double vie. Elle envisage aussitôt son infortune comme une épreuve envoyée par le ciel pour fortifier sa vie conjugale. Elle ne demandera pas à Blaise de renoncer à cette Emily qu'il a rencontrée il y a dix ans et dont il a aujourd'hui un petit garçon. Au contraire, c'est avec son autorisation qu'il continuera, en marge de leur vie commune, à rencontrer sa maîtresse. Tant de grandeur d'âme bouleverse Blaise, psychanalyste désarmant d'inconscience, qui voit contre toute attente se lever l'accablante barrière de silence qui partage sa vie en deux. Mais Emily subodore le danger : si elle se prête à un accomodement qui assurera la suprématie de l'épouse, c'en est fait de leur liaison. Elle prend la fuite, bientôt poursuivie par Blaise sur lequel elle n'a pas de peine à reprendre son ascendant, et qui, du coup, décide de vivre avec sa maîtresse. C'est Harriet, cette fois, qui prend le large. Elle connaît désormais la limite de ses forces et s'avoue vaincue : elle est résignée à accepter à son tour la position subalterne que lui abandonnera Emily triomphante. Mais le destin se chargera de trancher le noeud passionnel inextricable qui est sur le point de se reformer.
Nombre de pages
456
Date de parution
21/04/1978
Poids
440g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070299157
Titre
AMOUR PROFANE, AMOUR SACRE
Auteur
Murdoch Iris
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
440
Date de parution
19780421
Nombre de pages
456,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre qui n'est pas un roman policier commence par un meurtre aux relents d'espionnage. L'intrigue se noue autour de l'enquête. Parvenus à un tournant de leur vie, les personnages réunis dans des circonstances tragiques ont l'occasion de faire le point. Ils s'aperçoivent tous plus ou moins consciemment qu'ils sont des " demi-justes " atteints du mal responsable de la souffrance humaine : l'égoïsme. Cependant la vie et l'amour leur offrent de merveilleuses consolations.
Dès la première page nous connaissons le coupable de cette intrigue policière. Quel crime a-t-il commis ? Pourquoi s'inflige-t-il la pénitence de son mode de vie minutieusement programmé ? Hilary Burde se dit "enfant du verbe" parce que son talent pour l'étude des langues l'a sorti de la misère où il était né, sans lui assurer pour autant la brillante carrière à laquelle il se croyait promis. C'est un fonctionnaire entre deux âges, partagé entre de fastidieux travaux dans les bureaux d'une administration londonienne, une soeur plutôt débile à laquelle il voue un attachement jaloux et une maîtresse un peu encombrante. Son passé resurgit sous les traits d'une messagère énigmatique, gracieuse petite Indienne qui passe du duffel-coat de l'agent de liaision au sari de la confidente. Hilary fut l'amant de la première femme de son maître Gunnar et cause de la mort de celle-ci. Et nous allons voir ce scénario se reproduire. Hilary cause la mort de la seconde femme de son ami. Cette comédie psychologique qui fait penser à L'éternel mari, transposé dans le registre coutumier d'Iris Murdoch, se lit comme un roman policier.
Un homme à catastrophes est la brebis galeuse d'une grande famille londonienne dont Iris Murdoch nous fait suivre, sur trois générations, les activités mondaines et professionnelles, les moments de crise et les décisions. Au premier plan deux amoureux qui semblent promis au bonheur, mais qui peu à peu s'éloigneront l'un de l'autre. Parallèlement, le conflit des oncles de la jeune fille : celui qui réussit et celui qui est un raté, l'homme à catastrophes qui a choisi le côté des vaincus. Tout finira (presque) bien dans cette comédie humaine où Iris Murdoch nous offre une peinture cruelle de l'incommunicabilité entre les êtres et une satire mordante des hypocrisies familiales et mondaines.
Henry et Caton conte l'histoire de deux fils prodigues. Dénommé tour à tour le voluptueux, le réservé, l'aliéné, l'exclu, Henry revient d'un exil volontaire en Amérique, vers l'héritage imprévu d'une fortune et de sa maison natale, l'un de ces merveilleux châteaux qui, inscrits dans leurs parcs aux arbres magnifiques, aux eaux courantes ou dormantes, marquent le paysage anglais de leur sceau culturel. Pourtant, frère "puîné", il a haï son enfance : toujours moqué par son père et par son frère, il n'a pas trouvé auprès de sa mère Gerda l'amour dont son tempérament passionné avait besoin. Caton, son ami d'enfance, a fui dans la prêtrise, au sens missionnaire, le "confort" d'un destin tout tracé sur la voie de son père, universitaire et humaniste. Caton se débat entre deux passions ambiguës, l'une pour Dieu, qu'il existe ou non, l'autre pour un jeune délinquant, Joe-la-Beauté, qui pourra peut-être trouver grâce à lui le salut. Le père et la soeur de Caton, la jolie Colette, attendent impatiemment d'accueillir le retour à la maison - et à la Raison - de Caton, après ses douteuses escapades. Au château, Henry affronte Gerda, inconsolable de la mort brutale de son fils adoré. Il retrouve les frustrations de son enfance et, pour s'en délivrer, veut faire le salut de Stéphanie, jeune prostituée rencontrée à Londres qu'il veut emmener en Amérique après avoir vendu son domaine. Cependant Joe-la-Beauté a capturé Caton et exige une rançon. Il tente de violer Colette qui lui porte l'argent et Caton le tue. Le roman finit bien, par le mariage de Henry et de Colette qui habiteront la belle demeure. Seul Caton reste traumatisé par le meurtre qu'il a commis.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.