Les quatre récits composant ce volume ont en commun une même préoccupation, l'individu, en ses pérégrinations en un monde indifférent. (X) de nom et prénom inconnu signale la mort d'un anonyme dans un petit village d'Ile-de-France ; l'auteur s'interroge sur la logique qui aboutit à de tels désastres. La Patinoire esquisse, dans les spirales que tracent sur la glace les danseurs, une silhouette au devenir et aux voix qui lui donnent forme. Paysage d'hiver, rassemblant divers personnages (médecin, professeur, peintre, militant, etc.) dans une salle d'un hôpital psychiatrique, fait écho à la crise profonde qui secoue notre monde. D'un texte à l'autre, le récit progresse vers un commencement ; c'est la raison pour laquelle chaque chapitre de la dernière nouvelle, Le plongeur de Paestum, débute par un A, jusqu'à faire advenir, grâce à l'acte décisif de Mary, adolescente qui voulait apprendre à plonger, le dernier, qui s'ouvre par un B.
Nombre de pages
356
Date de parution
24/11/2010
Poids
550g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782296087651
Titre
(x) de nom et prénom inconnu
Auteur
Mounic Anne
Editeur
ORIZONS
Largeur
160
Poids
550
Date de parution
20101124
Nombre de pages
356,00 €
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Dans l'existence, tous les moments doivent être posés à la fois ", écrit Kierkegaard dans son Post-scriptum aux miettes philosophiques. L'accès au réel de l'être en sa subjectivité kaléidoscopique se fera donc dans l'éclatement du temps linéaire qui est indifférent à nos désirs tout en donnant sa structure à notre existence et à ce roman, fresque critique de notre époque sous tous ses aspects. "Ecrire, c'est faire exploser l'instant présent, le relier à tous les temps de la vie et de la grammaire (la vie s'exprime par la grammaire, non ?). " Nous nous apercevons alors de l'absolue ubiquité de notre esprit dans la durée. Mallarmé se proposait de rémunérer grâce au vers " le défaut des langues ". La narratrice de ces " moments posés à la fois " élargit ce souci au défaut du temps, au défaut des sociétés, au défaut du réel, au défaut du reptile en somme, dont le paysan, au dernier acte de la pièce de Shakespeare, confiait à Cléopâtre que, vraiment, il n'y avait en lui pas de bonté. Ecrire, c'est sans doute rémunérer cet irréductible défaut de bonté qui mine l'humaine condition, et la vie quotidienne. " Ecrire, c'est imaginer les autres. " A partir d'une inscription aperçue au bord de la route, l'auteur de cet ouvrage imagine la relation naissante d'Isabelle et de Jérôme, car l'amour fournit un fil conducteur à ces récits qui s'entremêlent.
Ce roman est né de la contemplation, sur la place du Dôme à Crémone, de la petite fenêtre qui surplombe le portique della Bertazzola. Cette fenêtre dispose de l'imagination à créer des personnages: Amadou, jeune Sénégalais, marche dans l'espoir d'émigrer; Joséphine, jeune professeur d'anglais, Chiara, fillette de douze ans, se réfugie là-haut, pour prendre son envol vers le merveilleux, triomphe raisonné de l'imagination.
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.