En Afrique, le régime présidentiel a dérivé vers un système hyper-présidentiel qui nuit à l'expression démocratique en raison d'une concentration des pouvoirs. Ce modèle politique, d'essence despotique, s'est consolidé avec l'instauration des élections à un tour qui ont achevé de décrédibiliser une démocratie déjà formelle. Fort de ce constat, le présent ouvrage examine le phénomène de succession de cour ou dynastique qui s'opère aujourd'hui en Afrique par une transmission filiale du pouvoir. Il y a ainsi un glissement insidieux vers un "Etat familial", une monarchisation rampante du pouvoir au détriment de la légitimité électorale propre à toute démocratie. Ainsi les dernières transitions politiques auxquelles on a assisté ont inauguré une ère d'alternance héréditaire ayant mis à mal l'émergence de véritables régimes démocratiques. Elles constituent un abaissement absolument invraisemblable de la post-démocratisation. Le problème fondamental de la démocratie en Afrique est que le rééquilibrage du système gouvernant patrimonial d'aujourd'hui se fait avec une élite féodale qui a participé à son déséquilibre hier. A l'évidence, l'entrée de l'Afrique noire dans la modernité passe par un effort de déconstruction d'un système patrimonial dominé par une élite rentière.
Nombre de pages
164
Date de parution
23/11/2011
Poids
160g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296555556
Titre
L'Afrique des démocraties matrimoniales et des oligarchies rentières
Comment doit-on comprendre la transition politique gabonaise et ses enjeux ? Quel avenir peut-on escompter pour la société gabonaise contemporaine ? Comment a été menée la succession présidentielle gabonaise ? Tels sont les questionnements qui recèlent des réalités irréductibles qui ne peuvent échapper à la compréhension des "situations" et "logiques" du "Gabon contemporain".
Lémergence de la mondialisation, induisant des répercussions aux niveaux économique et politique, a mis a mal les mutations régionalistes survenues en Afrique. Plus quune transformation de la vision de la coopération entre les États, ce sont les systèmes étatiques en eux-mêmes qui vont subir de lourdes métamorphoses avec la création du NEPAD (acronyme de Nouveau partenariat pour le développement de lAfrique). Quelles vont alors être les nouvelles relations entre États, quelles évolutions politiques internes et internationales vont en être induites? Cest à ces questions sur lavenir de lAfrique que Patrice Moundounga Mouity tente dapporter des réponses. Sur un thème dactualité, létat de lAfrique aujourdhui, Patrice Moundounga Mouity arrive à mettre en exergue les points essentiels de lavenir de lAfrique. Il pointe les évolutions des pays africains, dresse des bilans pertinents, démontre les changements intervenus aux niveaux économique et politique et tente dapporter des solutions, ou tout le moins suggestions, pour dépasser les problèmes rencontrés.
Loin de douter de la possibilité d'une émergence du Gabon à court terme, cet ouvrage tente plutôt d'opposer au messianisme en vigueur depuis 2009, un doute méthodique quant à la capacité des initiateurs de ce patchwork qu'est le plan stratégique Gabon émergent (PSGE), de réaliser une telle performance du seul fait de posséder un plan stratégique. En effet, depuis qu'ils ont accédé à la magistrature suprême, les successeurs d'Omar Bongo font croire aux Gabonais qu'ils possèdent une potion magique qui leur permettrait de réaliser en 16 ans, de façon mécanique, ce que le "?créateur du Gabon?" n'a pu amorcer en 42 ans de paix et de prospérité. Cela, indépendamment du climat socio-politique délétère et de la situation économique catastrophique du moment. Tout semble donc se passer pour les stratèges de l'émergence comme si le fait de disposer d'un plan stratégique clé en main suffit à elle seule, pour sortir le pays de la paupérisation et du sous-équipement chroniques. Devant une telle incongruité, il s'impose comme une obligation patriotique pour chaque Gabonais de s'interroger sur la capacité réelle pour le Gabon de relever un tel défi. Une telle attitude pourrait ainsi permettre aux stratèges attitrés de l'émergence de faire un effort de confrontation de leur noble ambition pour le Gabon à la réalité observable. L'auteur tente donc de confronter le projet gabonais d'émergence à l'épreuve des réalités socio-économiques du pays, des velléités sectaires et réactionnaires des initiateurs et exécuteurs de ce leurre, mais surtout de la gouvernance atypique et controversée d'Ali Bongo Ondimba.
Cet ouvrage met objectivement à nu les démagogues politiques gabonais qui n'ont de cesse de se servir des citoyens plutôt que de les servir. En procédant ainsi, l'objectif poursuivi par l'auteur est de fournir aux citoyens gabonais des grilles d'analyse de la vie politique gabonaise. Son fil d'Ariane repose sur un triptyque : le rapport au pouvoir des gouvernants, la manière dont ceux-ci exercent concrètement ce pouvoir et, enfin, les conséquences qui en découlent politiquement et socialement. Il en ressort l'idée force selon laquelle le Gabon n'est pas un pays où il ne se passe rien. Car, pour l'auteur, il y a légitimement matière à interroger la volonté et la capacité de l'actuel président, successeur de son père, d'en finir avec une conception patrimoniale et patriarcale du pouvoir. Il y a tout aussi légitimement matière à s'interroger sur l'enlisement du processus démocratique au Gabon et la crédibilité des institutions politiques. Ces interrogations visent, pour ainsi dire, à contribuer à en finir avec un exercice archaïque du pouvoir pour ne plus le répéter et le perpétuer sous une autre forme. Si le public citoyen auquel est adressé cet ouvrage doit s'y intéresser, les étudiants, les chercheurs et les enseignants-chercheurs soucieux d'enrichir leurs cours le doivent également, et peut-être même prioritairement ! (Christ Olivier Mpaga - Maître-assistant à la FLSH/UOB)
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...