LE POLITIQUE ET SES ENJEUX. Pour une démocratie plurielle
Mouffe Chantal
LA DECOUVERTE
22,11 €
Epuisé
EAN :9782707123886
Le débat classique, en France et en Europe, entre libéralisme et socialisme, ou, aux Etats-Unis, entre libéralisme et " communautarisme ", s'épuise et débouche sur une impasse. L'adhésion au libéralisme individualiste nous condamne à tout accepter de la modernité occidentale capitaliste, y compris ses tares les plus criantes, et à tout refuser des cultures ou des valeurs qui ne se plient pas au modèle dominant. Mais, à l'inverse, l'aspiration communautarienne à refonder l'ordre social sur des fins partagées par tous témoigne d'une incapacité à comprendre le fiat que les sociétés modernes sont inexorablement divisées et que c'est justement en cela qu'elles sont démocratiques. En fait, par delà l'opposition rituelle qui les sépare, libéraux individualistes, communautariens et sociales traditionnels participent d'une même difficulté à accepter le fait du conflit et de la pluralité des valeurs. Pour cette même raison, si les philosophes qui les inspirent savent élaborer des doctrines morales et juridiques, ils ne parviennent pas à élucider les enjeux du politique. En esquissant les grandes lignes d'une philosophie proprement politique, et non seulement morale ou juridique, Chantal Mouffe qui, la première, a fait connaître en France le débat américain entre libéraux (tels J. Rawls ou C. Larmore) et communautariens tels A. Mac Intyre, M. Sandel, C. Taylor ou M. Walzer) dessine ici les contours de ce que pourrait être un socialisme libéral et agonistique. Autrement dit, une démocratie authentiquement plurielle et radicale.
Nombre de pages
175
Date de parution
20/10/1994
Poids
240g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707123886
Titre
LE POLITIQUE ET SES ENJEUX. Pour une démocratie plurielle
Auteur
Mouffe Chantal
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
136
Poids
240
Date de parution
19941020
Nombre de pages
175,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quelle stratégie de changement politique la gauche peut-elle mettre en place pour faire face à la crise économique, sociale et écologique que la pandémie a mise en évidence ...
Nous vivons un moment décisif. A l'euphorie des années 1990, marquées par le triomphe de la démocratie libérale et la célébration d'un " nouvel ordre mondial ", a succédé l'illusion d'une démocratie sans frontière, sans ennemis, sans partis. Une démocratie cosmopolite qui apporterait enfin paix et prospérité aux peuples du monde. Mais la montée des populismes de droite en Europe et la menace que représente aujourd'hui le terrorisme international ont révélé à quel point ce rêve était superficiel. Et les mots censés l'illustrer - " dialogue ", " consensus ", " délibération " - impuissants. Pour la philosophe Chantal Mouffe, figure de la démocratie radicale et plurielle, considérée, avec Ernesto Laclau, comme l'inspiratrice du mouvement Podemos, le conflit est constitutif de la politique. Aussi, concevoir la politique démocratique en termes de consensus et de réconciliation n'est pas seulement erroné conceptuellement, mais dangereux politiquement. Quand les luttes politiques perdent de leur signification, ce n'est pas la paix sociale qui s'impose, mais des antagonismes violents, irréductibles, susceptibles de remettre en cause les fondements mêmes de nos sociétés démocratiques.
Au moment où les partis populistes remportent des succès déconcertants dans les sociétés libérales occidentales, en Autriche, en Italie, aux Etats-Unis... , nul ne saurait douter que nous traversons aujourd'hui ce que Chantal Mouffe appelle un "moment populiste" , qui s'explique par la désaffection croissante envers les partis de gouvernement traditionnels et la défiance envers la chose politique dans son ensemble. Après L'illusion du consensus, la gauche progressiste que défendait l'auteure, capable de revitaliser la démocratie et de rétablir un espace où s'expriment les conflits, doit désormais se reconstruire ; et il semble bien qu'elle n'ait d'autre choix que d'adopter, elle aussi, une "stratégie populiste" . Mais attention, par "populisme de gauche" , il faut entendre la stratégie qui vise à construire une frontière entre "le peuple" et l' "oligarchie" , la seule frontière politique qui vaille, comme l'avance Chantal Mouffe dans ce texte aux allures de véritable manifeste.
Dès sa première publication en anglais en 1985, ce livre a suscité de nombreuses discussions et controverses, toujours pas apaisées. Penseurs à l'origine du mouvement post-marxiste, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe y défendent une vision de l'émancipation conçue comme " radicalisation de la démocratie ". L'émergence de nouvelles luttes sociales et politiques, en lien avec les transformations du capitalisme, a rendu l'approche théorique qu'ils proposent plus pertinente que jamais pour envisager un projet de gauche capable de fédérer les demandes de la classe ouvrière et celles d'autres mouvements sociaux (féministes, antiracistes, écologistes, LGBT...). Au moment où la crise de l'hégémonie néolibérale peut ouvrir la voie à des solutions autoritaires, ce texte fondateur fournit les bases philosophiques permettant de poser les questions politiques essentielles pour concevoir une stratégie populiste de gauche.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.