Symphonia. La concorde des textes et des doctrines dans la littérature grecque jusqu'à Origène
Morlet Sébastien
BELLES LETTRES
41,00 €
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EAN :9782251449531
Très tôt dans la littérature grecque apparaît l'idée que certains textes "résonnent" entre eux et que d'autres, au contraire, sont en dissonance. Les commentateurs des Classiques postulent leur harmonie parfaite pour les éditer ou pour les interpréter, tandis qu'ils s'interrogent sur leur accord ou leur désaccord avec d'autres auteurs. Dans l'écriture de l'histoire, l'accord des sources est souvent allégué comme un critère de vérité. Les philosophes réfléchissent à la concorde ou au dissentiment qui régnerait chez les grands maîtres, dans les écoles qu'ils ont fondées, ou entre courants philosophiques. Les juifs puis les chrétiens poursuivent ce questionnement sur la concorde des textes et des doctrines en l'appliquant au texte biblique, dans son rapport à lui-même ou aux textes non bibliques. A la volonté d'interpréter, de comprendre et de juger s'ajoute au cours du temps un souci de systématisation qui s'impose de plus en plus aux lettrés de l'Antiquité, mais qui ne fera jamais disparaître l'intention profonde de ces réflexions sur l'accord : établir la vérité des textes ou des idées qu'ils sont censés exprimer. Cet axe fondamental de la pensée grecque, qui culmine dans l'oeuvre du chrétien Origène (v. 185-v. 254), n'est donc pas seulement au coeur de la genèse du comparatisme et du concordisme comme attitudes intellectuelles. Lié à une certaine représentation de la vérité, pensée comme fille du consensus, il constitue une page essentielle dans l'histoire de nos pratiques de véridiction, écrite par des "païens", des juifs puis des chrétiens, qui, au-delà de leurs divergences religieuses, étaient tous des auteurs grecs. Ce livre est consacré à la préhistoire d'une histoire plus longue. Il s'arrête juste avant l'apparition du néoplatonisme et quelques décennies avant le "siècle d'or" de la patristique, deux traditions qui, l'une du côté païen, l'autre du côté chrétien, écriront une autre page des rapports entre concorde et vérité.
Nombre de pages
492
Date de parution
14/06/2019
Poids
655g
Largeur
150mm
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EAN
9782251449531
Titre
Symphonia. La concorde des textes et des doctrines dans la littérature grecque jusqu'à Origène
Auteur
Morlet Sébastien
Editeur
BELLES LETTRES
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150
Poids
655
Date de parution
20190614
Nombre de pages
492,00 €
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Biographie de l'auteur Sébastien Morlet est un ancien élève de l’École Normale Supérieure, il est agrégé de Lettres classiques, Docteur en langue et littérature grecques (qualifié, 8e section), Maître de conférences en langue et littérature grecques.
Résumé : Le christianisme a-t-il été une menace pour la culture gréco-romaine ? Audelà de ce questionnement, ce livre engage une réflexion sur le rapport du christianisme naissant avec l'idée même de culture, telle qu'elle existait avant le christianisme et telle qu'elle s'est modifiée par la suite. En passant en revue chacune des disciplines du septénaire constituant les arts libéraux, c'est-à-dire le socle culturel de tout lettré que les Grecs nomment egkuklios paidéia (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie), ce livre montre que, si la culture grecque suscite des oppositions R elle apparaît souvent comme l'expression du polythéisme ou des prétentions des Grecs à atteindre le savoir sans Dieu -, elle peut aussi être défendue par les chrétiens en tant qu'elle forme l'esprit et le rend capable de comprendre les données de la foi. Les auteurs patristiques reprennent ainsi à leur compte une conception ancillaire de la culture qui avait déjà cours dans certains courants philosophiques grecs, mais qui suppose un tri : la culture peut servir d'introduction à la foi, à condition qu'on n'en prenne que ce qui est bon. Mais au-delà de cette réflexion qui vise à déterminer ce qui, de la culture, doit être sauvé ou rejeté, les auteurs chrétiens tendent à présenter la doctrine chrétienne comme une culture à part entière, et dissocient pour la première fois dans l'histoire la notion de culture de celle d'hellénisme. Paradoxalement peut-être, ils donnent ainsi corps à une idée de culture globale dont christianisme et hellénisme n'apparaissent en définitive que comme deux composantes possibles. La réflexion des auteurs chrétiens aboutit donc à la fois à une relativisation du concept de culture R passage de la culture, forcément grecque, aux cultures, la grecque et les barbares R et à son extension R passage de telle ou telle culture à la culture en général : devient " culture " tout ce qui contribue à nourrir l'esprit, qu'il soit grec ou non. Le christianisme, à l'issue de cette étude, n'apparaît plus tant comme un obstacle à la transmission de l'idéal grec et romain de culture que comme un vecteur essentiel dans la façon dont la notion de culture s'est frayée un chemin jusque dans la Modernité.
Résumé : La polémique religieuse représente une page importante dans l'histoire des relations entre juifs et chrétiens. L'Antiquité en a laissé de nombreux témoignages littéraires, dont des dialogues mettant aux prises un juif et un chrétien. Ces textes se présentent en général comme des compte rendus de débats réels. Les deux adversaires discutent sur les points essentiels de désaccord : Jésus est-il le Messie ? L'Evangile s'est-il substitué à la Loi juive ? Qui, des juifs ou des chrétiens, est le peuple de Dieu ? Mais, composés par des chrétiens, ces dialogues ont toujours pour but de montrer la supériorité du christianisme. Ils sont adressés avant tout aux chrétiens et servent à les instruire dans la foi. Le Dialogue de Timothée et Aquila, composé par un auteur inconnu, peut-être sous le règne de l'empereur byzantin Justinien (VIe siècle), constitue, en grec, l'un des témoins les plus importants de ce genre littéraire dans l'Antiquité tardive. Ce texte se présente comme la relation d'un débat organisé à Alexandrie entre le chrétien Timothée et le juif Aquila. Au terme d'une controverse consacrée avant tout à la question du Christ, le juif admet sa défaite et reçoit le baptême. Reflétant davantage une discussion idéale qu'une controverse réelle, ce texte est un témoignage capital sur la façon dont les chrétiens se représentaient leur position par rapport au judaïsme dans les derniers temps de l'Empire romain. Cet ouvrage offre la première traduction française du dialogue dans sa forme longue.
Les lettrés de l?Antiquité et du Moyen Age avaient l?habitude de composer des notes de lecture. Ces notes prenaient souvent la forme d?extraits compilés dans des recueils. Ces recueils étaient parfois lus et copiés pour eux-mêmes. Les lettrés s?envoyaient leurs extraits ou s?en faisaient lire. Ces extraits permettaient de prendre connaissance rapidement du contenu essentiel d?un ouvrage, de ses "beaux passages" ou de ses passages les plus utiles. Ils avaient aussi un intérêt pédagogique ou polémique. Ils servaient souvent de matière première à la composition d?ouvrages anthologiques. Ils sont même à l?arrière-plan d?un grand nombre de textes dont le caractère anthologique n?est pas toujours facilement détectable. C?est dire combien les extraits étaient au coeur de la vie des lettrés de l?Antiquité et du Moyen Age. Ce livre se propose de repenser les pratiques de lecture et de composition, de l?Antiquité au Moyen Age, en tentant de préciser la place exacte que les "extraits" ont pu jouer jusqu?à l?aube de la Renaissance. Il est fondé sur une double approche à la fois comparatiste et historique. Il rassemble des contributions portant sur des aires culturelles différentes (l?Egypte pharaonique, le monde grec classique et hellénistique, le monde romain, l?Antiquité tardive, Byzance, le Moyen Age occidental) et s?applique à retracer l?émergence et la diffusion d?une pratique apparue avant tout en Grèce, à l?époque classique, et qui ne se cesse de prendre de l?importance dans les usages lettrés, dès l?époque hellénistique, et plus encore à l?époque du christianisme.
Résumé : "Une enfance pieuse, studieuse, où déjà, comme un mot d'Hadrien en témoigne, se révèle le trait spécifique du caractère, l'entière sincérité ; une jeunesse chaste, de bonne heure associée aux responsabilités du gouvernement, sans que les soucis et les charges portent aucune atteinte à la spontanéité ou à l'intensité de la vie intérieure ; l'âge mûr et la vieillesse voués sans réserve au service de l'Etat et aux intérêts de l'humanité, en un temps où les difficultés furent rudes et qui connut même des dangers graves ; enfin, laissé après soi et parvenu jusqu'à nous, un petit livre, quelques feuillets, mais si pleins, où survit et transparaît une âme aussi haute que pure, tel fut le destin de Marc-Aurèle, destin privilégié, auquel semblent avoir également collaboré - comme pour justifier les dogmes de l'école à laquelle l'empereur philosophe a adhéré si fermement - la raison souveraine qui distribue son lot à chacun et la volonté éclairée de l'homme à qui ce lot était échu." Aimé Puech, extrait de l'introduction (1947).
Le monde ancien des Babyloniens est longtemps resté méconnu, réservé à quelques érudits. Grâce à des découvertes exceptionnelles, notamment celles de dizaines de milliers de textes, rescapés des destructions, ce monde révèle ses secrets après quatre mille ans de silence. Daniel Bonneterre propose de suivre la vie quotidienne en passant " par la cuisine " pour faire découvrir l'univers des cuisiniers du roi, maîtres en transformation des ingrédients et respectueux des cultes. L'enquête traverse les palais contemporains du roi Hammourabi de Babylone, autour de 1750 av. J.-C. pour décrire les nourritures, les ingrédients, les plantes, quelques créatures étranges, les interdits alimentaires et les dangers qui les accompagnent. Quels étaient ces dangers, ces moyens, ces recettes des chefs ? Quel en est aujourd'hui l'héritage ? Les manières de table ont-elles leur origine à Babylone ? Pour répondre à ces questions, et à bien d'autres, Daniel Bonneterre a réuni une vaste documentation faite de mythes, de récits, de pièces de la correspondance, celles des rois, des prêtres et des femmes de pouvoir, des textes pris sur le vif. L'accent est mis autant sur les pratiques sociales et religieuses (hospitalité, convivialité, esthétisme, interdits) que sur la culture matérielle, garante d'une tradition efficace (hygiène, santé). Les découvertes présentées ici sont aussi surprenantes qu'inédites : les logiques symboliques à l'oeuvre dans le monde culinaire ancien sont décryptées pour la première fois.
Quoi de plus important que l'éducation des enfants ? Pourtant, celle-ci fait l'objet d'une indifférence collective effrayante, suicidaire, préférant les idées reçues, voire la répétition des violences et des errements passés, à la réflexion et à l'information. Pour les enfants, issu de trois ans de recherches et de documentation, se veut un constat d'alarme et un programme d'éducation. Constat d'alarme face à la brutalité exercée par notre modèle de société contre ses enfants : persistance de mythes sur leur supposée nature tyrannique, reproduction d'idées reçues délétères, indifférence, voire mépris de leur dignité, manque d'information sur leur maltraitance, y compris mortelle et y compris en France, popularité de l'éducation autoritaire. Tous les signaux sont au rouge. Programme d'éducation : sur la base des plus récents acquis des sciences, nourri par la longue fréquentation des textes classiques depuis l'Antiquité, ce livre critique, complet et engagé, jette les fondations raisonnées d'une éducation démocratique, dans la dignité et vers la liberté.
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