L'autorité perdue. Pour une théorie des fonctions de l'Exécutif
Montay Benoît
PUF
35,00 €
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EAN :9782130824800
Le Prince inapprivoisableJamais mot n'aura si mal désigné une chose : si le terme « législateur » suggère l'image d'une assemblée lancée dans des délibérations houleuses, si le mot « juge » fait également naître tout un imaginaire d'où se détache l'homme qui rend une sentence, l'expression « pouvoir exécutif » peine à caractériser ces présidents, Premiers ministres et autres chanceliers que l'opinion commune rattache davantage à l'image de chefs qu'à celle de simples exécutants. C'est à la compréhension et à la résolution de ce paradoxe qu'est consacré cet ouvrage, qui entend éprouver le mythe de la séparation des pouvoirs en le confrontant aux multiples activités exercées de nos jours par nos « exécutifs ». Une telle représentation plonge ses racines dans l'analyse des fonctions juridiques de l'État, telle qu'elle a été développée à partir du XVIIe siècle, mais qui est restée peu exploitée. Il en est résulté une vulgate philosophico-juridique établissant trois fonctions ? législative, juridictionnelle, administrative ? qui ne cadrent guère avec la diversité des activités de l'État. La fonction « administrative » ou « exécutive », singulièrement, a été conçue d'un point de vue organique comme une catégorie résiduelle embrassant l'ensemble des actes juridiques et matériels de cet organe que l'on ne saurait nommer « exécutif » qu'avec la prudence des guillemets. Pour dépasser ce paradoxe, cet ouvrage se propose d'offrir une méthode réaliste permettant de construire une typologie complète des fonctions, distinguant les nombreuses manières d'édicter un acte juridique ou de commettre un acte matériel, afin d'identifier, par ce qu'il fait, ce qu?est un exécutif. Or, l'application de cette méthode conduit à une aporie, car l'exécutif exerce ou participe peu ou prou à l'intégralité des activités de l'État, si bien que la fonction ne semble pas un outil pertinent pour saisir son essence : s'il fait tout, c'est qu'il est d'abord le pouvoir « exécutoire » de l'État, une puissance toujours sur pied, une force toujours en action, qui sert d'instrument au procès d'individuation et de concrétisation des règles générales aux cas particuliers. Mais la force ne saurait expliquer, à elle seule, sa participation à l'ensemble des fonctions étatiques. S'il est censé tout faire, c'est que l'exécutif est encore regardé comme une puissance décisionnelle montrant le chemin, fixant des caps, orientant les comportements. Réputé suggérer la fin la meilleure et les moyens les plus adaptés pour y parvenir, plébiscité par les citoyens à l'occasion des élections, l'exécutif n'est donc pas seulement un pouvoir, il est aussi, au sens où l'entendaient les Romains, une autorité. Par-delà l'Ancien Régime, l'exécutif est cette survivance finaliste de l'autorité politique dans un monde fonctionnel où la possibilité même de l?auctoritas est désormais compromise.
Nombre de pages
444
Date de parution
13/10/2021
Poids
796g
Largeur
174mm
Plus d'informations
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EAN
9782130824800
Titre
L'autorité perdue. Pour une théorie des fonctions de l'Exécutif
Auteur
Montay Benoît
Editeur
PUF
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174
Poids
796
Date de parution
20211013
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Cet ouvrage de Droit constitutionnel contemporain, devenu un classique du genre, se compose de deux volumes qui couvrent le programme de chacun des deux semestres de la première année en faculté de droit et AES, mais aussi des Instituts d'études politiques. Il est également recommandé pour la préparation des concours administratifs de catégorie A. Ce tome 1 est consacré à la théorie générale du droit constitutionnel, à l'histoire constitutionnelle de la France ainsi qu'aux grands régimes politiques européens et à celui des Etats-Unis. Il est éclairé de façon nouvelle par la référence à des textes constitutionnels, jurisprudentiels ou doctrinaux. Il constitue aujourd'hui le seul manuel consacrant des développements importants à l'histoire constitutionnelle et politique de la France. Le tome 2 est consacré à la Ve République. Tout en demeurant un manuel, le plan de l'ouvrage suit de manière originale l'ordre des titres de la Constitution et de ses articles et en constitue un commentaire structuré et très approfondi. II est accompagné de celui de son Préambule, composé de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, du Préambule de 1946 et de la Charte de l'environnement de 2004.
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Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
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Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.