Montalembert meurt le 13 mars 1870, au terme d'une maladie des reins dont la phase aiguë aura duré quatre ans. C'est une singulière entreprise que ce Journal des progrès de la mort dans la vie, tenu par le malade lui-même, condamné à l'immobilité, quasiment infirme, et qui note avec une méticuleuse précision tous les dérèglements du corps, sa dégradation inexorable, le senti ment de défaillance constante, la souffrance toujours renouvelée, l'impuissance des médecins et des médecines du temps. Et pourtant, à raison d'une heure ou deux par jour, le patient continue à lire et à écrire, à s'informer de l'actualité politique et religieuse, à s'adonner, autant que faire se peut, à ses activités d'Académicien, de rédacteur du Correspondant et d'écrivain. Sa demeure attire d'innombrables visiteurs, venus de toute l'Europe et des Etats-Unis ; passionnément intéressé par son temps, il aime à déceler les jeunes talents. Dans les derniers mois de son existence, il est associé aux débuts du ministère parlementaire d'Emile Ollivier, et conseille à la fois son ami Mgr Dupanloup et le nouveau gouvernement français sur la conduite à tenir au Concile de Vatican I : on ne saurait mieux affirmer "la suprématie de l'âme sur le corps et la victoire de la force morale sur toutes les misères de la nature".
Date de parution
29/06/2009
Poids
1 420g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782745319470
Titre
JOURNAL INTIME INEDIT.T8 ET DERNIER. 1865-1870
Auteur
MONTALEMBERT CHARLES
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
1420
Date de parution
20090629
Disponibilité
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Malgré le " grand dépouillement " de soi-même que vit Montalembert dans ces années 1859-1864, le Journal est d'une extraordinaire richesse. Il s'essaie dans les genres les plus divers. Une véritable réflexion politique est menée sur l'alliance du despotisme et de la démocratie sous le Second Empire. Le récit de voyage, dans la tradition du cosmopolitisme aristocratique, fait découvrir l'Allemagne, la Hongrie, la Pologne, l'Angleterre et l'Ecosse. Les carnets d'un érudit amateur d'art s'intéressent au grand mouvement de restauration des cathédrales et des monuments médiévaux, ainsi qu'à la peinture chrétienne du groupe des Nazaréens. Héritier des romantismes anglais et allemand, Montalembert développe une sensibilité à la fois religieuse et esthétique au paysage, inscrivant la cathédrale ou la ruine dans un cadre végétal ou aquatique. Il vit aussi les expériences les plus exaltantes, comme le triomphe éphémère du libéralisme catholique au Congrès de Malines, immédiatement condamné par l'encyclique Quanta cura et le Syllabus, ou les plus " crucifiantes ", comme l'entrée en religion de sa fille Catherine. Personnalité incomprise parce que toujours à contre-courant, Montalembert jette sur son temps un regard sans concession.
Montalembert Charles de ; Dumont Jean-Noël ; Mouli
Le catholicisme et les libertés publiques sont-ils conciliables? Au XIXe siècle, beaucoup en doutent. En revanche, pour Montalembert (1810-1870), d'éducation franco-britannique, disciple de Lamennais et ami de Tocqueville, la réponse est claire: La liberté a besoin de religion et la religion a besoin de liberté. Sous la monarchie de Juillet, le plus célèbre des parlementaires catholiques combat inlassablement au nom de la liberté. Face au coup d'Etat de 1851, il est acculé à l'épreuve décisive: soutenir l'ordre ou choisir la liberté. Il hésite, mais reste finalement fidèle à ses principes, ce qu'il expose avec brio dans son livre Des intérêts catholiques au XIXe siècle (1852). Ecarté des sphères du pouvoir, suspect à Rome, il récidive pourtant, devant les catholiques belges, à Malines, pour défendre le principe de l'Eglise libre dans l'Etat libre (1863). Ses idées, l'Eglise catholique les reprendra à son compte, un siècle plus tard, dans la déclaration sur la liberté religieuse du concile Vatican II. Ce sont ces deux écrits majeurs qu'on trouve ici, replacés dans leur contexte, dans une édition annotée permettant d'en comprendre tous les enjeux.
Lorsque Charles de Montalembert, en 1836, publie son premier livre, La Vie de sainte Élisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (1207-1231), il n'a que vingt-six ans.Dans un style incomparable, il esquisse la biographie d'une sainte du mile siècle qui conjugue naissance royale, amour des pauvres et de la pauvreté, vie conjugale heureuse et idéale de chasteté, enracinement médiéval et exemplarité universelle.Henri-Dominique Lacordaire avait vu juste: La Vie de sainte Élisabeth est bien l'un des piliers, disons au moins l'un des repères, de la reconquête catholique du XIXe siècle. Le jeune Montalembert s'y est efforcé de retrouver le Moyen Âge chrétien, méconnu et même ridiculisé par les siècles précédents. Sa longue introduction, qu'il a laissée inchangée dans toutes les éditions, a pour but de présenter les grandeurs du mile siècle. Il en fait un portrait qui, pour être apologétique, ne manque ni de charme ni de grandeur. La présente édition reprend celle que publièrent, en 1876, les libraires Bray et Retaux. Le texte ne cessa pas d'être réédité au XIXe siècle, avec quelques aménagements du temps de Montalembert lui-même. En 1903, le libraire Retaux en était à la vingt-deuxième édition. C'est donc un best-seller catholique qui est repris ici, en notre temps qui a une vision peut-être moins romantique et moins "poétique" du Moyen Âge, mais qui sait que cette période de notre culture occidentale ne saurait être comprise sans la dimension religieuse et mystique que Montalembert a eu, en son temps, le mérite de privilégier.
Publiée intégralement pour la première fois, retranscrite ligne par ligne à partir des autographes, introduite et annotée, la présente Correspondance est un document d'un intérêt exceptionnel. Reflet précis de toute une époque, elle constitue en effet une mine de renseignements. Elle révèle une amitié profonde entre les deux hommes, amitié toujours digne et noble, en dépit et au travers de brouilles passagères.