L'urbanisme dans les Amériques. Modèles de ville et modèles de société
Monnet Jérôme
KARTHALA
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EAN :9782845860360
De Teotihuacan à Brasilia en passant par New York et Mexico, l'urbanisme américain a été caractérisé par sa dimension cosmogonique, c'est-à-dire par son rôle dans la genèse d'un ordre du monde. Dès avant la conquête du "Nouveau Monde" par les Européens, la ville précolombienne a été un reflet et un instrument de la mise en ordre de l'univers. Cette vocation a été maintenue par les fondations urbaines de la colonisation, grâce à la dimension utopique du projet moderniste européen. De nos jours, dans les plans des architectes et des urbanistes comme dans les rêves des immigrants et des citadins pauvres, la ville américaine continue d'être le lieu de la tension entre ordre et désordre, chaos et cosmos. L'analyse des cosmogonies urbaines américaines est l'objet de cet ouvrage qui réunit les textes d'archéologues, d'historiens, d'architectes, de sociologues et de géographes vivant et travaillant au Canada, aux Etats-Unis, au Mexique, au Brésil, en Argentine ainsi que dans l'Ancien Monde (France, Espagne, Tunisie). La démarche est doublement originale parce que, d'une part, se confrontent des points de vue disciplinaires sensiblement différents et, d'autre part, la perspective embrasse l'ensemble des Amériques, du nord au sud.
Nombre de pages
205
Date de parution
11/07/2000
Poids
390g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845860360
Auteur
Monnet Jérôme
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20000711
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205,00 €
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Anciennes cités, villes nouvelles, temples antiques et gratte-ciel modernes sont quelques-unes des formes socio-spatiales que cet ouvrage met en relation avec les pouvoirs qui les ont construites à travers les âges dans les Amériques. Pourquoi le continent américain a-t-il constitué, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours, le territoire d'un urbanisme planifié, quadrillé, uniformisé, et d'une architecture de la démesure ? Comment en est-il venu à offrir à la volonté humaine une étendue propice à l'expression géométrique d'un ordre social ? Serait-il par excellence l'empire d'une foi absolue dans le pouvoir de l'espace ... Pour répondre à ces questions, ont été réunis ici par Jérôme Monnet (Université de Toulouse-2 Le Mirail / Institut universitaire de France) les textes d'archéologues, d'anthropologues, de géographes et d'historiens venus du Canada, des Etats-Unis, du Brésil, d'Argentine ainsi que de France. Ils montrent comment la conception des espaces publics ou des bâtiments urbains correspond aux modes d'exercice d'un pouvoir, qu'il soit politique, économique ou religieux.
L'observation, fondamentale dans l'étude des rapports société-espace, implique de décrire une situation mais aussi d'analyser la place qu'y occupe le chercheur. Une grande variété de terrains - l'alimentation en Polynésie, les squats en France, les plages de Rio, les bains-douches parisiens ou les chamois des Bauges, entre autres - offrent ici l'occasion d'examiner l'interdépendance de l'observation avec d'autres techniques d'enquête, la médiation d'outils d'enregistrement comme le dessin ou la photo, ainsi que les enjeux de la corporéité de l'observateur et de son intrusion dans l'intimité d'autrui. L'espace de l'observation apparaît dès lors comme celui d'une collaboration, de bon gré ou non, avec les observés.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.