C'est un "roman-je" comme on dit en japonais. Ou un "commerce de fantômes", comme on dit quand on est Kafka, et dans une langue qui n'est pas encore celle des meurtriers. Yuko est à Aix, Monique aussi, mais elles s'écrivent. Puis Yuko revient au Japon, mais l'échange de lettres va durer : au bout de deux années d'écriture, d'un commun accord, on se dit d'abord que tout est dit, comme une pierre tombale, mais des aventures parallèles se poursuivent, et se diront dans un ultime échange, une rencontre quatre ans après. Que peut-on s'écrire quand on est dans la même ville, mais que ce n'est pas la même, parce que les regards diffèrent ? Echanges, approches légères de deux cultures : un pacte, proposé par Monique, póur une écriture qui ne serait pas autobiographique, mais qui tenterait d'élucider des questions qui (la) dépassent : la place de la femme, le rapport aux enfants, le rapport entre générations, le féminisme, les fantasmes projetés sur l'Autre et par l'Autre. Yuko, elle, rêve d'une oeuvre collective, "comme un patchwork qu'on dirait crazy", et croit répugner à l'autobiographie. C'est pourtant bien une autobiographie à deux voix qui va se tisser ici, et une ethnographie réciproque : la séduction à l'occidentale, l'honneur à la japonaise, la cuisine, la répartition des habitations, il faut qu'une maison soit ouverte et fermée. Et puis l'écho des expériences, les aveux en biais, les souvenirs, qui vont du plus délicieux anecdotique ("Je me souviens que le caramel de Morinaga coûtait dix yen et qu'il avait bon goût") au plus marquant, au plus grave : de mai 1968, Monique a retenu " ne jamais me taire quand je pourrais parler". De la nécessité de cet échange, c'est Yuko qui tire la leçon : "Vous aviez besoin de parler à une étrangère parce que vous vous sentiez étrangère dans votre société." Mais se sentir étranger, c'est peut-être la première condition pour sortir du rang des meurtriers, comme disait le passant de Prague. " Va, texte rétif, va... " Anne Roche.
Nombre de pages
176
Date de parution
01/07/2000
Poids
230g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782904201271
Titre
Kyoto, Provence
Auteur
Grandjonc Monique ; Mingot-Tauran Françoise
Editeur
WALLADA
Largeur
130
Poids
230
Date de parution
20000701
Nombre de pages
176,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Traduire au plus près les paysages et les êtres vivants de la Camargue comme de l'arrière-pays provençal. Par une fine observation amoureuse et une langue accordée, écrire leur magie, leur nécessité ainsi que leurs fragilités. Célébrer leur beauté en rythmes et en mots.
1939-1945. Cent cinquante à deux cents adolescents alsaciens ou lorrains et leur encadrement : une Ecole normale d'instituteurs réfugiée dans une abbaye non loin de Limoges. Un abri que rejoignent des évadés de provinces annexées par le Reich, où se poursuivent les études, où se développent, en même temps qu'une culture de groupe ouverte aux réalités locales, le soutien aux persécutés et la résistance au nazisme. Ce livre épouse la vigueur d'une jeunesse laborieuse et inventive, perspicace et intrépide, frondeuse souvent, confrontée à la rupture avec les familles demeurées dans des provinces d'où leur parviennent de terrifiants échos. A partir de documents originaux, il dresse de vivants portraits ainsi qu'un tableau très concret de la France du sud dans ces années noires. Le lecteur est amené à comprendre rêves et choix de ces apprentis instituteurs affrontant des conditions de vie et de travail inédites. Pour certains, l'épreuve des Chantiers de jeunesse, puis des combats de la Libération. Pour quelques-uns, l'internement et la déportation. Chemin faisant, suivre leur réflexion, stimulée par un directeur d'établissement hors du commun, à propos de la laïcité, du patriotisme, des identités régionales... la liberté et l'amour tels que les voulaient leurs vingt ans. Le métier d'homme. Ecriture et lecture d'alors et de maintenant se rejoignent dans la recherche d'une émancipation, quoi qu'il en coûte. Avec l'humilité têtue de qui veut restituer les eaux vives des mémoires dans le courant de l'histoire toujours renouvelée.
Faire l'histoire d'un mot, ce n'est jamais perdre sa peine". Jacques Grandjonc a suivi à la lettre cette proposition de Lucien Febvre. Communisme/Kommunismus/Communism est la première et unique analyse historique et philologique qui vise à saisir l'émergence en Europe de la question sociale et de son champ lexical. Il étudie l'origine et le développement des termes " communiste", "communisme" et d'un certain nombre d'autres apparentés, tels "coopération", "socialisme", "mutualisme" nés, entre 1785 et 1842, au sein de groupes parfois infimes mais décidés à transformer la société et résolument hostiles à l'individualisme et à la propriété privée. De Restif de La Bretonne aux premiers écrits de Marx et d'Engels en passant par Babeuf, Maréchal, Riedel, Buonarroti, Owen, Leroux, Cabet, Considérant, Weitling, Dezamy, Lebon, etc, Jacques Grandjonc suit - textes à l'appui, pour la plupart inédits - la germination d'un vocabulaire communautaire, révolutionnaire et international qui sera au coeur de l'histoire du XIXe, du XXe et du XXIe siècle.
Faire l'histoire d'un mot, ce n'est jamais perdre sa peine." Jacques Grandjonc a suivi à la lettre cette proposition de Lucien Febvre. Communisme/Kommunismus/Communism est la pre-mière et unique analyse historique et philologique qui vise à saisir l'émergence en Europe de la question sociale et de son champ lexical. Il étudie l'origine et le développement des termes "communiste" , "communisme" et d'un certain nombre d'autres apparentés, tels "coopération" , "socialisme" , "mutualisme" ... nés, entre 1785 et 1842, au sein de groupes parfois infimes mais décidés à transformer la société et résolument hostiles à l'individualisme et à la propriété privée. De Restif de La Bretonne aux premiers écrits de Marx et d'Engels en passant par Babeuf, Maréchal, Riedel, Buonarroti, Owen, Leroux, Cabet, Considerant, Weitling, Dezamy, Lebon, etc. , Jacques Grandjonc suit - textes à l'appui, pour la plupart inédits - la germination d'un vocabulaire communautaire, révolutionnaire et international qui sera au coeur de l'histoire du 19e, du 20e et du 21e siècle.
Victoria Thérame, née à Marseille dans une famille franco-italienne, écrit depuis l'adolescence. Elle publie à vingt-deux ans chez Julliard son premier roman. Une vingtaine de titres paraissent ensuite, surtout aux Editions des Femmes. Bien accueillie à l'étranger, elle est distinguée par de nombreux prix et traductions. Son style novateur a très vite fait l'objet d'études. Elle mène parallèlement à cette oeuvre un combat social et féministe.
Là où la terre s'ouvre sur la mer, tout est possible. Mais un goût d'amertume est le prix à payer pour tant de liberté. Après la publication, en 2009, d'un roman historique de longue haleine (ZOTOS l'Athénien, ou le silence des dieux), Robert Blondel aborde ici la forme courte de la nouvelle. Depuis les rivages marins, il nous entraîne aussi bien aussi bien dans la relecture émouvante d'un grand mythe que dans l'imprévu de récits très contemporains C'est parfois une rencontre presque banale, celle de deux êtres qui ne se reverront plus, mais partagent en silence un secret (François-René). Si l'homme accueilli sur la rive par celle qui ne l'espérait pas se dérobe à son destin, lequel des deux va mourir (La dernière escale) ? La plage, c'est aussi le lieu où, comme des épaves, viennent s'échouer les souvenirs de ce qui nous a donné notre force (En face), de ce qui nous a meurtris (L'aquarelle), ainsi que les simples impressions ressurgies de l'enfance (Marée montante) et de l'adolescence, même si notre mémoire les a déformés ou enfouis (Avec le temps...). Le danger qui nous y guette n'est pas toujours celui attendu, que l'on imagine devoir affronter les hommes (Une liberté folle) ou les fortunes de mer (Passé décomposé). .