Aux sources de la République laïque. L'école du peuple, entre ordre et révolution
Miqueu Christophe
BORD DE L EAU
20,00 €
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EAN :9782385191542
Que signifie le concept de laïcité dans son contexte républicain singulier d'émergence il y a plus de 150 ans ? En quoi ce néologisme a-t-il pu constituer un principe politique d'émancipation ? Comment s'est-il forgé au contact d'une dynamique plébéienne du laos et au détriment de la tendance dominatrice du kléros ? Pourquoi l'école laïque, loin de se réduire à l'achèvement du processus de républicanisation de la France engagé pendant la Révolution française, pouvait aussi être conçue comme le commencement indispensable de l'édification d'une République sociale ? À force de se contenter de réfléchir la République laïque sur le mode du consensus ou d'un discours de l'ordre, et de neutraliser les conflits qui ont accompagné son avènement institutionnel, ne nous sommes-nous pas éloignés de ses potentialités véritablement émancipatrices ? L'attention portée dans ce livre à la genèse du concept de laïcité au coeur des républicanismes français, est une étape d'approfondissement essentielle pour sortir des idées toutes faites sur notre identité civique collective. On y comprendra, sous un regard nouveau, quelle forme d'émancipation politique et sociale est au coeur de notre République laïque, autrement dit quel projet révolutionnaire, lié à la puissance du peuple, elle conditionne et contient. On y trouvera une voie plébéienne inattendue conduisant vers une laïcité d'émancipation.
Nombre de pages
260
Date de parution
12/09/2025
Poids
300g
Largeur
166mm
Plus d'informations
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EAN
9782385191542
Titre
Aux sources de la République laïque. Entre ordre et révolution
Auteur
Miqueu Christophe
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
166
Poids
300
Date de parution
20250912
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Dans la période que nous sommes en train de vivre, la laïcité donne l'illusion, par l'omniprésence du terme et en dépit de multiples usages, d'être une référence commune. Comme s'il suffisait d'énoncer le mot pour imaginer qu'il est immédiatement compris. Or, même si le concept structure notre mode d'organisation politique depuis longtemps, il n'en reste pas moins qu'en dehors d'une intuition vague qui en garantit la valeur, il est loin d'être toujours compris. Comprendre la laïcité, c'est prendre au sérieux un principe pour ce qu'il signifie et indique du type de société politique que nous avons organisé à travers lui. Loin de nous restreindre aux sentences toutes faites, cela nous ouvre sur un horizon politique aux potentialités qui restent à développer. Par un réexamen complet de ce principe à l'aune du triptyque républicain, ce livre propose les clés d'interprétation nécessaires pour décrypter les enjeux pour notre avenir commun que soulève la laïcité.
Les recherches sur le républicanisme connaissent en France, depuis quelques années déjà, dans le sillage du renouveau anglo-saxon, un regain d'intensité porté notamment par une perspective souvent pluridisciplinaire. S'inscrivant dans cette dynamique, ce numéro de Lumières se propose d'interroger l'évolution complexe du modèle républicain dans la période où il est souvent présenté comme le plus porteur d'avenir, et où il est exposé en même temps à de nombreuses remises en question : le siècle des Lumières. Les Lumières, trop souvent considérées dans une perspective très franco-centrée, comme une période où le modèle républicain bénéficierait d'une sorte d'unicité conceptuelle, se révèlent bien plutôt comme un moment de profondes mutations, voire de crise de l'idée et des pratiques républicaines. Les Républiques urbaines traversent des crises internes alors que s'engage un débat sur leurs forces et faiblesses comparées aux monarchies éclairées et stables. Les philosophes conçoivent des modèles nouveaux, à l'échelle d'un Etat, s'opposant à la monarchie absolue. La logique traditionnelle du devoir commence à voir sa primauté discutée par la logique nouvelle du droit. Les voies de l'émancipation privilégient un paradigme de plus en plus pacifique et laissent émerger l'idée républicaine éducatrice et démocratique du citoyen éclairé. C'est donc le modèle républicain toujours en train de se réformer au plan conceptuel comme au plan empirique qui est étudié ici, pour voir en quoi il ouvre sur la modernité. L'espace européen dans sa diversité est examiné de même que les Lumières dans leur durée et leur force d'influence.
Distinguant conflit et violence, cet ouvrage redonne à la démocratie son sens d'espace public où la possibilité même du conflit doit être maintenue. Qu'ils prennent la forme de mobilisations en faveur des travailleurs pauvres, des immigrés clandestins, ou des minorités, les conflits au sein d'une démocratie ne disent pas ce que veut le peuple mais ce qu'il ne veut pas, à savoir sa disparition en tant que peuple. Ils témoignent alors des capacités de résistance à des formes d'oppression de classe, de race ou de genre.
L'idéal français d'un modèle républicain et démocratique de l'école est depuis plusieurs décennies mis en question. Entre une morale républicaine qui semble ne plus se transmettre, un cadre laïque parfois contesté et un système éducatif encore fortement inégalitaire et en proie au doute, l'heure est aux plus vives interrogations quant à la finalité de l'école. Peut-on encore adresser à l'école la mission de "transmettre des valeurs" ? Qu'en est-il des normes supposées partagées comme principes d'organisation du monde social et comme bases d'une déontologie enseignante ? L'arrivée d'une nouvelle épreuve dans le cadre des concours de la Fonction publique menant aux métiers de l'Education nationale, intitulée "Agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable", a provoqué depuis 2010 une cristallisation supplémentaire. La volonté de recadrer les acteurs à travers un succédané de principes semble bien témoigner d'un sursaut caricatural de conscience, dans un contexte de désinvestissement de l'institution et de responsabilité individuelle sans cesse accentuée. Cet ouvrage interroge les formes que peut prendre la réflexion éthique et déontologique au sein du monde éducatif. Il s'agit de se demander quel sens il peut y avoir à parler de norme morale à l'école aujourd'hui, plus particulièrement de morale laïque. Plus avant, les auteurs donnent différents points de vue, souvent critiques, sur la tentative ministérielle de définition du "bon fonctionnaire" de l'Education nationale.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...