Milner Marion ; Amfreville Marc ; Danon-Boileau La
FARIO
27,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9791091902953
Par son originalité et la simplicité apparente de son style alerte Marion Milner occupe une place à part dans le panthéon de la pensée psychanalytique. Sa réflexion sur la créativité dans la séance comme à l'extérieur de ce cadre sont une source constante de renouvellement pour la réflexion. Sa perspective s'inscrit dans le sillon tracé par Winnicott : il s'agit pour elle de souligner les mouvements susceptibles de favoriser l'authenticité d'un sujet - en s'affranchissant de la pression que peuvent exercer sur lui ceux qu'il aime ou qu'il redoute. Dans ce livre, la réflexion emprunte le chemin de l'analyse des états d'âme qui accompagnent les variations du quotidien dans les situations les moins bien balisées. C'est ainsi que l'auteur est amenée à poser la question de la vacance : que faire de son temps libre ? Si l'on a des certitudes sur le monde, une telle interrogation disparait. Mais si l'on est moins affirmatif, plus conscient de l'identité des autres que de la sienne propre, le problème devient réel. Le risque de vivre par raccroc, à la remorque de l'autre, de ses désirs et de son bien être, s'accroit. En l'occurrence, malgré leur émancipation, la question reste cruciale pour bien des femmes. Faisant recours à une méthode tient de l'enquête, de la psychanalyse et de l'observation de soi, l'auteur, qui a mené constamment une double activité de peintre et de psychanalyste, s'efforce de recenser et d'analyser les mouvements intimes de la vie quotidienne pour parvenir à cerner ce qui nous rend créatif et peut arracher notre pensée aux ornières du conformisme, de la routine et de la complaisance. Pour y parvenir, Marion Milner part de l'analyse de son journal intime. Elle en reprend les notations cursives pour en souligner certains aspects imprévus et profonds. Au demeurant, lorsque certaines de ses pensées sont consacrées aux jours les plus noirs de la décennie précédant la seconde guerre mondiale, elles offrent une ressaisie remarquable de l'écho intérieur de la montée des fascismes en Europe. Libre cours rappelle alors les plus belles pages du Monde d'hier de Stefan Zweig. A ce titre, comme le souhaite l'auteur, le livre permet "à toute personne ordinaire de prendre conscience de certains des processus à l'oeuvre à l'intérieur d'elle-même". Et de ce qu'il en advient en temps de crise.
Nombre de pages
200
Date de parution
07/07/2023
Poids
360g
Largeur
152mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791091902953
Titre
Libre cours. A l'épreuve de l'oisiveté
Auteur
Milner Marion ; Amfreville Marc ; Danon-Boileau La
Editeur
FARIO
Largeur
152
Poids
360
Date de parution
20230707
Nombre de pages
200,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : Ce livre a été écrit, il y a plus de cinquante ans, par une jeune femme qui le publia sous le pseudonyme de Joanna Field. Marion Milner qui n'était pas encore la grande psychanalyste qu'elle est devenue, auteur de ce beau livre qu'est Les mains du dieu vivant, tenait depuis l'âge de vingt-six ans son diary où elle consignait ce qu'elle croyait être "la meilleure chose de la journée" et entretenait l'espoir d'y découvrir "ce qu'elle désirait vraiment" . Curieuse tentative que ce journal et le livre qu'il inspira ensuite. L'auteur jouit d'une bonne santé, à des amis et un métier intéressant. A peine souffre-t-elle de difficultés de concentration. Elle est bien dans la vie, mais voilà, ce n'est pas la sienne. Elle se sent à côté d'elle-même. Alors elle établit des listes - ce que j'aime, ce que je hais, ce qui me fait peur...; elle écrit ses pensées sans contrôler leur direction; elle explore les moments où le plaisir vient et disparaît; parfois elle part d'un mot qu'elle laisse dériver selon la phonétique. Le lecteur accompagne la jeune femme dans sa quête incertaine et son enquête attentive, obstinée. Il est rare de voir quelqu'un rapporter pas à pas comment il a découvert l'existence de l'inconscient, ici partout à l'oeuvre sans être nommé, ou de la bisexualité, ou encore de ce que Conrad appelait l'élément destructeur. C'est une personne bien attachante qui se profile dans ce journal d'une âme, fraîche et franche. Comme on dit familièrement, Marion Milner, c'est quelqu'un. Et, pour paraphraser Freud, quand quelqu'un écrit, sans se cacher derrière les mots, et seul dans sa nuit, il fait clair.
Comment des gens apparemment "normaux. psychiquement sains" (à l'aune de leur réussite professionnelle et sociale) peuvent-ils être, de fait.,affectivement et émotionnellement stériles pour avoir sacrifié leurs capacités créatives et de rêverie aux impératifs de la pensée rationnelle logique dominante? A l'inverse, comment des personnes ayant vécu des situations catastrophiques peuvent-elles réintégrer la santé en développant leurs capacités de création? La conjugaison d'une pratique analytique "indépendante" et d'un engagement personnel total dans la création artistique a conduit l'auteur à un renversement de point de vue dont rend bien compte le titre, un tant soit peu énigmatique et paradoxal, de l'ouvrage: il y aurait une véritable folie (refoulée) dans la "fuite dans la santé" des gens dits normaux, comme il y aurait, à l'opposé, une véritable santé, qui serait celle des "psychotiques guéris" (termes repris de Winnicott, dont les élaborations recoupent en plus d'un point celles de son amie Marion Milner). Cet ouvrage nous donne à voir l'intérêt d'une vie pour "l'histoire de la bataille que nous avons tous à mener à un degré plus ou moins grand, et que nous le sachions ou non, pour apprendre à devenir capables d'aimer et de travailler'. 44 années de pratique clinique se trouvent ici condensées dans 20 articles passionnants rassemblés par Marion Milner, qui a toujours cherché, au-delà de l'utilisation de l'outil spécifique que sont les concepts élaborés dans le cadre de la théorie freudienne. un mode de transmission de son expérience et de ses découvertes qui parle à l'expérience propre de chacun et qui permette d'autre part de nouer des dialogues avec les chercheurs des disciplines connexes. Biographie de l'auteur Marion Millier, psychanalyste londonienne, a débuté sa carrière en tant que membre de la British Psycho-Analytical Society au début de la Seconde Guerre mondiale, sous la supervision de Melanie Klein. Elle est devenue célèbre non seulement pour ses incursions dans le champ culturel (par ses explorations dans les domaines de l'art, des loisirs et de l'éducation) mais aussi pour le compte rendu approfondi d'un cas psychanalytique qu'elle a publié en 1969 sous le titre: The Hands of the Living Gad (Les mains du Dieu vivant, trad. R. Lewinter, Paris, Gallimard, 1974), qui lui a valu de nombreux partisans et disciples à la fois dans la profession psychanalytique et parmi le grand public."
O vestiges épars et sans vertu ! Pourquoi vous réunir ici, pourquoi ? Mais, on ne sait d'où venue, une obscure injonction n'a cessé de m'y contraindre, une exigence à quoi il importait mystérieusement d'obéir. Peut-être, prise à votre propre piège d'échos rompus et de reflets, cette longue suite d'années me sera-t-elle rendue, celles que j'ai pu vivre avant de sentir sous le même ciel, à travers les mêmes saisons, le coeur de l'univers paysan s'enfiévrer lentement jusqu'à l'inguérissable, son calme et beau visage perdre sa paix. Peut-être, par votre aide et sans qu'un miracle y participe, sinon cette lumière de septembre si pure qu'elle illumine au-delà de l'instant les plus lointaines profondeurs temporelles, peut-être la route nous sera-t-elle rouverte vers un monde qui était encore celui de la lenteur et du pas, du pas humain. Le vôtre, laboureurs et semeurs anciens, ô mes amis faucheurs de froments mûrs et d'herbages, oui, votre pas". G. R.
La Montée du nazisme réunit neuf textes que Joseph Roth a écrits entre 1924 et 1939 pour des journaux allemands (Der Drache, Das Neue Tage-Buchs, Pariser Tageblatt) parmi ceux, nombreux, auxquels il a collaboré jusqu'à sa mort. Car le grand romancier autrichien était aussi un grand journaliste. Dès les années Vingt, Roth fut attentif aux signes d'un bouleversement en marche dans la mentalité du peuple allemand. Ce dernier était gagné comme sous l'effet d'une infection proliférante par le nationalisme. Roth le dénonça au moyen d'une très fine observation du changement des moeurs et dans un style ironique souvent caustique. Quelques exemples : il s'intéresse au vote des femmes nationalistes dont il fustige la bêtise autant que la laideur. Roth s'inquiète également du comportement brutal d'une horde de "nationaux" en goguette le jour de Pâques, la matraque à la main, onanistes autant qu'antisémites. C'est dire ! Il dénonce aussi le meurtre par un brigadier de police de deux des trois ouvriers sur lesquels il a tiré parce qu'ils chantaient un lied écrit par l'écrivain juif Heinrich Heine, et non un chant patriotique. Après avoir annoncé la mort de la littérature allemande devenue, avec le nazisme et sur le modèle soviétique, exclusivement officielle ; après avoir dénoncé la mascarade wagnérienne qui masqua théâtralement l'hitlérisme et par laquelle le snobisme européen s'est laissé séduire ; après avoir évoqué le chêne de Goethe à Buchenwald, seul arbre de la forêt auquel on n'a pas pendu les déportés, Roth s'intéresse, dans la deuxième partie du livre, à la Chanson des Niebelungen, récit mythologique auquel s'est abreuvé le national-socialisme. Y sont glorifiés sournoiserie, trahison, perfidie et assassinat. Joseph Roth en relate les grandes lignes puis en dénonce, avec Goethe, le fondamental et radical paganisme. Comment l'Autrichien Roth aurait-il pu faire d'un pays se réclamant de telles valeurs, sa patrie ? En 1933, il s'exila à Paris où il mourut avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale.
Résumé : Qui, s'il en avait le choix, ne frissonnerait à l'idée de revenir sur Terre dans un millier d'années ?, se demandait Maeterlinck vieux. Qui, si on le lui proposait, souhaiterait son transfert immédiat à vingt ans d'ici dans l'avenir ? Et qui, si c?était possible, ne souscrirait aussitôt à prendre ses vacances dans le monde d'il y a quarante ou cinquante ans ...
Sur la pointe des quatre mille mètres, l'homme des glaciers sublimes, confondant la grandeur et le nombre, s'émerveille bonnement du dédale de sommets qui l'entourent". S'ouvrant sur une ironique adresse à Ramuz et aux conquérants des cimes et des sommets alpins, tirant gloire ou ravissement éphémères de leurs exploits, Gustave Roud plaide ici pour une expérience de la marche en apparence plus modeste mais combien plus profonde. Le poète fut, en effet, un grand arpenteur des collines du pays vaudois, marcheur nocturne souvent, rendant visite à un ami ou errant sans prétexte ni but. Nombre de ses textes et poèmes sont sans doute nés de ces divagations. Examinant, à sa façon délicate, divers aspects constitutifs du voyage - la solitude, le rythme, les noms de villages, les étoiles, les chambres -, Roud ne s'y arrête que pour décliner la singularité de son aventure : car la marche, si elle implique le corps et sa fatigue, faisant même de celle-ci une alliée, est pour lui une voie spirituelle. Une fuite, une rupture, un oubli, un grand saut hors de la linéarité du temps et de l'architecture de l'espace : il s'agit avant tout de se perdre, de voir se décomposer le monde autour de soi, de devenir le fantôme de ce monde, d'en être expulsé, chassé, pour le faire naître à nouveau dans l'intemporel, dans les mirages de l'esprit et dans les miracles du coeur, au seul rythme de ses pas, au seul diapason de sa joie. La marche est l'autre nom de la solitude.