O vestiges épars et sans vertu ! Pourquoi vous réunir ici, pourquoi ? Mais, on ne sait d'où venue, une obscure injonction n'a cessé de m'y contraindre, une exigence à quoi il importait mystérieusement d'obéir. Peut-être, prise à votre propre piège d'échos rompus et de reflets, cette longue suite d'années me sera-t-elle rendue, celles que j'ai pu vivre avant de sentir sous le même ciel, à travers les mêmes saisons, le coeur de l'univers paysan s'enfiévrer lentement jusqu'à l'inguérissable, son calme et beau visage perdre sa paix. Peut-être, par votre aide et sans qu'un miracle y participe, sinon cette lumière de septembre si pure qu'elle illumine au-delà de l'instant les plus lointaines profondeurs temporelles, peut-être la route nous sera-t-elle rouverte vers un monde qui était encore celui de la lenteur et du pas, du pas humain. Le vôtre, laboureurs et semeurs anciens, ô mes amis faucheurs de froments mûrs et d'herbages, oui, votre pas". G. R.
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Nombre de pages
106
Date de parution
22/10/2020
Poids
148g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9791091902595
Titre
Campagne perdue
Auteur
Roud Gustave ; Pétermann Stéphane
Editeur
FARIO
Largeur
136
Poids
148
Date de parution
20201022
Nombre de pages
106,00 €
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Résumé : Ces lettres ne feront pas de vous un poète talentueux, là n'est d'ailleurs pas la question. Mais le lecteur se surprendra peut-être à découvrir en Rilke l'un de ses semblables. L'écrivain de génie s'y révèle de fait d'une déconcertante accessibilité. Face aux doutes d'un jeune poète, Rilke conseille et rassure son correspondant, avec patience et humilité. Et si la poésie dépendait moins du travail sur le texte que d'un travail sur soi ? A défaut de révéler les ressorts de la création littéraire, c'est une véritable éthique que le poète tâche d'exposer. La traduction de l'écrivain Gustave Roud, longtemps introuvable, révèle brillamment la puissance poétique intacte de ces lettres. Demeure un texte culte, universel : un guide pour tous ceux éprouvant cette "noble inquiétude de vivre".
Double miroir, ce sublime essai - qui n'en est pas un - apparente le cri rimbaldien à la joie paysanne. Cette approche d'un Rimbaud intérieur est autant la vue exaltée de l'adolescent absolu qu'un autoportrait. Y brillent deux chemins sans écart, deux vies sans concession : A toi Nature je me rends !
Si l'oeuvre poétique de Gustave Roud reste confidentielle - et presque secrète - que dire de son oeuvre photographique, dont l'ampleur ne saurait pourtant être négligée ? Avec Haut-Jorat, c'est ce double secret qui nous est révélé, toujours à voix obscure. Edité pour la première fois en 1949 en tirage limité hors-commerce, ce livre où le poète vaudois rend hommage à sa terre et à ceux qui la foulent est enfin exhumé, accompagné des huit photographies originales avec lesquelles il entre en résonance. Et si, par cette nouvelle publication, c'est un peu du secret qui se perd, le mystère quant à lui demeure intact, enraciné qu'il est en la terre aimée.
La Montée du nazisme réunit neuf textes que Joseph Roth a écrits entre 1924 et 1939 pour des journaux allemands (Der Drache, Das Neue Tage-Buchs, Pariser Tageblatt) parmi ceux, nombreux, auxquels il a collaboré jusqu'à sa mort. Car le grand romancier autrichien était aussi un grand journaliste. Dès les années Vingt, Roth fut attentif aux signes d'un bouleversement en marche dans la mentalité du peuple allemand. Ce dernier était gagné comme sous l'effet d'une infection proliférante par le nationalisme. Roth le dénonça au moyen d'une très fine observation du changement des moeurs et dans un style ironique souvent caustique. Quelques exemples : il s'intéresse au vote des femmes nationalistes dont il fustige la bêtise autant que la laideur. Roth s'inquiète également du comportement brutal d'une horde de "nationaux" en goguette le jour de Pâques, la matraque à la main, onanistes autant qu'antisémites. C'est dire ! Il dénonce aussi le meurtre par un brigadier de police de deux des trois ouvriers sur lesquels il a tiré parce qu'ils chantaient un lied écrit par l'écrivain juif Heinrich Heine, et non un chant patriotique. Après avoir annoncé la mort de la littérature allemande devenue, avec le nazisme et sur le modèle soviétique, exclusivement officielle ; après avoir dénoncé la mascarade wagnérienne qui masqua théâtralement l'hitlérisme et par laquelle le snobisme européen s'est laissé séduire ; après avoir évoqué le chêne de Goethe à Buchenwald, seul arbre de la forêt auquel on n'a pas pendu les déportés, Roth s'intéresse, dans la deuxième partie du livre, à la Chanson des Niebelungen, récit mythologique auquel s'est abreuvé le national-socialisme. Y sont glorifiés sournoiserie, trahison, perfidie et assassinat. Joseph Roth en relate les grandes lignes puis en dénonce, avec Goethe, le fondamental et radical paganisme. Comment l'Autrichien Roth aurait-il pu faire d'un pays se réclamant de telles valeurs, sa patrie ? En 1933, il s'exila à Paris où il mourut avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale.