La Corse et les Corses dans les tempêtes du XVIIIe siècle
Miceli Erick ; Bonnot-Galluci Valécien ; Calcagno
BORD DE L EAU
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EAN :9782385192518
Certains ont pu avoir tendance à réduire l'Histoire de la Corse au récit d'un territoire éternellement en proie au désir des puissants. Cette île aurait-elle été continuellement victime de son potentiel stratégique au sein du bassin occidental de la Méditerranée ? Si la Corse a effectivement constamment attiré l'oeil des puissants, nous savons de plus en plus regarder de quelle façon les insulaires ont su bénéficier des tempêtes et des séismes méditerranéens et européens. Les Corses ont parfois même habilement profité de ces situations pour chercher à faire passer l'île sous la protection de la grande puissance du moment. Ainsi, quand la République de Gênes qui les domine depuis les XIVe-XVe siècles commence à perdre de son influence internationale à la fin du XVIIe siècle, les insulaires commencent à regarder ailleurs. Ne pourrait-on pas songer à une alliance davantage profitable ? En direction, par exemple, du royaume de France de Louis XIV qui s'impose de plus en plus comme l'un des principaux acteurs européens ? Voilà une question qui s'est concrètement posée pour certains. De plus, si l'historiographie régionale a souvent présenté la Corse comme un territoire isolé, il s'agit en réalité d'une île ouverte ou, pour reprendre les mots de Michel Fontenay, d'une semi-ouverte. Les Corses n'y sont pas rivés, immobiles. Que ce soient les femmes ou les hommes, ils circulent partout. Par « habitude », ils « courent le monde » comme l'énonçait fièrement un anonyme du XVIIe siècle. Ils commercent, s'implantent, trafiquent et reviennent parfois même chez eux. L'ici et l'ailleurs ne sont pas jamais très éloignés. La Corse n'est pas qu'une île, elle est un réseau de communautés diasporiques. Cette forte mobilité permet de lier les Corses à d'autres puissances que celle qui exerce sa souveraineté sur le territoire. Et c'est cette réalité qui a donné cette teinte aussi particulière à la série de révolutions menées contre la Sérénissime République de Gênes (1729-1769). Si ces quatre décennies d'insurrection ont été un si fort moment d'internationalisation, c'est parce que les insulaires sont liés à toutes les puissances méditerranéennes, et ce, même lors des terribles tempêtes du XVIIIe siècle : la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), de Succession de Pologne (1733-1738), de Succession d'Autriche (1740-1748), de Sept Ans (1756-1763), la Révolution française et les guerres révolutionnaires (1789-1802), etc. En réunissant des chapitres d'historiens spécialistes de l'Époque moderne, cet ouvrage propose une somme de réflexions concernant la place de l'île et de ses insulaires durant les tempêtes du XVIIIe siècle. Loin des discours simplificateurs, ce livre montre que les sociétés ne sont pas prisonnières des déterminismes géographiques, mais qu'elles peuvent s'y appuyer pour y fonder leur quête d'émancipation. Auteurs : Paolo Calcagno, Loïk Folliot, Sophie Garrone, Antoine-Marie Graziani, Luca Lo Basso, Erick Miceli, Jean-Dominique Poli, Jean-Pierre Poli, Géraud Poumarède.
Nombre de pages
288
Date de parution
22/05/2026
Poids
330g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782385192518
Auteur
Miceli Erick ; Bonnot-Galluci Valécien ; Calcagno
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
165
Date de parution
20260522
Nombre de pages
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En Corse, tout démarre le 27 décembre 1729 lorsqu'un vieillard est chahuté par un collecteur fiscal dans un village de montagne. Soudain, le consentement se rompt. La boîte de Pandore est ouverte. La République de Gênes est immédiatement dépassée par les évènements. Personne n'en a conscience, mais nous sommes au début d'une série de révolutions qui dureront quarante ans. Si le système politique ne fonctionnait plus, la société, elle, bouillonnait sur les plans culturels, intellectuel et juridique. Pendant tout le siècle qui précède, la volonté de réforme était omniprésente. Les sénateurs génois progressistes voyaient dans cette île périphérique un formidable espace d'expérimentation des réformes susceptibles de transformer leur vieille république en un État moderne. La Corse n'aurait-elle ainsi pas pu devenir le laboratoire du républicanisme génois ? Certains insulaires adhérant aux nouvelles cultures administratives avaient aussi été partisans de projets de réforme prévoyant une autonomie plus ou moins développée de leur territoire au sein de la République. Mais si la volonté de réformer est forte, les blocages l'étaient davantage encore. Sur l'île, les élites traditionnelles se révélaient particulièrement réfractaires à toutes les réformes institutionnelles susceptibles de donner du poids aux nouvelles élites économiques et juridiques. En ce sens, elles rejoignaient la branche conservatrice du patriciat génois pour laquelle tout développement de la Corse était à proscrire. Pour eux, moins on touche au fonctionnement institutionnel, plus les insulaires seront divisés entre eux. La relation contrariée entre les Corses et la République est ici relatée d'une façon inédite : quel avenir proposait-elle à ses populations ? De quelle manière une société en vient-elle à élaborer une alternative politique dans le fait révolutionnaire ? Comment la révolution peut-elle devenir une option raisonnable ? Voici peut-être une leçon : pour éviter la violence, un pouvoir doit, de temps à autre, savoir céder.
Miceli Erick ; Bitossi Carlo ; Graziani Antoine-Ma
Cet ouvrage donne à voir les innovations et limites de l'expérience républicaine corse née au coeur des révolutions du XVIIIe siècle. Ce moment Poalien qui fut alors l'exemple républicain cité par Rousseau.
En de courtes vignettes, Miceli Mattéo capture des instantanés de sa vie, assombrie par de tristes déconvenues. Il maîtrise l'art de la formule dans une prose poétique qui foisonne de métaphores et d'images évocatrices telles que " les oiseaux ont volé en éclats " ou " l'espoir est une étincelle, l'attente un incendie ". Son lyrisme empreint de désespoir reflète sa vision pessimiste du monde et son incapacité au bonheur. Replié dans sa solitude, cet hypersensible rumine avec lucidité le constat de la relation amoureuse et les incohérences de son destin. Ce " témoignage d'une puissante impuissance " se raccroche à l'écriture comme à sa seule planche de salut et ne peut qu'émouvoir par sa sincérité.
Petite convergence est un recueil de nouvelles hantées par des personnages en quête de sens. C'est une fresque automnale qui se décline en vingt-six tableaux singuliers, à l'épilogue jamais banal. On y plonge comme dans une atmosphère venteuse et dépouillée ; chaque histoire est un fragment de vie de laquelle les protagonistes convergent en une cible inéluctable : Sveta, une mannequin désenchantée qui vise la Lune depuis toute petite ; un futur père pris de panique en proie à des hallucinations ; Leila, une femme de chambre désabusée dans un hôtel de luxe ; un homme asséché qui plaque son job pour féconder sa plume ; les états d'âme d'un manuscrit doué de qualités humaines...
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...