Ligne de risque a été fondée en janvier 1997. Depuis cette date, la revue pose la question du nihil qui détermine le nihilisme. D'un geste constant depuis Platon, la métaphysique occidentale évacue le rien. Selon la logique, une pensée tournée vers le néant agirait à l'encontre d'elle-même. Elle ferait exploser les principes d'identité et de non-contradiction. Comment, dès lors, penser le néant ? Le travail de Ligne de risque, durant huit ans, n'a pas eu d'autre objet. Cette longue et endurante méditation implique de convoquer simultanément plusieurs systèmes de références. Mais ce qui s'entreprend ici est plus proche du ravissement d'un non-savoir que du discours universitaire. Le but : rendre possible ce nouveau commencement en le laissant émettre des signes depuis toutes les traditions. C'est pourquoi nous interrogeons plusieurs spécialistes sur la pensée grecque, la pensée chinoise, le Veda ou l'oeuvre de Martin Heidegger. Nous faisons le pari qu'il est enfin possible de lire ENSEMBLE les textes les plus différents, de passer d'un poème orphique à un écrit taoïste, d'une méditation védique à des éclaircissements sur Rilke, Hofmannsthal, Blanchot ou Jean Genet, sans qu'il s'agisse d'un quelconque syncrétisme.
Nombre de pages
373
Date de parution
28/04/2005
Poids
372g
Largeur
139mm
Plus d'informations
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EAN
9782070774302
Titre
Ligne de risque . 1997-2005
Auteur
Meyronnis François ; Haenel Yannick
Editeur
GALLIMARD
Largeur
139
Poids
372
Date de parution
20050428
Nombre de pages
373,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Cela commence devant la statue de Balzac, au carrefour Vavin. Une étrange expérience ébranle le narrateur, Simon Malve. Une force le saisit, réduisant en miettes tous les cadres. De là une initiation à la liberté la plus absolue, qui comporte à un moment une visite au pays des ombres. Séjour chez les spectres, dans les profondeurs de Paris. La visée de ce voyage: traverser sa propre mort pour rejoindre ce qu'il y a de plus vif en soi. Cette expérience dantesque, chacun peut la faire. "Il faut que tu saches que cela se déroule maintenant. Rien ne te sépare de ce qui arrive", dit le texte. Pourquoi lire, en effet, sinon pour se confronter simultanément à une capture et à une délivrance...
« Depuis que j?existe, je me suis tenu en dehors des normes admises. J?ai vu des gens, très divers;mais le plus souvent dans un café, sans contrainte. Je n?ai jamais intégré aucun groupe social, ni faitpartie de la moindre collectivité. Mieux: en quarante-huit ans d?exercice sur terre, je ne me suisjamais soumis à la loi du travail. Défense, une fois pour toutes, de prendre place dans la ruche; ettant pis pour les gages, honoraires et autres rétributions. Ma vie a toujours contrevenu à toute règlegénérale, et revêt aujourd?hui encore un aspect de contrebande. Je n?ai même pas eu à prendre ce pli, qu?on jugera sans doute mauvais: il s?est imposé à moi comme une nécessité, car vivre d?une autre manière m?eût été impossible ».
Le narrateur s'appelle Simon Malve. Il ressuscite à la première ligne, au grand désarroi d'une meute homicide. Son étrange cerveau se confond avec le livre qu'il est en train d'écrire et dont le ruban ne cesse de se réenrouler sur le tambour. On ne connaît de lui qu'une chose : il est sarde. Mais le mot Sardaigne signifie ici REVOLUTION. Malve compare son destin à celui de deux autres Italiens : César et Napoléon. Sa tête de montagnard est une machine à recalculer la pensée en la confrontant avec le Néant. Une spirale tourbillonnante le porte d'un point à l'autre de la planète, et il revêt tour à tour l'apparence d'un Commodore, d'un dieu dogon, d'une plante vénéneuse, d'un écrivain, d'un cyclone particulièrement féroce. Il lui arrive même de monter sur le trône d'Angleterre. A chaque fois le même personnage s'oppose à lui : Nieth. Il a une tête de silure et représente les forces du contrôle. Seulement Malve dispose d'une arme secrète : le mouvement spiralo-vibratoire. Ce qu'il écrit opère donc en même temps comme livre de magie et comme manuel de guérilla. Son texte va te désorienter, lecteur. Pourtant si tu es libre - vraiment libre - il s'adresse à toi.
Le démoniaque va au plus simple. Il ne prend plus tant de détours. Il aurait tort, d'ailleurs. Plus sa méchanceté s'exhibe et mieux les humains se laissent mettre les menottes. Son programme s'affiche, il en fait étalage. Son dessein clignote : il apparaît en scintillant. L'anéantissement de la vie, voilà ce qu'il veut. Ou, ce qui revient au même, sa colonisation par la mort. Tantôt cela passe par l'agencement du massacre, tantôt par la grande herse de l'économie, ou par la capture des corps au plus intime. Une attaque filtre à travers des millions et des millions d'actes, de pensées, de gestes. Cette force franchit la ligne de dévoilement avec les oeuvres de Littell et de Houellebecq. Tout le monde marche, et personne ne veut rien en savoir. On lit, mais dans la torpeur. Avec cynisme et innocence, ce livre prend le somnambulisme humain à revers. Dans le dos du Diable, il trouve la phrase de réveil.François Meyronnis coanime la revue Ligne de risque. Il a publié un roman, Ma tête en liberté, et un essai, L'Axe du Néant.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.