Au Niger, comme dans d'autres pays, la distance qui sépare la culture scolaire de celle des élèves semble limiter leur désirabilité à l'égard de l'école, d'autant plus qu'une grande partie des diplômés ne trouvent pas de débouchés sur le marché du travail. Dans certains milieux socioculturels, l'éducation ne relève pas de la scolarisation occidentale, mais d'une éducation à la vie sociale et productive par le biais des aînés, et/ou d'une scolarisation socioreligieuse dispensée par des enseignants coraniques. Assez souvent, ces différents modèles se juxtaposent, amenant les jeunes à passer d'un espace de référence à un autre, avec parfois des effets pervers les conduisant à s'acculturer à la forme de socialisation dominante et à rejeter les autres. Si les auteurs de cet ouvrage considèrent l'éducation scolaire nécessaire, ils s'interrogent sur la pertinence des moyens employés et l'hétérogénéité des projets mis en oeuvre. La distance entre les réalités socioculturelles des populations et les objectifs des bailleurs de fonds ne permet toujours pas au Niger de disposer pleinement d'un système éducatif qui corresponde à ses besoins réels. Cette fuite en avant semble s'être renforcée depuis 2002, l'État nigérien ayant reçu un appui économique sans précédent afin de massifier la scolarisation élémentaire. Si l'augmentation du taux de scolarisation donne statistiquement une image rassurante, le taux de déscolarisation demeure important tandis que les taux d'achèvement sont toujours aussi faibles et parfois en régression en milieu rural (notamment chez les filles). L'enseignement coranique de son côté permet de socialiser une grande partie de la jeunesse, notamment celle qui n'a pas accès ou qui n'éprouve pas/plus de désirabilité vis-à-vis du modèle scolaire occidental. Mais devant la dégradation de la situation socioéconomique du pays, les conditions de vie de certains élèves envoyés mendier ou travailler pour leur maître coranique ainsi que les châtiments corporels qu'ils peuvent recevoir questionnent le bien-fondé de cet enseignement.
Nombre de pages
240
Date de parution
30/04/2009
Poids
420g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782296085831
Titre
Variations et diversités éducatives au Niger
Auteur
Meunier Olivier
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
160
Poids
420
Date de parution
20090430
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
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L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
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