Dans "l'abîme du rêve" , le bleu seul demeure. "Bleu d'Egée" , d'une eau "impitoyable" , "pierre sans âme" au sein des vagues, que l'on aimerait malgré tout caresser. Par-delà toute mythologie, c'est la destinée du peuple grec qui se mêle ainsi à la vie comme à la mort de quelques chiens, quelques enfants, une femme, des amants que ne dissimulent ni ne protègent plus les "oripeaux de l'Arcadie" . Invitation au voyage ? Sans doute. Ce serait alors nouvelle Odyssée, sous le regard des dieux dont les lèvres saignent tandis que l'aube réitère l'initiale promesse d'un soleil meurtrier. La mer n'en tremble que davantage. Les rochers pleurent. Le poète bute contre les portes d'ivoire et de cornes du songe, comme si Gérard de Nerval devait y rejoindre Eschyle ou Homère. Ulysse défie les sirènes. Des rapaces tournent au-dessus des charniers. Chacun marche. Souffle. Respire. Le bonheur, ici, maintenant, en ce lieu décisif - Khôra, et c'est la langue entière -, resterait-il à inventer.
Nombre de pages
64
Date de parution
11/01/2024
Poids
134g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782491560751
Titre
Khôra
Auteur
Merle Emmanuel ; Partezana Max
Editeur
LE REALGAR
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150
Poids
134
Date de parution
20240111
Nombre de pages
64,00 €
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Quand on a débouché au sommet du col, le soleil venait de nous frapper dans le dos. Un genre de soleil déjà enragé qui bombardait les pierres, bien qu'il ne fût pas encore 9 heures. A s'en protéger il ne fallait même pas penser. Ici la nature ne faisait pas dans le bucolique. Tout était âpre et chaotique. Il n'y avait rien à craindre, mais le paysage donnait la sensation que la beauté et la mort s'entendaient à merveille. " Monologues insolites, ces nouvelles sont comme autant de facettes d'un seul et même personnage, solitaire et désenchanté, blessé par la vie, qui se détourne de la société pour trouver dans la nature rédemption et seconde chance.
Ces poèmes de voyage s'inscrivent dans la lignée des Whitman, Ferlinghetti et autres Kerouac. Entre vers et prose, ils évoquent, racontent même, le grand Ouest américain : l'espace immense, les routes infinies, les montagnes célestes, les excès de la nature, les bourgades désolées, les bisons et les motels, les grosses Plymouth et les rodéos, et l'indianité fantomatique qui ne survit parfois que dans les noms, Little Big Horn, Yellowstone River... Des poèmes entre ciel et terre, qui vont tantôt à pas lent, tantôt à bride abattue, et disent l'étonnement de se retrouver en vrai dans ces paysages et ces ambiances que l'on a du mal à croire réelles, tangibles. Un recueil qui dépayse tellement le lecteur que l'on a du mal, à la dernière page, à accepter que le voyage soit déjà terminé.
Sirène Je n'ai pas entendu le chant des baleines, Pourtant j'étais cloué au mât solitaire, Ni vu leur souffle de Voie lactée, Mais Les yeux bandés par le brouillard, J'imaginais le fleuve comme un ciel à l'envers Où de gros dirigeables bleus, blancs et gris Dérivaient sans jamais se poser, Souriant de tous leurs fanons. Je rêvais que la liberté s'en allait sous l'eau Mouvante et souple, énorme et légère.
Un jour, j'apprends que mon corps, partenaire fidèle et athlétique fabrique en sourdine sa propre destruction. J'ai de la chance, me dit-on c'est un organe non vital qui est touché. Mais la perte de confiance dans cette « belle machine » que j'ai habitée jusque-là, m'oblige à remettre en question tous mes fonctionnements. Une fois sortie de l'ahurissement, je décide d'écrire. Ce texte est un parcours de renaissance. Des mots pour chaque jour, l'éphéméride d'un retour à la vie et le retour de la vie. L'intime se tisse avec les gestations et les transformations de la saison. " Née à Saint-Etienne, elle vit et travaille actuellement sur le lac Majeur et aux portes du Pilat, elle voyage entre les mots et la sculpture. Amoureuse de la terre, elle aime le traduire dans ses écrits."L'Almanach d'un printemps tardif" est son premier livre.