Isidore de Souza, figure fondatrice d'une démocratie en Afrique. La transition politique au Bénin (1
Mensah Israël ; Cheza Maurice
KARTHALA
29,00 €
Epuisé
EAN :9782811104702
L'auteur raconte avec précision le passage du Bénin en quelques semaines, au début de l'année 1990, d'un régime marxiste-léniniste à une réelle démocratie pluraliste, sans violence ni effusion de sang. Mgr de Souza fut l'artisan de la sortie de crise en même temps qu'il posa les bases d'une démocratie réelle et durable. Placé à la tête d'une conférence nationale qui réunissait les forces vives du pays et plus d'une cinquantaine de tendances politiques, il présida ensuite le Haut Conseil de la République jusqu'à l'installation de la cour constitutionnelle. La polémologie se consacre à l'étude des guerres, de leurs causes et conséquences, de leurs formes et de leurs méthodes. Il conviendrait de développer une autre discipline, que l'on pourrait appeler "irénologie". Elle étudierait les méthodes, les actions et les processus qui conduisent à l'établissement de paix et de réconciliations durables. Dans ce sens, Israël Mensah entreprend un passionnant travail d'irénologie. A le lire, on comprend comment Mgr de Souza, qui ne nourrissait aucune ambition personnelle, en est arrivé à présider la conférence nationale. L'intégrité des prélats et des décennies d'actions sanitaires, sociales et éducatives au service de l'ensemble de la population, et pas seulement des catholiques, avaient rendu crédible l'Eglise catholique et ses pasteurs. Les dirigeants marxistes eux-mêmes avaient été, pour beaucoup, formés par des éducateurs chrétiens, même s'ils avaient, ensuite, pris leurs distances avec eux. L'archevêque parle par des textes, mais aussi par des actes, par des gestes qui frappent ses interlocuteurs immédiats, puis le pays tout entier. Sa méthode de consultation, de négociation et de diplomatie active a permis une sortie de crise acceptée par tous sans humilier ceux qui, comme le président Kérékou, durent céder le pouvoir. L'auteur, qui a connu ce prélat de grande culture et de foi exigeante, saisit ici l'occasion d'un portrait personnel. Il a dépouillé de nombreux documents écrits, rencontré des témoins importants et s'appuie sur une connaissance intime de la société béninoise et de l'Eglise qui y vit. Son travail éclaire la réflexion sur les rapports entre Eglise et politique et montre qu'un chemin de paix est possible en Afrique (D'après Etienne Thévenin).
Nombre de pages
330
Date de parution
21/06/2011
Poids
570g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811104702
Auteur
Mensah Israël ; Cheza Maurice
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20110621
Nombre de pages
330,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Petites fables animalières et morales qui font penser à La Fontaine, contes des origines ou de morales générales, contes parfois un peu cruels, non dénués d'une légère violence, ces histoires souvent drôles, pleines de merveilleux et de personnages extraordinaires, nous parlent de la nature, des éléments, de la famille, de la vie domestique, des chasseurs, des animaux, de la vie, de la destinée... Les contes s'ouvrent en général par la voix d'un conteur ancien, Ils contiennent une morale mais laissée le plus souvent habilement en suspens. Ils questionnent le lecteur, qui est ainsi seul juge de la vraie conclusion à apporter à l'histoire. Mais tous nous disent que la sagesse et la connaissance des anciens est précieuse et nécessaire.
Si l'Afrique apparaît comme une réserve inépuisable de fables, de contes et de légendes qui se sont transmis oralement pendant des siècles, elle subit aujourd'hui de plein fouet les assauts de la modernité. Confronté à l'émiettement de la tradition qui en assurait la permanence, c'est tout un continent qui découvre - sans toujours en mesurer l'importance - l'enjeu de la sauvegarde de sa culture. En organisant, en 1999-2000, un concours auquel ont pris part des milliers de jeunes Béninois, allant recueillir auprès de leurs anciens les vestiges d'une culture en péril. Mémoires d'Afrique a contribué à ranimer cette flamme. Cet ouvrage en est le vivant reflet. Avec un humour, une cocasserie parfois inattendus, avec une poésie souvent poignante, les vingt-quatre contes et légendes retranscrits ici vont à l'essentiel de la pensée africaine. Au-delà même de leurs histoires de rois et de génies, de sorciers puissants et d'animaux fabuleux, ces textes peuvent être lus comme les chapitres d'une véritable philosophie, avec sa métaphysique et sa morale. Convoquant un imaginaire issu de la vieille Afrique, elles parlent en fait un langage universel : celui de l'âme humaine, de ses doutes, de ses interrogations et des réponses qu'elle tente depuis toujours de donner à la complexité d'un monde changeant et parfois effrayant.
Les indépendances des pays africains, en 1960, avaient suscité de l'espoir pour les populations. Mais, de perturbations en perturbations, certains pays africains, après 53 ans d'indépendance, subissent encore les assauts meurtriers des héritiers colons, déguisés dans un manteau de faussaire guerrier appelé abusivement "communauté internationale." Dans le prolongement de la conférence de Berlin (1885) pour une ruée sur l'Afrique, place est laissée aujourd'hui à la manipulation astucieuse du Conseil de sécurité de l'Onu. Les textes du numéro 2 de notre revue montrent comment, sous nos yeux, la recolonisation et l'exploitation de l'Afrique se font avec le dos balafré du concept de "démocratie" et de celui de "droit d'ingérence humanitaire". Ces textes montrent également qu'avec une volonté de puissance, l'Union africaine pourrait être l'instrument de la souveraineté des Etats africains. Enfin, ils indiquent que "l'humanisme" égoïste des Occidentaux est un piège de division dont nous devons nous méfier et bâtir nous-mêmes l'Afrique de demain, qui commence aujourd'hui, avec nos attitudes, nos aptitudes et nos actions." Anatole Nemekou.
Le Moyen Age, on le sait, est "créateur de saints" et, dans une société pour laquelle le visible n'était que le reflet de l'invisible, le saint est le reflet de Dieu sur terre. Le culte des saints constitue l'un des aspects essentiels de la spiritualité. Les Vies de saints rassemblées dans cet ouvrage relatent les faits et gestes de saints ayant joué un rôle dans la christianisation de l'Irlande (Saint Patrick) et de l'Angleterre (Grégoire le Grand, Augustin de Canterbury) ou y ayant vécu entre le Ve et le XIIe siècle. Elles ont été écrites en vieil anglais ou en moyen anglais par des religieux des Xe, XIe ou XIIIe siècles. A l'exception des Vies de saint Guthlac et de saint Chad, les Vitae rédigées en vieil anglais sont l'?uvre d'AElfric, sermonnaire et hagiographe, disciple d'AEthelwold - ce dernier l'une des grandes figures dominant la réforme monastique anglaise du Xe siècle. L'objectif d'AElfric était de développer la foi de ses contemporains et de rendre accessibles les textes sacrés ou édifiants au plus grand nombre en les leur présentant en langue vernaculaire. A cette fin, il rédige les Sermones Catholici et les Lives of Saints d'où sont extraites les Vitae présentées ici (Etheldrede, Oswald, Edmond, Grégoire, Cuthbert). Contemporain de la "Légende dorée", le "South English Legendary" est certainement l'un des plus riches légendiers en anglais. Parmi les nombreux saints dont il nous relate la vie, ont été retenus certains saints anglais (Augustin de Canterbury, Dunstan, Edouard le Martyr, Thomas Becket) et celtes (Patrick, Brendan), d'une part parce qu'ils couvrent toute la période du Haut Moyen Age jusqu'au XIIe siècle, d'autre part parce que ces Vitae témoignent d'une grande diversité tant par leur longueur que par leur contenu qui souvent va au-delà du simple récit hagiographique stéréotypé, lorsque, par exemple, l'histoire prend le pas sur la "légende". S'éloignant du moule traditionnel des Vitae ainsi que du contexte purement anglais, le récit des Sept Dormants vient clore cet ouvrage sur une touche de merveilleux chrétien. Outre leur intérêt hagiographique et leur valeur d'exempla, ces Vies de saints constituent des sources d'information non négligeables sur l'Angleterre du Moyen Age, sur les événements qui ont marqué cette période et la perception du monde et de l'au-delà qui prévalait à l'époque.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.