Dans des villages espagnols des années 30, trop isolés pour qu´un instituteur y fût nommé, les maîtres d´école étaient recrutés par des villageois au moment des foires. Ils avaient un salaire mais prenaient leurs repas chez les habitants qui les recevaient à tour de rôle. On les appelait catapote, "pique-au-pot" . La Nuit féroce se déroule à cette époque, dans un de ces villages au nom étrange. Le maître d´école est invité à partager une table dans une des maisons du lieu. Mais le terrible meurtre d´une jeune fille fige cette scène et libère la brutalité qui sous-tend ce bourg perdu lorsqu´un groupe d´hommes part à la chasse au meurtrier. Deux innocents fuient, bientôt persécutés par la colère aveugle. Un mal profond, enraciné dans le passé, irréfutable et impassible, gouverne le temps et l´espace dans ce conte noir et métaphysique aux résonances de tragédie grecque.
Ce volume contient:Romans: Le Grand Voyage (1963) L Évanouissement (1967) Quel beaudimanche! (1980) L Écriture ou la vie (1994) Le Mort qu il faut (2001) Préfaces à: E. Zamiatine, F. Claudín, G. Herling, L. Kolakowski, E. Poretski,P. Nothomb, Primo Levi, T. Kizsny.Essais: L Arbre de Goethe Mal et modernité Ni héros, ni victimes.Weimar-Buchenwald L Expérience du totalitarisme « A-t-on vraiment vécu quelque chose dont on n arrive pas à faire le récit, àreconstruire significativement la vérité même minime en la rendant ainsicommunicable? Vivre vraiment, n est-ce pas transformer en conscience c est-à-dire en vécu mémorisé, en même temps susceptible de devenirprojet une expérience personnelle? Mais peut-on prendre en chargequelque expérience que ce soit sans en maîtriser plus ou moins le langage? C est-à-dire l histoire, les histoires, les récits, les mémoires, lestémoignages: la vie? Le texte, la texture même, le tissu de la vie? »Quel beau dimanche!, 1980« Un jour viendrait, relativement proche, où il ne resterait plus aucunsurvivant de Buchenwald. Il n y aurait plus de mémoire immédiate deBuchenwald: plus personne ne saurait dire avec des mots venus de lamémoire charnelle, et non pas d une reconstitution théorique, ce qu aurontété la faim, le sommeil, l angoisse, la présence aveuglante du Malabsolu dans la juste mesure où il est niché en chacun de nous, commeliberté possible. Plus personne n aurait dans son âme et son cerveau,indélébile, l odeur de chair brûlée des fours crématoires. »L Écriture ou la vie, 1994
L'Aleph restera, je crois, comme le recueil de la maturité de Borges conteur. Ses récits précédents, le plus souvent, n'ont ni intrigue ni personnages. Ce sont des exposés quasi axiomatiques d'une situation abstraite qui, poussée à l'extrême en tout sens concevable, se révèle vertigineuse. Les nouvelles de L'Aleph sont moins roides, plus concrètes. Certaines touchent au roman policier, sans d'ailleurs en être plus humaines. Toutes comportent l'élément de symétrie fondamentale, où j'aperçois pour ma part le ressort ultime de l'art de Borges. Ainsi, dans L'Immortel : s'il existe quelque part une source dont l'eau procure l'immortalité, il en est nécessairement ailleurs une autre qui la reprend. Et ainsi de suite... Borges : inventeur du conte métaphysique. Je retournerai volontiers en sa faveur la définition qu'il a proposée de la théologie : une variété de la littérature fantastique. Ses contes, qui sont aussi des démonstrations, constituent aussi bien une problématique anxieuse des impasses de la théologie.
Les histoires de Julio Cortázar s?inscrivent dans une grande tradition classique de la littérature fantastique. Mais chez lui, contrairement à ses prédécesseurs, pas de fantômes, pas d?ambiguïté : les histoires les plus élaborées ne tendent pas vers l?abstraction, elles gardent - et c?est leur mystère - la vitalité du quotidien. Cortázar s?inscrit aussi dans la tradition surréaliste du «merveilleux quotidien», du mystère de la réalité qu?il est réservé au poète de percer derrière les apparences, dans un état de rêve éveillé ou de transe. Il est ce voyant qui extrait l?insolite de la banalité, l?absurde de la logique, le prodigieux de l?ordinaire. L?extrême dépouillement du style ne peut qu?ajouter à l?illusion de la facilité. Ces histoires si simples à lire atteignent un sommet de la sophistication : l?alliance imprévisible du jeu, de la folie, de la poésie et de l?humour.
Résumé : Tobias Martins arrive dans l'archipel de Fernando de Noronha avec un but précis : il doit concevoir et rédiger un guide de voyages afin d'attirer de nouveaux touristes vers cette destination de rêve. Car ces îles sont l'un des secrets les mieux gardés du Brésil. Situées au milieu de l'Atlantique, dans la zone intertropicale, elles constituent une superbe réserve naturelle et un paradis pour les amateurs de surf, de plongée et de sports marins. Accompagné de sa playlist aux rythmes de samba et de bossa-nova, Tobias nous fait découvrir les paysages somptueux de l'île principale ; mais il ne tarde pas à comprendre également que, derrière la carte postale, se cache un monde bien plus complexe et dangereux. Une avarie sur l'avion qui relie Fernando de Noronha au continent, un double crime dont le mobile reste obscur, et la menace d'une gigantesque vague déferlante suffiront à montrer une fois de plus aux touristes - et à Tobias - que sous ces joyeux tropiques, les frontières entre fête, rêve et enfer ne sont jamais bien définies.