Dans un monde où, à force d'être pervertis, les mots ont perdu leur sens, les enfants se sont emparés du pouvoir et ont instauré le silence comme norme. En même temps que cette obligation, ils ont créé une religion de l'image, matérialisée par un dispositif monumental qui émet sans répit des stimuli visuels, et ils persécutent toute manifestation verbale ou écrite. Dans cette réalité sourde et muette, quelqu'un appelé IL (il n'y a pas de noms propres dans cette fable) tente de trouver un sens à l'existence, protégé par trois singuliers compagnons : un livre, un singe et le rire. Ricardo Menéndez Salmón concentre dans ce roman les grands thèmes qui ont marqué son oeuvre tout au long des années, comme la perte du sens du discours collectif, la mort de la parole, le legs que nous transmettons à ceux qui nous survivent, et la façon dont la technologie nous transforme et nous change en une autre espèce d'humains. Intense, stimulante et impeccablement écrite, "Horde" est une parabole qui, comme telle, aspire à contenir une leçon morale. Né en 1971 à Gijón où il vit, Ricardo Menéndez Salmón est considéré comme un des écrivains les plus remarquables de la littérature espagnole contemporaine. Si une grande partie de son oeuvre a été publiée en France aux éditions Actes Sud et Jacqueline Chambon, "La Nuit féroce" a paru aux éditions do en 2020.
Nombre de pages
110
Date de parution
06/10/2022
Poids
152g
Largeur
133mm
Plus d'informations
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EAN
9791095434429
Titre
Horde
Auteur
Menéndez Salmon Ricardo ; Saint-Lu Jean-Marie
Editeur
EDITIONS DO
Largeur
133
Poids
152
Date de parution
20221006
Nombre de pages
110,00 €
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Dans des villages espagnols des années 30, trop isolés pour qu´un instituteur y fût nommé, les maîtres d´école étaient recrutés par des villageois au moment des foires. Ils avaient un salaire mais prenaient leurs repas chez les habitants qui les recevaient à tour de rôle. On les appelait catapote, "pique-au-pot" . La Nuit féroce se déroule à cette époque, dans un de ces villages au nom étrange. Le maître d´école est invité à partager une table dans une des maisons du lieu. Mais le terrible meurtre d´une jeune fille fige cette scène et libère la brutalité qui sous-tend ce bourg perdu lorsqu´un groupe d´hommes part à la chasse au meurtrier. Deux innocents fuient, bientôt persécutés par la colère aveugle. Un mal profond, enraciné dans le passé, irréfutable et impassible, gouverne le temps et l´espace dans ce conte noir et métaphysique aux résonances de tragédie grecque.
Menéndez Salmon Ricardo ; Beyer Elisabeth ; Grujic
Le jeune Kurt Crûwell semble destiné à une paisible vie provinciale jusqu'à ce 1er septembre 1939 où l'un de ses compatriotes, nommé Hitler, fond sur Dantzig. Enrôlé sous les drapeaux, il assiste au martyre d'un village français et sitôt perd toute sensibilité. En réponse à l'absurde, il suspend les liens avec la réalité: ne plus rien ressentir, n'appréhender le monde que par l'imagination et la mémoire, devenir une créature purement mentale. Près d'une décennie plus tard, installé à Londres avec une infirmière de guerre devenue son épouse, il lui semble approcher d'une existence apparemment normale quand trois hommes réactivent le passé. Comme subjugué à nouveau par le mal, il les suit jusqu'à l'écran de projection du salon cossu d'une demeure victorienne. Le voici encore spectateur du carnage et la vie se joue en une larme. Mais une larme, fût-elle versée ou bue, peut-elle sauver quiconque de l'enfer? Peinture aux accents bibliques, tragédie en prose, série d'aventures et histoire d'amour, L'Offense nous plonge au coeur des ténèbres de l'âme humaine.
Le 11 mars 2004, à Madrid, des bombes explosent dans quatre trains de banlieue. Il y aura cent quatre-vingt-onze morts et un grand nombre de blessés. Lorsque Vladimir, écrivain raté devenu correcteur, apprend la nouvelle, il est en train de travailler sur une traduction des Démons de Dostoïevski, et alors que toute l'Espagne, y compris le gouvernement, voit dans l'attentat la main de l'ETA, lui comprend immédiatement que ce n'est pas possible. Non qu'il en sache plus que les autres ou que cette organisation n'ait les moyens de perpétrer un tel massacre, niais parce que ce n'est pas son style. Et le style, en littérature comme dans la vie, c'est une signature. Plus tard on apprendra que le gouvernement a menti en désignant l'ETA, mais le narrateur peut-il condamner le mensonge, lui qui n'a jamais osé avouer à sa femme l'existence d'un fils né sur un autre continent ? Avec humour et brio, Ricardo Menéndez Salmon montre comment un drame collectif s'invite dans notre intimité, nous apprend que notre mal-être s'inscrit dans l'histoire en train de se faire.
N'entre pas docilement dans cette nuit paisible" tente de reconstruire une existence qui avance vers la maturité, celle de l'écrivain, à travers une existence qui s'est épuisée sans remède, celle de son père. Comme Philip Roth dans "Patrimoine", Amoz Oz dans "Une histoire d'amour et de ténèbres", Ricardo Menéndez Salmón explore l'histoire familiale pour se comprendre à partir des zones d'ombre et de lumière paternelles. Le résultat est un texte qui traverse les domaines de l'héroïsme et de la misère, de la bonté et du mépris, de la joie et de la maladie, et qui livre un document d'une émotion contenue et d'une brûlante honnêteté.
Dans des villages espagnols des années 30, trop isolés pour qu´un instituteur y fût nommé, les maîtres d´école étaient recrutés par des villageois au moment des foires. Ils avaient un salaire mais prenaient leurs repas chez les habitants qui les recevaient à tour de rôle. On les appelait catapote, "pique-au-pot" . La Nuit féroce se déroule à cette époque, dans un de ces villages au nom étrange. Le maître d´école est invité à partager une table dans une des maisons du lieu. Mais le terrible meurtre d´une jeune fille fige cette scène et libère la brutalité qui sous-tend ce bourg perdu lorsqu´un groupe d´hommes part à la chasse au meurtrier. Deux innocents fuient, bientôt persécutés par la colère aveugle. Un mal profond, enraciné dans le passé, irréfutable et impassible, gouverne le temps et l´espace dans ce conte noir et métaphysique aux résonances de tragédie grecque.
Le livre de l'artiste suisse Stefan Sulzer raconte l'histoire d'une visite à la Dia Art Foundation à Beacon, près de New York, au cours de laquelle la mère de l'artiste s'est sentie si offensée par l'élégante simplicité des peintures de l'américain Robert Ryman, qu'elle a laissé glisser lentement et avec la plus grande concentration sa main sur une de ces peintures. Stefan Sulzer combine cette histoire avec des déclarations et des informations sur le travail de Ryman et crée ainsi un récit poétique sur la réception analytique et émotionnelle de l'art. La conception du livre, qui reprend celle des éditions Taube, emprunte à la démarche de Ryman : l'utilisation excessive de l'espace blanc construit un objet subtil et hermétique, en lien avec un des énoncés du livre : « Mallarmé disait de la blancheur de la page qu'elle agissait tel un vide qui contrastait de manière apaisante avec l'intensité signifiée par la noirceur des lettres imprimées. »
Il y a ce monde de privilèges et d'injustices qui vacille, avec ce mot qui circule, en ville et ailleurs : effondrement. Inéluctable, imminent, partout on s'y prépare. Autour de lui, étranger dans les beaux quartiers, il y a l'ami Dino, et ce petit groupe qui se forme tandis que tout se délite, prêt à défier le pouvoir décadent. Il y a Ari, la compagne de toujours, qu'il aime et connaît si bien. Et il y a cette attirance pour Diane, la mystérieuse, qui risque de mettre en péril l'équilibre de son couple. Alors, cet effondrement qui gronde au-dehors, il finit peu à peu par s'insinuer dans son intimité. Et ce lent délitement des choses, insupportable, lui donne parfois envie à lui aussi d'en finir pour de bon, de tout renverser pour reconstruire sur les ruines. La Fange, c'est ce lieu où il retrouve les rebelles de fortune, ceux qui tentent de faire renaître la lutte et mener un nouveau combat. La Fange, c'est surtout la boue dans laquelle ils finissent tous par s'enliser. Roman de colère, de rancune, du désir de faire table rase, au risque de dangereuses attirances, La Fange explore le lien entre vacillement intime et effondrement collectif. Le besoin jamais assouvi d'autre chose. Celui qui toujours provoque l'envie de tout détruire pour recommencer encore.
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