La filiation poétique de Proust à Mallarmé n'est plus à prouver. "La relation entre ces deux oeuvres littéraires françaises majeures de la deuxième moitié du XIXe et de la première moitié du XXe siècle" a attiré l'attention de leurs innombrables exégètes, nous dit d'entrée l'auteur. Ils constituent à eux deux le tournant littéraire d'une époque. Dans cet essai David Mendelson invite les lecteurs du 3e millénaire à aller plus loin, et y déceler chez ces précurseurs, les prémisses d'un nouveau tournant fondateur. Celui qui bouleverse la conception de l'analyse littéraire par l'utilisation d'Internet et de l'ordinateur, nouveaux outils d'élaboration théorique et technique. Ce bouleversement ne concerne cependant pas que la chose littéraire, mais influence jusqu'aux soubassements de la conception humaniste de l'être dont la Littérature reste la clef de voûte. Aussi s'en trouvent ré-interrogées des disciplines connexes telles que la psychanalyse, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie des sciences, jusqu'à l'art elle-même. Ce qui tend à prouver que l'écriture des grands écrivains est le moteur de la création. Conception que Lacan, et Freud avant lui, avaient bien mise en exergue de leur oeuvre.
Armand David Mendelson s'est attaché à la Francophonie israélienne et méditerranéenne et a été particulièrement été attiré par l'?uvre de Stéphane Mallarmé. Celui-ci avait perçu l'univers méditerranéen comme un espace de rencontre de cultures antiques et modernes, ce qui l'a amené à élaborer le projet d'un "Livre" qui pourrait le mieux exprimer l'univers de la modernité. Ce "Livre" aurait ainsi annoncé, selon l'analyse que développe cet essai, le mode d'expression de l'ordinateur et d'Internet.
Jérusalem se présente dans l'imaginaire occidental sous les deux aspects d'une ombre apocalyptique ou d'un mirage rédempteur. Cette vision a été bouleversée et transmise par les grands écrivains, les grands peintres et les nouveaux moyens de représentation visuelle du XIXè siècle. Elle continue d'orienter, aujourd'hui, la représentation qu'en projettent le texte, l'image et les médias occidentaux.
Ittamar Ben-Avi était le fils d'Eliézer Ben-Yéhudah, l'initiateur de l'hébreu moderne, qui lui offrira cette qualification : "premier enfant hébreu" : l'un des premiers à avoir été élevé dans cette langue. Dans son recueil, Ben-Avi dit, en exorde : "Plus que jamais, la Palestine est à l'ordre du jour." Dès les années 20, il avait pensé qu'il fallait être particulièrement attentif au développement des grandes villes : cela dynamiserait la coexistence entre Juifs et Arabes, bien davantage qu'en milieu rural-les pionniers des kibboutzim et des villages collectifs se disputant par trop les terres respectives. Voici presque un siècle, il préconisait un projet de fédération, ou plutôt de confédération judéo-arabe. L'Etat juif, selon ce précurseur, ne s'insérerait dans son environnement arabe qu'à cette condition.
Biographie: Daniel Bonetti, psychanalyste à Charleroi (Belgique), est membre du Questionnement psychanalytique et de l'Inter-associatif européen de psychanalyse. Il est l'auteur de L'arbre effeuillé et autres brindilles, prix ?dipe 2006.
Psychanalyse, littérature, poésie... La question du transfert à l'oeuvre est au coeur de L'arbre effeuillé et autres brindilles, comme elle est au coeur de la découverte freudienne. Ce livre se lit comme un recueil de cas où l'enjeu n'est pas que dans le sens du symptôme, des notions fondamentales, dans la situation des institutions analytiques - thèmes qui, pourtant, traversent le livre de Daniel Bonetti entre les lignes - mais le sujet assis sur ses fragiles branches insensées. Ce qui engage le lecteur à ouvrir ses lettres cachées. Car on lit cet Arbre comme la généalogie protéiforme de nos désirs, mot à mot, à la lettre, l'une après l'autre, l'une avec l'autre, dans ses titres pleins, correspondance intime avec l'interlocuteur intérieur, inconscient, traducteur et traditore, qui parlent un dialecte jamais éteint, toujours vivant, rebelle à la syntaxe et à la logique du pouvoir de la langue. Comme Freud avait parlé le tchèque jusque ses trois ans, Daniel Bonetti nous rappelle qu'il n'y a pas d'analyse sans le double état de la parole. Son dialecte résonne comme une comptine, un air de musique qui caresse l'oreille et pourtant l'effraye. Il y a du Baudelaire et du Prévert dans ces brindilles que ramassent les mots des analysants et les associations de l'analyste. Choses ténues qui n'ont pas besoin de Grands Mots pour dire le tragique, la farce, la comédie, et laisser surgir dans le réel l'enfant qui nous aide à espérer.
Anna mit du temps pour comprendre ce qui l'avait si profondément fâchée. L'intrusion du spéculum et l'indifférence de la sage-femme lui avaient rappelé les abus de son enfance avec une étrange familiarité. Anna se sentit aussi impuissante et délaissée qu'à ces heures. Le spéculum froid en métal lui donnait la même sensation que le pistolet que son cousin avait enfoncé dans son vagin avant de la violer, à l'âge de dix ans..." L'accès à la maternité peut réveiller une douleur indicible chez les femmes qui ont subi des violences sexuelles au cours de leur enfance. Cette douleur qui resurgit parfois subitement au cours d'un examen gynécologique, lors de l'accouchement ou encore à l'occasion d'une tétée, perturbe fréquemment la relation mère-enfant. Sous la direction de Benoît Bayle, les auteurs nous font découvrir cet aspect méconnu des violences sexuelles. Cet ouvrage montre ainsi, plus que jamais, la nécessité d'un accompagnement psychoobstétrical de la grossesse. Les violences sexuelles n'ont pas seulement une forte morbidité chez les personnes qui les subissent. Elles ont également un impact sur les générations suivantes, dont il faut apprendre à soulager les effets parfois dévastateurs.