Si la société africaine était idéale, nous ne serions peut-être pas des migrants. Mais dans nos villages, contrairement à ce qui se passe dans notre pays d'accueil, les vieux sont prêts à donner plus de sens à notre histoire. Or l'histoire, elle aussi, fait partie d'un héritage légitime que chacun devrait revendiquer. Alors, le respect naturel de l'aîné et celui des vieux en particulier, permet aux plus jeunes de reconnaître leur place ainsi que la fonction qui leur est assignée. Il devient plus facile de respecter l'autorité de ceux qui sont appelés a indiquer les limites à ne pas dépasser. Ainsi, chacun joue son rôle pour le mieux, ce qui garantit la sécurité de l'ensemble et renforce le pouvoir de l'union. Les gestes inconséquents sont passablement limités, dans la mesure où les vieux et les personnes idoines, selon le cas, garantissent les normes dans chaque domaine. Si tout le monde protégaient des valeurs comme celles-là, elles mériteraient plus que certaines vieilles bâtisses dont on troque l'euthanasie contre de grosses sommes d'argent, le titre de patrimoine de l'humanité. Oui, la reconnaissance et le respect du rôle de chacun devraient faire partie des patrimoines de l'humanité. Et là, le primitif risque d'avoir raison. " Méfieuh Meido Hermine " Quand ceux qui se disent civilisés perdront leur âme en gagnant le monde, viendra le jour où ils se précipiteront d'aller la chercher chez ceux qu'ils avaient de tout temps traités de primitifs. " Alexandre Almeida A propos des meugnissies, guérisseurs au parcours chamanique : " Pourtant, personne n'a jamais prétendu que tous les fous africains deviennent des guérisseurs, ni que tous les guérisseurs africains sont des anciens fous. Comme partout, il existe plusieurs classes de guérisseurs. Mais, je tiens à souligner ici que chaque personne est unique. Et dans un cadre propice, les expériences initiatiques contribuent, à leur manière, à valoriser la particularité de l'intéressé. Elles lui confèrent la force de se démarquer et d'assumer son destin à partir d'une nouvelle base. Le mérite de ce genre de prise en charge est sa fonctionnalité sur mesure. " Félicité Filliez
Fruit de nombreuses années de recherche et d'enseignement, S... comme stylistiques : propositions pour l'ethnostylistique explore les diverses avenues et écoles de la stylistique dont l'histoire est inséparable de l'avènement de la rhétorique. Des variantes de la stylistique ornementale aux régimes de littéralité et aux structures discursives en sémiostylistique en passant par les stylistiques génétique, fonctionnelle, structurale..., les approches se côtoient et se relayent pour tenter de surprendre l'essence du verbe énonciateur et les principes de l'énoncé. C'est la preuve de la vitalité d'une discipline qui n'est pas morte et dont le dynamisme en science du langage questionne l'épistémologie des textes tout en amorçant de nouvelles aperceptions des énoncés. Au coeur d'une mondialisation inhibitrice nécessitant la recherche d'une identité artistique, la vogue est aux perspectives méthodologiques prenant en charge le contextuel d'où émergent l'ethnométhodologie, l'ethnosociologie, l'ethnocritique... et évidemment l'ethnostylistique. Celle-ci met l'accent sur l'extraréférentialité et articule une poétique de la littéralité ainsi que les symbolisations qui la fleurissent. L'ethnostylistique convoque l'intertexte culturel et la praxis idéologique et socio-historique qui traversent les textes abordés relativement à leurs lieux-sources et leurs lieux-cibles. Pr. Gervais Mendo Ze.
Ce livre pose la problématique de l'usage et de la didactique du français autant dans la société civile que dans le système éducatif camerounais. Les pratiques discursives courantes et les programmes sont alors évalués à l'aune d'une analyse transdisciplinaire, transversale et abyssale, qui explore l'état du français pour mieux cerner les contours sociolinguistiques, stylistiques et grammaticaux de l'insécurité qui le menace. L'un de ses mérites, et pas le moindre, est de permettre une caractérisation du français camerounilectal dans ses usages et dans sa pratique au quotidien.
L'approche ethnostylistique développée dans cet ouvrage éprouve le texte césairien à l'aune d'une analyse novatrice. L'ouvrage de Césaire, réputé très hermétique, est abordé dans sa substance logocentrique à travers un univers référentiel convoquant non seulement la Martinique, lieu de destination de ce retour au pays natal, mais plusieurs autres lieux sources énonciatives où la situation de l'homme est bafouée dans sa dignité. L'étude contextualise le texte et met en évidence ses spécificités linguistiques, socioculturelles, littéraires et historiques grâce à une mise en tension de ses composantes esthétiques et idéologiques, ainsi qu'à l'étude de la langue d'un poète dont l'écriture est analysée à l'aide d'ethnostylèmes, de diosèmes et d'épistémèmes. L'ethnostylistique se voit ici théorisée et appliquée pour permettre de comprendre la pensée d'un poète dont le verbe a inspiré bien d'utopies sociales et de mythes. La rigueur de l'outil épistémologique sondant les symbolisations et analysant le discours rend lisible et intelligible une prose poétique rébarbative. L'auteur ne pouvait participer davantage à la critique néo-césairienne tout en montrant la pertinence de l'analyse ethnostylistique qui insiste sur l'extraréférentialité et s'inscrit dans la perspective d'un immanentisme ouvert du texte littéraire.
Cet ouvrage s'intéresse au succès des micro-unités informelles de santé (MUSI) en milieu urbain camerounais au moment où des initiatives formelles tels les soins de santé primaires promus par l'OMS sont parallèlement mises en place pour favoriser l'accès aux soins des populations vulnérables. Il s'agit de savoir en quoi les MUSI répondent mieux à certains besoins sanitaires des populations défavorisées que les autres services de santé, mais aussi d'en tirer des enseignements concernant la place potentielle de ces services dans le cadre d'une politique de santé élargie. Nous nous appuyons sur la littérature relative à l'explication des motivations des offreurs et des demandeurs de soins en économie de la santé et sur celle concernant l'économie informelle. Nous nous basons également sur des enquêtes quantitatives et qualitatives que nous avons conduites à Yaoundé auprès des offreurs et des demandeurs de soins. Nous mettons en évidence un certain nombre de variables qui déterminent le choix des demandeurs en faveur des MUSI. Notre étude montre que dans le contexte du micro-marché informel dans lequel opèrent les MUSI, les mécanismes marchands sont insuffisants pour expliquer les comportements des acteurs, et que l'économie des conventions et l'approche par les "capabilités" constituent des grilles d'analyse pertinentes. Les conventions illustrent les processus d'adaptation de l'offre à une demande soumise à de fortes contraintes. Les perspectives d'intégration des MUSI dans les politiques de santé proviennent de leur contribution potentielle, sous certaines conditions, à l'extension des soins de santé primaire.
Résumé : "C'est la vie !", nouvelles déclinées en deux temps. "On y passe tous !" : mourir ne se passe pas forcément mal. Certains y aspirent, le décident ou sont surpris de ce qu'ils découvrent au-delà. "Vivre" : tendre vers ses rêves. Rencontrer l'autre, l'aimer ? trop ou mal, parfois. Partir et revenir avec plus ou moins de bonheur et de réussite. Se souvenir... ou pas. Autant de situations explorées à travers des personnages hauts en couleur avec légèreté et humour. "C'est la vie !", c'est aussi s'amuser !